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©LIONEL BONAVENTURE / AFP

Impact du coronavirus

Covid-19 : la France ne doit pas sous-estimer les risques directs et indirects de la pandémie. Nous ne sommes pas sortis de la "première vague"

Jean-Paul Betbeze revient sur la situation liée à l'épidémie de coronavirus en France et sur l'impact de la pandémie sur l'économie ainsi que son influence sur le cours des principales devises à l'échelle internationale.

UE Bruxelles AFP

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

Voir la bio »

1 – Ce n’est pas parce que la France est au 19ème rang par le nombre de cas qu’il faut s’endormir : on compte en effet 536 nouveaux cas le 16 juillet et 836 le 17. Le point bas en termes de nouveaux cas enregistrés en juin semble ainsi s’éloigner. On compte ainsi, au total, plus de 174 000 cas en France et plus de 30 000 morts. 79 000 personnes s’en sont « sorties » et 65 000 sont encore des cas « actifs » selon Worldometer. 

Le nombre de cas « actifs » en France (Source : Wordometer)

2 – 259 848  cas reportés à l’Organisation mondiale de la santé ce 18 juillet, le nombre le plus élevé jusqu’ici. 14,4 millions de cas et 605 000 morts dans le monde. La remontée en cours vient surtout de huit pays : États-Unis (3,8 millions de cas le 17 juillet), Brésil (2,9), Inde (1), Afrique du Sud (0,3), Indonésie (0,8), Philippines (0,7), Mexique (0,3) et Colombie (0,2).

Les nouveaux cas par jour dans le monde (moyenne mobile sur 7 jours : Wordometer)

Dans ce monde, outre la part très importante des Etats-Unis, on voit les vagues d’Amérique latine (particulièrement violentes), puis des grands pays d’Orient et du Moyen-Orient. Le virus frappe dans les pays très peuplés et pauvres ou très inégalitaires.

Evidemment, le cas le plus préoccupant est américain, avec l’importance du pays bien sûr mais aussi avec la politisation du traitement du virus, les états républicains ayant décidé de déconfiner tôt, trop tôt, faisant repartir la pandémie, jusquà pousser à des renconfinements partiels. Au total, c’est New York, ancien épicentre, qui s’assagit.

États-Unis : le nombre de nouveaux cas par jour décline à New-York, monte ailleurs (source : Saul Eslake, Corinna Economic Advisory)

3 – Le Nasdaq, gagnant boursier d’une économie « post COVID-19 », rejoint par la Chine, gagnante d’une économie « avec COVID-19 »

Certes, le Nasdaq continue d’être vu, par les investisseurs boursiers, comme le réceptacle des valeurs de la nouvelle économie « post COVID-19 », celle qui traitera et dépistera le mieux les informations grâce aux GAFAM (Google, Amazone, Facebook, Apple et Microsoft) et transportera autant les informations que les colis, qui sont les gagnants ! Mais les dernières données sur la Chine sont éloquentes : PIB en baisse de 10% au 1er trimestre 2020, mais en hausse de 11,5% au 2ème. Les entreprises rouvrent, la demande interne reprend peu à peu. Certes, des lieux de contamination apparaissent en Chine, mais ils sont confinés, sitôt identifiés. Les marchés se demandent si la Chine n’a pas trouvé la bonne solution pour réussir : combiner ses propres GAFAM, BATX (Baidu,  Alibaba, Tencent et Xiaomi) avec cette gestion déconfinements – reconfinements mesurés, qui permet au mieux de repartir. Par ailleurs, les inquiétudes demeurent encore, avec le risque d’une nouvelle vague et des « économies anciennes » qui ont ou auraient des difficultés à changer, comme le CAC 40.

4 – Tout dépend toujours des Banques Centrales pour faire baisser les taux longs nominaux et soutenir la reprise.

Les Banques Centrales seront toujours là, surtout pour les pays industrialisés et autant que possible avec les pays émergents. La Banque Centrale Européenne continue ses achats de bons du trésor, franchissant les limites, avec cette fois l’appui explicite de la Chancelière et du Parlement Allemand. Achetant beaucoup de bons du trésor allemands, elle en fait baisser le rendement, jusqu’à le rendre très négatif, en achetant beaucoup auprès du trésor italien, ce qui ne fait guère que monter sa hausse nominale, « cachant » le risque du pays.

5 – L’or, encore et toujours

L’or est toujours le refuge, le pétrole est en train de se stabiliser, mais ce qui ne peut arranger les pays exportateurs qui ont des coûts élevés, comme l’Algérie ou le Nigéria.

6 – Le dollar toujours, avec le franc suisse (comme l’or), l’euro remonte. Le virus pèse sur les émergents

La nouveauté est la remontée continue de l’euro dans le paysage monétaire mondial, avec l’espoir qu’une solution sera trouvée à Bruxelles sur le Plan de relance proposé par la Commission, suite à l’initiative France/Allemagne. Tout paraît compliqué et difficile, mais un échec n’est pas dans les esprits… des marchés financiers.

En revanche, ce sont les pays qui paraissent les plus fragilisés par le virus, et ceci d’autant plus qu’ils le sont par l’économie, la finance et la politique, qui voient leur change baisser le plus. En réalité, une vague du virus ne va jamais seule.

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