Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Santé
Jean Castex Olivier Véran gouvernement coronavirus covid-19
Jean Castex Olivier Véran gouvernement coronavirus covid-19
©ludovic MARIN / POOL / AFP

Mesures contre la Covid-19

Demi-confinement, demi-mesures et omnipotence de l’Etat : la soviétisation de la France

Jean-Pierre Marongiu revient sur les mesures déployées par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu est écrivain, conférencier, ingénieur, expert en Management et Directeur général et fondateur du thinktank GRES : Groupe de Réflexions sur les Enjeux Sociétaux.Perpetuel voyageur professionnel, il a parcouru la planète avant de devenir entrepreneur au Qatar où il a été injustement emprisonné près de 6 ans, sans procès. Il a publié plusieurs romans et témoignages dont : Le Châtiment des Elites, Qaptif, InQarcéré, Même à terre, restez debout ! Aujourd'hui conférencier et analyste societal, il met son expérience géopolitique au service d'une approche libérale-souverainiste de la démocratie.

Voir la bio »

Il aura fallu attendre l’extinction totale du communisme pour voir en ressurgir les flammes. Selon Ovide, il n’est de feu plus ardent que celui qui couve, et c’est au pays des paradoxes que son souffle menace de faire s’écrouler toute une nation.

Comment aurions pu imaginer que l’ultralibéralisme macronien allait déboucher sur un interventionnisme étatiste radical. Les mesures de rétorsion contre l’ennemi viral venu d’Asie annoncée par Emmanuel Macron ont quelque chose de brutal, de dictatorial, c’est en réalité l’annonce de la promulgation de la loi martiale.

« Nous étions une société d’individus libres…nous devons devenir solidaires. » C’est en ces termes, qu’aucun président de la République avant lui n’avait osés qu’Emmanuel Macron a enseveli notre liberté citoyenne et annoncé une nouvelle ère, celle d’une société de fourmis ou d’abeilles laborieuses dépourvues de toute individualité. Un essaim dont la seule fonction est de nourrir sa reine.

L’état prend le contrôle de tous les secteurs de la vie citoyenne. Désormais, c’est l’état qui salarie les gens, c'est l’état qui fixe les horaires de travail, l’état qui établit les rythmes de vie, l’état qui supprime la libre circulation, l’état qui impose des laissez-passer à toute la ruche.

Nous nous étions habitués à être une société d’individus libres. Emmanuel Macron nous prévient, rejetant la responsabilité des décès liés au Covid sur les récalcitrants aux mesures sanitaires : eh bien, il va falloir que cela change !

Nous ne sommes plus Charlie, ni Arnaud, ni Samuel, nous sommes désormais des insectes sans identité.

Cela ressemble à s’y méprendre au modèle soviétique ou nord-coréen. Les prémices de l’uniforme obligatoire anti-Covid, le masque et les gants ne devraient pas tarder à faire place au scaphandre immunitaire.

Bientôt, l’obligation de vaccination et l’entrave digitale sur nos téléphones mettront fin à toute liberté individuelle. N’entendons-nous pas déjà la pensée médiatico-colabo nous susurrer sournoisement à l’oreille que si nous n’avons rien à cacher, nous ne devons pas craindre la perte de si peu de nos libertés.

Ce qui interpelle dans cette similarité soviético-gauloise, c’est que les abeilles affairées au fonctionnement de la ruche, les fonctionnaires d’entreprises étatisés ou les employés dépendants des grandes entreprises dans lesquelles l’état est actionnaire, sont les moins impactés. À la différence des salariés du secteur privé, des indépendants et des libres entrepreneurs qui voient leur mode de vie s’écrouler.

Les codes de langages ont évolué, les suspicions d’infections sont devenues des cas positifs et désormais on ne parle plus que de contaminations. Les médias ont déjà oublié la fiabilité limitée des tests PCR et l’incongruité de leurs interprétations. Les cas positifs représentent les individus ayant bâti leurs défenses immunitaires contre le coronavirus, mais les chiffres annoncés les présentent comme des malades.

Interdits staliniens, couvre-feu, loi martiale et contrôles policiers.

Interdiction de sortir, de se réunir, de manifester, de faire du sport, de loisir, d’expression. Les fêtes privées sont désormais interdites sur tout le territoire : mariages, enterrements, anniversaires, les rassemblements de plus de six personnes sont proscrits. 

12000 policiers, qui faisaient défaut à la surveillance des banlieues sensibles, seront affectés aux rondes nocturnes pour contrôler le couvre-feu de 22 heures à 6 heures du matin désormais en vigueur dans les grandes agglomérations.

