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François Fillon a proposé des pistes pour "retrouver la fierté d'être Français", ce qui passe notamment, selon lui, par un "réarmement mora
François Fillon a proposé des pistes pour "retrouver la fierté d'être Français", ce qui passe notamment, selon lui, par un "réarmement mora
©Reuters Pictures

Merveille du monde

Cohésion nationale, retour à l’autorité et réarmement moral : ce programme de François Fillon pour l’éducation taillé pour en découdre avec les mesures de gauche

Candidat favori au second tour de la primaire de la droite, François Fillon a pris des engagements forts en faveur d'une Histoire de France revue et enseignée dans l'idée de construire un récit national.

Dimitri  Casali

Dimitri Casali

Dimitri Casali, historien, spécialiste de l'enseignement de l'Histoire, est l'auteur de Désintégration française (JC Lattès, 2016), du Nouveau manuel d'histoire (La Martinière, 2016), de L'Empire colonial français (Gründ, 2015), d'Ombres et Lumières de l'Histoire de France (Flammarion, 2014), du manuel Lavisse-Casali Histoire de France, de la Gaule à nos jours (Armand Colin, 2013), et de L'Histoire de France interdite. Pourquoi ne sommes-nous plus fiers de notre histoire (Lattès, 2012). Son dernier livre, La longue montée de l'ignorance, est paru aux éditions First (mars 2017). Il collabore régulièrement avec la presse écrite, la radio, la télévision. Pour plus d'informations, consultez le blog de Dimitri Casali : http://dimitricasali.fr/

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Dans son programme sur l’Éducation nationale énoncé lors de son discours de Sablé-sur-Sarthe le 28 août dernier, François Fillon n’a pas hésité a fustigé les enseignements scolaires qui apprennent à avoir "honte" de la France. Que tremblent enfin les adeptes de "l’histoire globale", égalitariste et les pédagogistes qui occupent actuellement le ministère de l’Éducation Nationale ! 

L’ancien Premier ministre rejette toutes les réformes entreprises ces cinq dernières années par la gauche au titre de la "refondation" de l'école, et s'engage à les abroger. "Je veux traquer toutes les démissions de la société française et d'abord celle de l'école", a-t-il déclaré. Il propose des pistes pour "retrouver la fierté d'être Français", ce qui passe notamment, selon lui, par un "réarmement moral". Sans langue de bois, François Fillon reproche à l’école de 2016 ne plus réussir à intégrer les individus au sein de la communauté nationale et fait le constat inéluctable qu’il faut apprendre à aimer la France aux nouveaux arrivants. Or, le rejet de l’excellence intellectuelle, la haine de la patrie, de notre culture sont le fondement le plus sûr de la séparation des classes sociales et du fameux vivre ensemble. Le but de Fillon est de mieux faire comprendre notre histoire pour mieux l’aimer sans en avoir honte et ainsi préparer la France de demain. Oui, notre culture et notre héritage doivent redevenir une source de fierté. Pourquoi renier les plus belles pages de notre histoire alors que les pays du monde entier encensent la leur… et admirent la nôtre ? 

Depuis cinq ans le gouvernement socialiste considère qu’exiger la discipline, c’est stigmatiser les élèves. Selon François Fillon il faut donc rétablir un dispositif de contrôle du comportement des élèves, exiger d’eux le respect des professeurs et des adultes participant à la vie de l’établissement et sanctionner tout manquement. Et d’ajouter : "Il n’y a pas d’éducation sans civisme, sans effort, sans quête d’excellence". Cela passe avant tout par "l'apprentissage du respect et de l'autorité à l'école primaire". Il est aussi favorable à ce que les élèves portent à l’école et au collège une tenue uniforme afin de créer un esprit de communauté et d’éviter les querelles sur les marques de vêtements ou les débats sur la longueur de la jupe. L’ex-Premier ministre demande que "les familles soient placées devant leur responsabilité éducative et sanctionnées quand elles se montrent incapables de faire rentrer leurs enfants le soir à la maison et de les envoyer le matin à l'école".

Enfin Fillon ose : Il faut en finir avec les complexes et les théories fumeuses qui ont déconstruit, chez tant de jeunes, le goût de vivre tous ensemble. La lecture des nouveaux programmes d’histoire est consternante. Selon le ministère, à l’école primaire, les maîtres doivent apprendre aux enfants "à comprendre que le passé est source d’interrogations" Et de conclure : "Les faire douter de leur histoire : cette instruction est honteuse ! Au moment où les théories révisionnistes prolifèrent sur Internet, à l’heure où notre patrie est en quête de sens, où les replis communautaires nous divisent, faut-il que l’École renonce à faire le récit de la Nation ?".

Le vainqueur du premier tour de la primaire de la droite réaffirme avec force une vérité que nous nous refusions de voir en face. Oui, l’enseignement de l’histoire est aujourd’hui dévoyé, marqué par une vision de plus en plus tournée vers la seule lecture culpabilisante et négative de notre passé, par une volonté de repentance systématique qui conduit à noircir l’histoire de France.

Dernière mesure salutaire François Fillon déclare rendre la scolarité obligatoire dès l’âge de 5 ans au lieu de 6, pour donner une année de plus à l'apprentissage de la lecture et vouloir supprimer l’interdiction des devoirs après la classe pour mieux concentrer les 3/4 de l’enseignement sur le socle de connaissances (lecture, écriture, calcul, histoire et géographie de la France).

La dernière réforme du collège a signé carrément la mise à mort de l’école républicaine car l’École échoue dans sa mission chaque fois qu'elle ne sait pas faire de ces élèves des Français, c'est à dire des citoyens fiers de leur appartenance à la Nation, enrichie de leurs histoires personnelles. Faire aimer la France c’est faire aimer ses beautés, ses héros, ses avancées. C’est à ce prix que les Français retrouveront leur fierté, et que l’intégration prendra tout son sens. Rendons à l’École son caractère intrinsèquement républicain et nous pourrons affronter le futur sans crainte car les ennemis de la République ne sont forts que parce que nous sommes faibles, et oublieux de nos principes fondamentaux…

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