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Contrairement aux apparences l'Espagne ne parvient pas à en finir avec ses créances douteuses

Les banques espagnoles semblent ne toujours pas se remettre de la crise. Les créances douteuses auraient même atteint 11,6 % des crédits en juin selon la banque d'Espagne, un record.

Matilde Alonso Peréz

Matilde Alonso Peréz

Matilde Alonso Pérez est professeur à l’Université de Lyon 2. Elle est spécialiste en économie de l’Espagne. Elle a publié de nombreux travaux et ouvrages sur le sujet.

Elle anime le projet Dimension économique de l’espagnol dont l’objectif est l’analyse stratégique des entreprises espagnoles internationalisées.

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L’économie espagnole est comme un malade sur lequel les médecins ne se prononcent pas. Elle connaît autant des données positives que des données négatives. L’augmentation du tourisme international grâce à la crise des destinations concurrentes d’Afrique du nord et de l’Egypte, l’amélioration des exportations, une certaine amélioration des chiffres du chômage… concernent les aspects positifs. Cependant, les données négatives existent également. Ainsi, la consommation est toujours en chute libre et la dette publique atteint 90 % du PIB. Mais en Espagne, il faut également parler des mauvais chiffres de la dette privée. Tout d’abord les crédits se sont sévèrement réduits et en même temps ont augmenté les crédits douteux et la morosité.

Les crédits douteux sont ceux pour lesquels existent des doutes sur les possibilités du remboursement total dans les termes du contrat. Ceci dit, tous ces crédits ne constituent pas un danger immédiat puisque pour une partie, après la renégociation des conditions, leur remboursement devrait se faire sans problème. Par exemple, certaines grandes entreprises espagnoles ont renégocié leurs crédits avec la banque. Pour l’instant elles ne remboursent que les intérêts.

La morosité est inclue dans les crédits douteux. En effet, on peut qualifier comme vraiment dangereux les crédits qui n’ont pas pu satisfaire soit le capital, soit les intérêts, soit les frais pendant plus de trois mois et dans les termes du contrat.

Quel pourcentage de la morosité représentent les crédits douteux ? La Banque d’Espagne ne donne pas les chiffres mais faire la différence entre crédits douteux et morosité est important surtout quand tous les titulaires de la presse espagnole et internationale parlent de morosité sans faire la distinction entre morosité et crédits douteux. On parle de 11,8 % de morosité alors qu’il s’agit surtout de crédits douteux et leur augmentation va continuer car la Banque d’Espagne a demandé à aux entités financières de revoir, avant le 30 septembre, leurs crédits pour les requalifier si nécessaire. Ce nouveau classement aura des conséquences car il obligera aux banques à faire de nouvelles provisions, ce qui va entraîner forcement une baisse des crédits.

Le manque des crédits pour les familles et les PME, l’augmentation de la pression fiscale et le chômage empêchent la consommation et l’investissement. Sans demande interne la croissance économique ne sera pas au rendez-vous. Un cercle vicieux qui épuise le pouvoir d’achat et l’épargne et nourri la morosité. Les prévisions du BBVA sont éloquentes. La morosité accompagnera l’économie espagnole encore pendant 3 trimestres.

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