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La France a secouru les boat-people fuyant le régime communiste vietnamien en 1979.
La France a secouru les boat-people fuyant le régime communiste vietnamien en 1979.
©www.flickr.com/photos/[email protected]/16647673481

Ah ces Jaunes !

Comparer les boat people de 1979 avec les réfugiés de 2015 a-t-il vraiment un sens ?

L'Histoire en général ne repasse pas les plats. Et quand elle les repasse, ce ne sont jamais les mêmes.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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La photo est célèbre. On y voit Jean-Paul Sartre serrant la main de Raymond Aron, son ennemi de toujours, sous l'œil attendri d'André Glucksmann. Les deux monstres sacrés de la pensée française fraternellement unis pour aider les boat-people fuyant le régime communiste vietnamien. Pour les secourir ils feront le siège de Valéry Giscard d'Estaing et auront gain de cause.

La France enverra des bateaux, ouvrira ses frontières et accueillera plus de 150 000 réfugiés vietnamiens dans des conditions d'une extrême générosité. Pas de critiques (exception faite du PC mal à l'aise dans cette affaire), pas de crispations, pas de racisme anti-jaune. Une belle unanimité nationale. Car la droite était anti-communiste. Et la gauche, un peu honteuse, avait à se faire pardonner son soutien aveugle aux chars de Hanoï.

Sur le site Rue89, une historienne rappelle cette époque. Elle la trouve belle et s'étonne douloureusement de ne pas voir le même élan pour les migrants syriens, irakiens et érythréens. Car pour elle, la situation est identique à celle de 1979. Même drame, mêmes souffrances... D'après elle, c'est pareil. Eh bien non !

Les boat-people étaient bouddhistes, une pratique religieuse peu contraignante, pacifique et douce. Ils ne criaient "Bouddha est grand!", ne construisaient pas de pagodes et n'exigeaient pas qu'on mette des baguettes en couvert à la place des couteaux et des fourchettes dans les cantines scolaires.

Mais les migrants qui arrivent chez nous ne sont quand même pas des fanatiques puisque nombre d'entre eux fuient précisément la terreur islamiste de Daesh ? Sans aucun doute. Reste qu'ils professent une religion dont, pour leur malheur, le visage, même si c'est souvent injuste et excessif, fait peur à beaucoup.

De là une crainte, trop facilement dénoncée comme étant égoïste, raciste et islamophobe. Un maire Républicain l'a dit dans une formule que l'on ne saurait approuver mais dont on aurait tort d'ignorer qu'elle correspond à un sentiment assez répandu. "Je n'accueillerai que des chrétiens, eux ne décapitent pas leur patron avec un sabre". Tollé général. Déluge de bons sentiments. Mais l'enfer est pavé de bons sentiments.

Pourquoi cacher la vérité ? Mettre la poussière sous le tapis, n'empêche pas la poussière d'être. Les quelques 150 000 boat-people que nous avons accueillis sont là depuis plus de 30 ans. Ils ont eu des enfants : qui en entend parler ?

Ont-ils un CCB  (Conseil du Culte Bouddhiste) qui réclamerait toujours plus de pagodes ? Ont-ils formé des groupes d'influence et des associations pour réclamer expiation et repentance à la France, qui pendant son règne colonial indo-chinois n'a pas été, loin de là, exemplaire ? Les Asiatiques sont, comme chacun sait, des êtres mystérieux et bizarres. 

Et n'oubliez pas : le A-book de Benoît Rayski, Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme, est toujours disponible à la vente sur Atlantico éditions : 

Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme

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