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Jupiter Nasa
Jupiter Nasa
©DR / Nasa

Univers

Ce que la dernière photo prise par la NASA nous révèle de Jupiter

La Nasa a dévoilé, dans un message publié sur Twitter, une des plus belles photos de Jupiter prises jusqu’à présent. Elle a été immortalisée par le télescope spatial Hubble le mois dernier.

Anna Alter

Anna Alter

Anna Alter est journaliste et écrivain. Docteur en astrophysique, elle a été journaliste à Science et Vie, à l'Evènement du jeudi, grand reporter à Marianne et rédactrice en chef adjointe de La Recherche. 

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Atlantico.fr : La NASA vient de publier cette nouvelle photo de Jupiter. Pourquoi cette planète du système solaire nous fascine-t-elle tant ? Est-ce que Jupiter a encore des secrets à nous révéler ?

Anna Alter : Jupiter n’est peut être pas la plus belle des planètes, mais c’est sans aucun doute la plus grosse du système solaire. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle devienne une étoile, enfin astronomiquement parlant, parce qu’elle a sacrément manqué de masse pour allumer des réactions nucléaires dans son cœur et briller comme notre Soleil dans la société céleste. Si elle avait pris plus de poids au moment de la formation, nous ne serions sans doute pas là pour en parler : la face du monde en aurait été changé, il y aurait eu deux astres brillants qui auraient rivalisé d’éclats dans le ciel, les jours et les nuits en auraient été perturbés sur Terre et tous les processus qui ont conduit à la vie ne se seraient pas enclenchés, en tout cas pas de la même façon, à la même vitesse, dans le même ordre et l’intelligence ne se serait probablement pas développée dans ce système binaire. Mais comme dit un dicton populaire avec des si on mettrait Paris en bouteille et on est là et bien là, et nous pouvons pendant la Fashion Week lever les yeux en direction du  Sud et voir Jupiter parader au-dessus de l’horizon, bien visible à l’œil nu. Depuis le 14 juillet, c’est un feu d’artifice, la géante arrive en début de soirée et ne se couche pratiquement pas de la nuit, se détachant sur la voûte étoilée, plus brillante que tous les astres du voisinage, seule Venus en débarquant au petit matin lui dame le pion.  Moins punk que Saturne avec ses anneaux qui est également présent cet automne dans le ciel nocturne et fait pâle  figure à côté, elle aussi mais ils sont très discrets et à la surprise générale n’ont été découverts  qu’en 1979 par la sonde Voyager 1. Le télescope spatial Hubble qui a fêté ses 30 ans d’orbite, toujours en fonctionnement, la surveille en quasi permanence et envoie des images inédites de sa « robe » colorée avec une Grande tâche rouge sous la taille, brodée de festons apparemment qui sont tissés en nuages.  C’est que la météo là-haut est agitée. Il fait frisquet. Les nouvelles données annoncent la survenue dans l’hémisphère nord aux latitudes moyennes d’une tempête qui apparaît sous la forme d’une marque blanche, étirée et brillante, se déplaçant à 560 kilomètres heure. Pour l’heure, c’est une broutille en comparaison de  la légendaire Grande tâche rouge au centre de laquelle les vents soufflent à plus de 700 km / h. Observée pour la première fois par l’astronome français Jean-Dominique Cassini* en 1665, cet anticyclone qui s’étale sur plus de 15 000 kilomètre, dure depuis des lustres mais a tendance à rétrécir et pourrait disparaître d’ici quelques dizaines d’années. En attendant, elle a une couleur grenat très contrasté, avec en dessous une petite tâche plus récente dont la teinte évolue vers le rouge…Alors à vos lunettes d’amateurs. 

*Une maison d’édition spécialisée dans les ouvrages de vulgarisation porte son nom https://store.cassini.fr

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