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Ces frondeurs du PS qui pourraient rejoindre Arnaud Montebourg (si François Hollande ne veillait pas au grain)
©REUTERS/Christian Hartmann

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Ces frondeurs du PS qui pourraient rejoindre Arnaud Montebourg (si François Hollande ne veillait pas au grain)

En poussant hors du PS les frondeurs, Jean-Marie le Guen et Stéphane Le Foll pourraient bien les faire tomber dans les bras d'Arnaud Montebourg qui n'attend que ça. Mais François Hollande devrait s'opposer à leur exclusion afin de ne pas donner d’oxygène à son ancien ministre.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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C'est justement ce qui lui manquait. Quelques troupes. Une poignée d'élus. Lui, l'homme solitaire, que l'on disait trop narcissique pour agréger des bataillons, vient de se voir offrir, sur un plateau, une armée. Survoltée de surcroit. Hier en effet, alors que l'exécutif digère encore mal la motion de censure de gauche, l'heure est aux règlements de comptes. "Une des questions qui est posée aux frondeurs est de savoir comment eux, dans leur cohérence et dans leur être, ils peuvent finalement conjuguer la présence parfois confortable au sein d'un grand parti, et de l'autre côté, la facilité qui consiste à voter presque tout le temps contre les orientations et les décisions de ce parti", assénait sur ITélé Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, ajoutant : "Pour nous-même la question des règles collectives se pose (…) Je pense que les choses à un moment ou à un autre doivent être clarifiées". Quelques instants plus tard, Stéphane Le Foll allait plus loin, fulminant : "Le PS a des règles, il y a des instances, ça nécessite des votes".

Du pain béni pour Arnaud Montebourg qui observe, toujours de loin, mais plus que jamais attentif. En effet, l'ancien ministre de l'Economie prépare désormais activement son retour en vue de 2017. Ces derniers mois, il a envoyé quelques cartes postales, soigneusement ciblées. Lundi, il entamera dès potron-minet l'ascension du Mont Beuvray. Dans son sillage, une meute de journalistes et sans doute quelques élus que les derniers évènements à l'Assemblée et les menaces venues de Solférino ont pu agacer. L'an dernier, l'ancien ministre n'avait pas souhaité s'exprimer ; cette fois, il a prévu un discours : les circonstances l'exigent. Jusqu'à hier, il n'en avait pas encore terminé l'écriture. Ce ne sera pas une déclaration de candidature mais il s'attachera à expliquer comment il analyse la situation actuelle de la France et de la gauche, les évènements des derniers jours forcement en arrière-plan.

A ses côtés, se trouveront au moins deux frondeurs, tout un symbole. Hier, le député Laurent Baumel ne cachait pas son soutien : "Je souhaiterais qu'Arnaud Montebourg envisage une candidature car je pense qu'il peut incarner l'alternance à François Hollande", expliquait-il à Atlantico. Christian Paul ne disait pas autre chose. Quant à la possibilité que d'autres frondeurs leur emboitent le pas, le député d'Indre et Loire expliquait : "c'est une possibilité mais ça n'a pas suffisamment décanté, certains ont d'autres idées".

Arnaud Montebourg sait que les investitures seront un élément déterminant dans le choix des députés. "Ca n'est pas Arnaud qui les attribuera mais François Hollande, explique l'un de ses proches, partant de là il y a assez peu de chance pour que les députés, qui souhaitent avant toute chose être réélus, le rejoignent en masse. Mais ça n'est pas déterminant pour savoir si sa candidature va décoller ou non".

En revanche, si les frondeurs se voyaient exclus du PS, ils n'auraient plus rien à perdre à rejoindre l'ancien ministre. C'est pourquoi, hier, certains proches du chef de l'Etat se faisaient plus modérés que Stéphane Le Foll et Jean-Marie Le Guen. "Je ne suis pas favorable à ce que l'on offre aux frondeurs un statut de victime, je préfère que l'on mène une bataille publique. Que nous les mettions devant leurs contradictions. Il faut prendre date, montrer de la fermeté sans prendre de mesures disciplinaires. Il faut savoir garder son calme, ce qui ne veut pas dire être faible. Il va vite y avoir un vrai débat stratégique", explique Julien Dray à Atlantico.

Dans l'entourage d'Arnaud Montebourg personne n'avait d'ailleurs beaucoup d'espoir: "Manuels Valls et François Hollande n'ont pas les mêmes intérêts dans cette histoire, François Hollande est candidat et il a besoin de tout le monde, il ne les exclura pas", explique un proche. 

Quant aux frondeurs, hors de question de démissionner : "Si c'est une demande qui nous est adressée ma réponse est non, je ne vois pas pourquoi je partirais. Je reste fidèle aux valeurs fondatrices de ce parti, je ne me sens pas déphasé quand je vais dans les sections socialistes du pays et sur le terrain. Il y a un débat sur la discipline de vote mais notre analyse sur le tournant social libéral du gouvernement est beaucoup plus partagée qu'on ne le croit. De plus, notre départ ratifierait la thèse des deux gauches irréconciliables. Nous offririons le PS à la gauche libérale, je ne souhaite pas lui faire ce cadeau alors que cette ligne n'est pas majoritaire dans notre électorat" nous confiait Laurent Baumel .

La bataille va donc se poursuivre au sein du PS et si François Hollande ne veut pas que les frondeurs rejoignent Arnaud Montebourg, il va même devoir les choyer, comme il le fait actuellement avec Christiane Taubira ; et donc sans doute leur offrir des circonscriptions.

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