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Public vs privé : le duel

Cher Éric Verhaeghe...

C'est la réponse à la réponse. Mise en cause par Éric Verhaeghe suite à son article fustigeant le service public dans sa forme actuelle, Agnès Verdier-Molinié persiste et signe.

Agnès Verdier-Molinié et l'équipe de l'iFRAP

Agnès Verdier-Molinié et l'équipe de l'iFRAP

Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation IFRAP(Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques).

Son dernier ouvrage est : 60 milliards d'économies !, paru aux éditions Albin Michel en mars 2013
 

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Je remercie Éric Verhaeghe pour l’attention soutenue qu’il a accordée à mon article et à la thèse de mon livre, Les fonctionnaires contre l’État . Son principal reproche est que je n’apporterais pas la preuve que le privé peut rendre moins cher des services de meilleure qualité au public. Pourtant, il ne faut pas chercher très loin pour trouver des exemples concrets.

La preuve par l'exemple

Dans les transports, dans la perspective d’ouverture à la concurrence des trains régionaux (TER), la SNCF a reconnu que ses coûts sont de 30% supérieurs à ce que pourraient faire ses concurrents. Dans la santé, l’écart entre les coûts des établissements de soins publics et privés sont du même ordre de grandeur : 30 % pour des soins identiques sur des groupes de patients identiques. Ce chiffre longtemps contesté est maintenant officiel et un plan de convergence entre les tarifs payés par la CNAM aux hôpitaux et aux cliniques a été décidé. Dans l’éducation, selon les statistiques de l’Éducation nationale, en 2009 un élève scolarisé dans le privé coutait 3 426 euros par an tandis que le même élève scolarisé dans le public coutait à la collectivité 4 607 euros par an…

Toutes les situations de monopole, public ou privé, amènent à des surcoûts. Ceux qui voyagent "low cost" le savent bien, la concurrence fait baisser les prix pour la plus grande joie des consommateurs. Que serait devenu le trafic aérien si Air France et ses homologues étrangers était demeuré un monopole protégé derrière leurs frontières ?

Réformer la fonction publique ?

On trouve donc ici, dans la bouche d’un ancien cadre du Medef [NDLR : Éric Veraeghe fut membre du Medef], une critique surprenante de la concurrence, accusée de dépenser de l’argent pour "attirer les clients". Ce qui serait condamnable ? Le monopole ne connaît en effet que des "usagers" et non pas des clients, et se concentre moins sur la satisfaction de ces derniers.

En quoi le monopole de l’assurance maladie par exemple est-il un modèle ? Nous n’utilisons pas assez la délégation de service public. Même les Suédois font gérer leurs hôpitaux par des chaînes de cliniques privées… La question fondamentale que pose mon livre est "a-t-on vraiment besoin de statuts à vie et de monopoles publics pour rendre des services publics de qualité ?". Ne restons pas tétanisés par nos tabous et osons reconnaitre que chez nos voisins Allemands par exemple, la question a été tranchée avec 60 % des fonctionnaires sous contrats de droit privé et des délégations de service public au privé dans de nombreux domaines.

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