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Le nombre d'antibiotiques contrefaits augmente.

Tous concernés

Comment les antibiotiques contrefaits menacent la santé mondiale

Le nombre de faux antibiotiques augmente. Les pays en développement ou sous-développés sont les premiers concernés. Cependant les conséquences de ce fléau dépassent les frontières et menacent indirectement la population mondiale dans sa globalité.

François Bricaire

François Bricaire

François Bricaire est un médecin. Il est chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Il est professeur à l'Université Paris VI-Pierre et Marie Curie.

 

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Atlantico: Le nombre d'antibiotiques contrefaits augmente et n'empêche pas les propagations des maladies qui  traversent les frontières. L'organisation mondiale de la santé surveille 80 pays et constate une augmentation de ce problème. Qu'en est-il en France ? Est-ce que l'on peut se retrouver à consommer des antibiotiques contrefaits sans le savoir ?

Francois Bricaire : Il existe en France des contrôles de bonne qualité qui rendent le risque plus que minime. Cependant là où nous ne sommes pas à l'abri du risque de consommer de faux antibiotiques, c'est sur Internet. Sur la toile, le danger existe. Dans les pays contrôlés où les pharmacies sont de qualité, ce risque n'existe pas. Si vous achetez des médicaments à Madrid ou Berlin, il n'y a quasiment pas de risques de recevoir un faux antibiotique. Le danger existe en revanche dans les pays moins développés et plus lointains, là où il n'y a pas de contrôles ou des contrôles peu fiables. C'est le cas dans les pays d'Afrique subsaharienne et d'Asie du sud.

Les Français peuvent-ils subir des conséquences de ces médicaments pris par des personnes ne vivant pas en France ? Quel est le risque ?

Il y a deux réponses possibles. Soit les antibiotiques contrefaits sont inactifs, dans ce cas le risque n'existe que pour celui qui les consomme, car il n'est pas traité. Soit le produit contrefait contient un peu d'antibiotique et alors le problème est différent : les bactéries se mettent à résister au produit qui est trop faible pour les combattre. Si les malades voyagent ou sont en contact avec d'autres personnes,  un problème local peut se développer. Dans ce dernier cas le risque de contamination augmente. C'est un phénomène que l'on constate de plus en plus mais qui reste encore assez faible.

Est-ce que la prise de ces faux médicaments menace la santé mondiale ?

La santé mondiale n'est menacée que dans le deuxième cas. Plus il y a de faux antibiotiques dans une région, plus le risque est grand. Dans le premier, celui où le produit n'agit pas du tout, seule la santé de l'individu l'est.

Quelles sont les conséquences des antibiotiques contrefaits sur les personnes qui les consomment et notamment sur leur système immunitaire?

Il n'y a pas de grandes conséquences sur le système immunitaire, les antibiotiques stimulent parfois le système immunitaire ou le modifient un peu mais cela reste très minime. Le principal risque est que la maladie devienne plus difficile à soigner si les bactéries se mettent à résister. Cela peut entraîner la mort de la personne dans le cas le plus extrême. 

Quels types de réactions cela pourrait-il provoquer auprès de la sphère politique?

Des contrôles supplémentaires commencent à être créés, mais il faut effectivement que les politiques se penchent sur ces questions. Les mêmes problèmes se posent qu'avec les trafiquants. Lutter contre ce phénomène est délicat et on sait que le nombre de personnes qui fabriquent des médicaments contrefaits va augmenter. C'est un "marché" prometteur.

A long terme, est-ce que les maladies que l'on traite facilement aujourd'hui peuvent (re)devenir mortelles ?

Il y a très peu de risques. Paradoxalement, les bactéries qui résistent de plus en plus aux antibiotiques parce qu'ils sont faux sont moins agressives pour l'homme.

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