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©SEBASTIEN BOZON / AFP

Evolution de la pandémie

Coronavirus : l’automne de toutes les inconnues

Alors que la généralisation du port du masque se multiplie dans les villes dans les lieux publics, la perspective de l'automne laisse craindre de nouveaux cas importants de contaminations à la Covid-19. Que pouvons-nous anticiper sur l'évolution de la pandémie à l'automne ? Comment les citoyens peuvent-ils se prémunir face à un possible regain du coronavirus dans les mois à venir ?

Stéphane Gayet

Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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Atlantico.fr : Que pouvons-nous anticiper sur l'évolution de la CoVid-19 à l'automne ?

Stéphane Gayet : Le journal américain en ligne « Bloomberg opinion », fondé par l’ancien maire éponyme de New York, se pose des questions sur ce que sera la rentrée au sens large, pas uniquement sur les plans scolaire et universitaire. Les questions qui se posent aux États-Unis se posent également dans la majorité des pays occidentaux, dont la France.

Le monde n’a sans doute jamais connu de semblable bouleversement. À l’automne 1919, il était meurtri par plus de quatre ans de tueries et d’angoisses de la Première Guerre mondiale - clôturée par l’armistice du 11 novembre 1918 - et de surcroît violemment frappé par la pandémie grippale « la grande tueuse », jusqu’à l’automne 1919. Mais fin 1919, on savait que tout était terminé : la guerre et la pandémie.

Alors que mi-août 2020, nous avons non seulement été meurtris sanitairement par la pandémie CoVid-19 et sinistrés économiquement par le confinement généralisé et obligatoire, mais nous ne savons pas ce qui nous attend.

Honnêtement, pour le commun des mortels, une forme de cacophonie informationnelle règne. Comment s’y retrouver ? Le magma médiatique devient indéchiffrable.

Factuellement, les deux indicateurs principaux confirment qu’il existe une légère reprise de l’épidémie, comme le montre le graphique ci-dessous.

L’indicateur « nombre quotidien de nouvelles hospitalisations pour CoVid-19 » a retrouvé son niveau de la deuxième semaine de juin, tandis que l’indicateur « taux quotidien de positivité des tests virologiques PCR » a franchi la barre des 2 % et se rapproche de 3 %. C’est à prendre sérieusement en considération.

Toutefois, le nombre de tests réalisés quotidiennement augmente toujours et les critères de leur réalisation ne sont pas précis. Si l’on en croit le physicien David Mendels qui s’est intéressé à la fiabilité des tests SARS-CoV-2, ces résultats sont largement sujets à caution.

Il me paraît intéressant de signaler l’interview de la généticienne Alexandra Henrion-Caude par Élise Blaise et le livre récent du chirurgien Joseph Tritto, expert en technologies biomédicales, qui argumentent tous les deux en faveur d’une origine biotechnologique de la souche de SARS-CoV-2 (cette souche résulterait d’une modification génétique réalisée en laboratoire dans le cadre de la recherche vaccinale et se serait malencontreusement retrouvée en dehors de l’enceinte du laboratoire de Wuhan).

Cette parenthèse refermée, l’automne est incertain s’agissant de la CoVid-19. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs pays dont la France alertent quant à la possibilité d’une reprise épidémique ; de fait, depuis quelques jours (premier graphique), on voit une légère augmentation du nombre d’hospitalisations pour CoVid-19. Comme je l’ai déjà dit, c’est l’indicateur le plus objectif et le plus pertinent, mais il a l’inconvénient d’être retardé de 14 jours par rapport à l’évolution du nombre quotidien de nouvelles contaminations (grandeur impossible à connaître, en dépit de tous les tests pratiqués chaque jour).

Pour répondre à la question posée, nous ne sommes pas sortis de la CoVid-19, mais les indicateurs ne sont pas franchement inquiétants : la vigilance et la prudence s’imposent. Il n’est pas question de répandre l’inquiétude, mais d’inciter les uns et les autres au respect responsable et sincère des mesures de prévention. Ce n’est pas encore gagné.

