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Christophe Praud, président du CJD
Christophe Praud, président du CJD
©Reuters

L'interview Atlantico Business

Christophe Praud, CJD : "Arrêtons de tirer sur les entrepreneurs !"

La reprise s'intensifie. C'est ce que révèle l'indice PMI français publié par l'agence Markit lundi. Le marqueur de productivité franchit le seuil symbolique de 50, qui sépare croissance et contraction de l'activité. Une première depuis février 2012. Un enthousiasme que ne partage pas le président du CJD, Christophe Praud. Pour le patron de l'organisation patronale, l'indice le plus fidèle c'est le carnet de commande, et pour le moment les entrepreneurs ne constatent aucun regain d'activité.

Atlantico Business : L’indice PMI montre une légère amélioration de l’activité. Cela veut-il dire que les entreprises vont mieux ?

Christophe Praud : Je crois surtout que ça ne change rien dans le quotidien des entrepreneurs. Ces données sont parfaitement imperceptibles pour le commun des mortels. Ce sont des chiffres macro-économiques qui ne parlent à personne hormis aux politiques et aux économistes. Concrètement quand je discute avec les entrepreneurs, ils me disent tous la même chose : les bons de commande ne se remplissent pas, les perspectives de business ne s'améliorent pas. Par exemple un de nos adhérents au CJD, chef d'entreprise d'une cinquantaine de salariés, a perdu près de 6 mois de visibilité en l'espace d'un an ! Que ce soit les distributeurs ou les grandes industries, plus personne ne s'engage. Il y a peut-être un regain d'activité mais surtout un manque de visibilité qui ne donne pas confiance aux chefs d'entreprise.

Quelles sont alors, les "signes" qui permettront aux entrepreneurs d'avoir de nouveau confiance ?

Le carnet de commande ! Dès qu'il se remplira, tout naturellement l'entrepreneur aura plus de visibilité et pourra, entre autre, embaucher : la fameuse courbe du chômage ne va s'inverser que grâce à la capacité des entreprises à avoir une visibilité sur leur travail. Si aujourd'hui on est obligé d'avoir des "Pactes PME", un médiateur inter-entreprise, un CICE etc, c'est que l'on a toujours pas compris qu'il ne faut pas opposer les petites et les grandes entreprises. Cela fait pourtant partie des éléments qui peuvent donner confiance aux chefs d'entreprise.

Le budget 2014 sera présenté mercredi. Attendez-vous, de fait, des mesures permettant de relancer de manière concrète l'activité des entreprises ?

Je ne crois pas que l'on puisse attendre quelque chose. Aujourd'hui l'entrepreneur tout ce qu'il veut c'est que l'on arrête de lui tirer dessus à chaque fois que l'on fait une loi. Que ce soit Sylvia Pinel, Benoit Hamon, Najat Vallaud-Belkacem ou encore Pierre Moscovici, chacun y va de sa petite contrainte. L'entrepreneur, il veut juste qu'on le laisse tranquille et surtout que le gouvernement adopte une posture politique différente. Que l'on dise enfin aux chefs d'entreprise qu'il est créateur de richesse et d'emploi et surtout que cela se traduise dans les faits.

Propos recueillis par Julien Gagliardi

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