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Des paroles mais surtout des actes

Ces nouvelles technologies que le gouvernement oublie dans ses projets de modernisation du dialogue social

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a diminué de 15 000 en novembre 2015 par rapport au mois précédent, selon les chiffres dévoilés par Pôle emploi le 24 décembre. Derrière cette légère embellie, liée en partie à une amélioration de l’activité économique dans la zone euro, d'autres opportunités économiques inexplorées pourraient accentuer ce résultat.

Pierre Haas

Pierre Haas

Pierre Haas, après avoir servi comme officier dans les Forces françaises libres du Général de Gaulle, a fait carrière de 1950 à 1965 comme directeur général de Continental Grain France, puis à partir de 1963 à la Banque Paribas comme directeur des affaires financières internationales, puis président de Paribas International.

Il a été membre de nombreux conseils d’administration parmi lesquels on citera : Schneider S.A., Newmont Gold à Denver, Power Corporation du Canada et Power Financial.

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Traiter de l’immense drame que représente un chômage massif perdurable ne peut se limiter, comme cela a été le fait d’une chronique du 20 décembre dernier, à la seule dénonciation de l’éveil tardif du Gouvernement.

Nos voisins allemands et anglais, en affichant un taux de sous emploi inférieur de moitié au notre, prouvent qu’aucune fatalité ne justifie cette situation et qu’il suffit pour y remédier d’avoir la volonté et le courage d’imposer les réformes structurelles dont la mise en œuvre donnera à l’activité économique l’élan nécessaire pour, entre autre, embaucher.

Or le hasard veut que l’apparition, il y a déjà quelque temps, d’une légère embellie de l’activité économique dans la zone euro, offre l’occasion à notre Premier Ministre de mettre en acte ses paroles.

Si celui-ci acceptait de transformer sa politique économique en vecteur de croissance, M. Valls atteindrait un double objectif, il relancerait la notre et conforterait celle des autres membres de la monnaie commune.

De cette manière le Gouvernement rétablirait la confiance des investisseurs français et européens en éloignant le risque déflationniste que la Banque Centrale Européenne éprouve des difficultés à juguler seule.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un effort dans ce sens conduirait à une diminution du chômage.

Mais tout ceci n’est qu’un rêve creux. Il demeure hautement improbable que notre décideur en dernier ressort, le Président Hollande, accepte de revenir sur une politique économique, dont l’impact sur le chômage et la croissance a été, jusqu’à présent, nul.

Cependant tout n’est pas perdu. A défaut d’une décision de reconversion de notre politique économique, une porte vient de s’ouvrir offrant la possibilité de moderniser le dialogue social qui dans sa forme actuelle n’est pas adapté aux progrès technologiques et de l’innovation qui imposent aux entreprises une certaine flexibilité de leur organisation du travail comportant la consultation fréquente de leurs salariés.

Cette ouverture est, paradoxalement, le fait du Premier Ministre, qui en défendant contre ses opposants de Gauche la légitimité de la déchéance de nationalité dans la lutte contre le terrorisme, a justifié la décision du Gouvernement d’aller de l’avant en s’appuyant sur la réception favorable de cette initiative par les réseaux sociaux.

Est-ce par inadvertance, par inconscience ou par machiavélisme, quelle que soit la réponse, cette réplique en donnant le pouvoir de décision à la base électorale, telle qu’elle s’exprime sur Internet, impliquerait la disparition de l’exercice pyramidal du Pouvoir en France depuis la Constitution de 1875. Poursuivre dans cette direction transformerait le Parlement en Chambre d’Enregistrement.

Sans aller aussi loin, un précédent, extrapolable à d’autres domaines, existe désormais du seul fait de l’écart verbal du Chef du Gouvernement. Si telle n’était pas sa volonté, il s’est piégé.

Une tentative de sa part de limiter la portée de sa référence aux réseaux sociaux, au seul sujet de la déchéance de nationalité lui ferait courir le risque d’être désavoué par les mêmes réseaux et sur les écrans de télévision.

L’application au dialogue social des réactions, cas pour cas, des résultats des consultations du personnel, dont la diffusion sur Internet deviendrait la règle, offrirait un degré de flexibilité aux entrepreneurs.

Actuellement, ces derniers ne profitent guère d’un dialogue social trop souvent bloqué au niveau des Centrales Syndicales, dont 95% des cotisants étant des fonctionnaires, n’ont d’autre culture que celle de la défense d’un Statut mais pas d’un emploi.

Dans ces conditions, une nouvelle formulation des termes de la négociation au sein du dialogue social, offrant aux entrepreneurs un pouvoir dans la définition des modalités du travail, serait d’une grande utilité.

Par exemple, on éviterait ainsi les tergiversations, qui depuis des mois empêchent les Grands magasins parisiens d’ouvrir le Dimanche, en dépit de l’accord de leurs employés.

Encourager la demande, en mettant tous les canaux de distribution en mesure d’y contribuer, est un des meilleurs moyens de contrer la stagnation économique inhérente à la déflation. Déflation dont la venue accroîtrait le sous emploi.

Dans ce contexte, supprimer le droit de véto syndical en reconnaissant la primauté d’une décision majoritaire des salariés contribuerait à écarter des pertes d’emploi conduisant à un chômage dont la sortie est aléatoire.

Les travailleurs n’ont confiance qu’en eux-mêmes pour y parvenir. Leur insignifiante participation aux Syndicats le prouve.

Dans un environnement menacé par la déflation, un refus de la Ministre du Travail d’assouplir sa position serait compris comme une trahison par les travailleurs prêts à consentir des sacrifices, souvent sévères.

Ces derniers sous l’impulsion de leurs patrons devront, avec un dynamisme accru, mettre leur savoir-faire et leur imagination novatrice au service de l’avenir de la croissance.

Ceci posé, un système capitaliste complexe, où le niveau de vie des citoyens n’est déterminé qu’à la marge par les décisions du Gouvernement, voit sa stabilité politique suspendue à une paix sociale fragilisée.

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