L'État a-t-il fait le nécessaire jusqu'à présent pour se prémunir d'un éventuel regain de l'épidémie avec la chute des températures à l'automne ?

C’est la grande inconnue et une crainte fondée. Actuellement, il fait très chaud (la température extérieure ne descend pratiquement plus en-dessous de 26-25°C la nuit) et il semble y avoir une légère reprise de l’épidémie en France. Alors, dans l’hypothèse d’une saisonnalité de l’infection CoVid-19, il faudrait redouter une recrudescence lorsque l’automne va commencer, c’est-à-dire dans un peu plus d’un mois.

Je pense que c’est l’association de ces deux notions – saisonnalité et légère reprise malgré la pleine chaleur – qui rend le gouvernement anxieux.

L’exigence, qui se répand comme une traînée de poudre, de porter le masque même à l’extérieur, est la traduction réglementaire de cette anxiété. Cette exigence à l’extérieur suscite beaucoup de réactions et divise les Français. Comme je l’ai déjà dit et écrit, le masque facial est initialement un dispositif médical conçu pour un usage à l’intérieur de bâtiments. L’efficacité et l’utilité du masque ne sont pas connues à l’extérieur ; elles sont fonction de la température et de l’humidité de l’air (hygrométrie), du vent et des courants d’air, des distances entre les personnes et de leur vitesse de déplacement. Si l’on peut admettre qu’à l’extérieur le masque est nécessaire pour des personnes immobiles et proches les unes des autres, c’est à mon avis tout à fait excessif pour des personnes distantes et en mouvement ; je me suis opposé à son obligation pour les activités sportives à l’extérieur. Il faudrait pour bien faire étudier l’influence de ces différents paramètres, mais ce serait vraiment très compliqué. Mon avis est qu’il faut rester raisonnable dans les exigences et qu’en l’occurrence, on a été vraiment trop loin, au risque de voir se développer un courant de mécontentement et de désobéissance qui serait contreproductif.

Il serait temps que l’on fasse des études d’efficacité des différents modèles de masque destinés à l’usage grand public, car on est dans le flou à ce sujet. Je vois régulièrement des personnes en ville équipées d’un masque professionnel étanche à valves, ce qui est presque l’opposé du masque en papier à usage unique déjà largement utilisé et chiffonné, en vérité fréquemment observé.

Sur ce plan précis, l’État n’a pas progressé : c’est vraiment le flou et c’est un problème sérieux.

Comment les citoyens peuvent-ils se protéger efficacement face à un possible regain de l'épidémie à l'automne ?

Il serait bien que l’on se décide à se faire vacciner contre la grippe dès que le vaccin sera disponible. D’une part, ce vaccin stimule l’immunité respiratoire de façon générale, d’autre part, la grippe peut constituer un terrain favorisant et aggravant la CoVid-19 et réciproquement (dans l’hypothèse d’infections concomitantes).

Je ne vais pas revenir sur les mesures préventives largement rabâchées (masque, distance, mains). Il me paraît important d’insister sur la nécessité de renforcer son immunité. Cela passe d’abord par une bonne hygiène de vie : sommeil, alimentation et activité physique. Les vitamines antiinfectieuses sont surtout les vitamines A, D et E, plus que la vitamine C contrairement à une idée répandue. On ne répétera jamais assez l’intérêt primordial de consommer des fruits et des légumes frais et crus, sans oublier les fruits secs (noix, noisettes) ; ils sont bénéfiques par leur composition et contribuent à enrichir notre microbiote intestinal (bactéries bénéfiques et même indispensables à un équilibre physiologique). Attention à ne pas se gaver de compléments alimentaires qui peuvent nuire à la qualité du sommeil et épuiser le corps, sans compter les risques d’hypervitaminose qui ne sont pas négligeables.

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