Un système de contrôle de la population qui déjà entraîne les dérives de la dénonciation civique, de la délation et des clivages familiaux…les lettres de cachet ont abondé dans les commissariats durant le confinement.

D’autres mesures sont à venir, de plus en plus coercitives : report des élections départementales et régionales, atteintes puis suppression totale des libertés d’opinion et d’expression, retour de la loi Avia par le biais de la Commission européenne.

On s’habitue très vite à la dictature, le droit ne suffit plus, à protéger les libertés. Une démocratie n’est jamais protégée par un arsenal juridique, mais par une volonté populaire, et pour l’heure celle-ci s’est éteinte.

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux”. Cette citation de Benjamin Franklin est amendée par Friedrich Hayek dans « La route de la servitude ». Cet essai est devenu une référence de la pensée libérale met en lumière la volte-face d’Emmanuel Macron élu sur un programme libéral.

L’interventionnisme de l'État a tendance à toujours empiéter davantage sur les libertés individuelles et qu'il peut progressivement conduire au totalitarisme, c'est-à-dire à la servitude des peuples. F.Hayek

Dans son allocution liberticide et suicidaire pour notre économie, Emmanuel Macron a montré les limites de son courage politique. Loin d’assumer une dérive dictatoriale jupitérienne, il a usé du subterfuge d’un transfert de responsabilités vers le comité scientifique.

L’usage d’un comité scientifique est soit machiavélique, soit une lâcheté gouvernementale. Emmanuel Macron a désigné une dizaine de scientifiques sans autre légitimité que la soumission à sa personne. Une équipe d’une dizaine de scientifiques issus d’on ne sait où pour prendre à sa place des décisions et qui récuse l’avis de 300 scientifiques qui disent le contraire.

Cela ressemble à la constitution de la convention sur le climat dont 150 Français tirés au sort n’ont été qu’un alibi pour sélectionner dans une liste d’idées farfelues, les mesures difficiles sur l’environnement prévues de longue date dans le seul but de leur en faire porter la responsabilité.

Enfin pour compléter sa panoplie du petit dictateur, Emmanuel Macron a usé du ton moralisateur et hypnotique du serpent Kaa dans l’adaptation disneyenne du livre de la jungle. Maniant les contraires comme des évidences :

  • Volonté de ne pas engorger les hôpitaux, mais sans annoncer la création de lits et pas de personnel supplémentaire.

  • Faire barrage à la circulation du virus dans les villages, mais conservant les frontières internationales ouvertes sans contrôles aux aéroports ni aux gares.

  • Interdisant les regroupements dans les zones urbaines, supposément les plus contaminées, mais envoyant les citadins pour les vacances de la Toussaint dans les campagnes jusqu’ici préservées de l’épidémie.

  • Fermant les bars et restaurants dans lesquels la contamination est faible alors que restent ouvertes les zones de plus fortes contaminations pour 56%, les entreprises, les universités, les lieux de santé et le Ephads.

  • Alors même que du propre aveu d’Emmanuel Macron les théâtres et les cinémas sont les lieux les plus sanitairement sécurisés, les horaires du couvre-feu vont pousser ceux-ci à fermer leurs portes.

1500 malades en réanimation pour une capacité nationale de 6000 postes justifient-ils la mort programmée de l’économie nationale ?

La conséquence du demi-confinement pour les métiers de la restauration et de l’hôtellerie se traduit par une multiplication des effets du confinement. Prévision de 60 000 faillites et de 200 000 emplois perdus.

En juin dernier, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire prédisait « une vague de faillites, une vague de difficultés sur le front de l’emploi très violente » à venir. Il avait alors évoqué la suppression de 800 000 emplois supprimés et 10 % de chômage pour cette année.

Le demi-confinement va ajouter à cette estimation basse près de 300 000 suppressions d’emploi et porter le taux de chômage à près de 14%.

Ce qu’il est médiatico-médicalement convenu de nommer les comorbidités au Covid à savoir les pathologies aggravant la létalité du Covid, ne prend pas en compte la détresse psychosociale génératrice de maladies dépressives et de suicides. 

Selon une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Chaque année, 10 000 à 14 000 décès sont imputables au chômage en France. Maladies chroniques, pathologies cardiovasculaires, dépressions, suicides, addictions renforcées par le manque d’estime de soi, renoncement aux soins… Les chômeurs présentent une surmortalité deux fois plus importante que les actifs du même âge.

La crise économique de 2008 avait été directement responsable de 548 suicides. Les mesures politico- sanitaires liées à la gestion du coronavirus seront directement responsables de milliers de suicides qui ne seront probablement jamais comptabilisés.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !