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C'est avéré : les femmes sont plus croyantes que les hommes (sauf pour deux religions...)
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Ipsum Esse

C'est avéré : les femmes sont plus croyantes que les hommes (sauf pour deux religions...)

A travers le monde et pour presque toutes les religions, les femmes sont plus pratiquantes et plus croyantes que les hommes.

C'est un cliché : les femmes sont plus croyantes que les hommes. Dans l'Antiquité, on pense aux figures de Sainte Monique, la mère de Saint Augustin, qui l'a poussé à la conversion, ou de Sainte Clotilde, qui a joué un rôle similaire auprès de Clovis. Sous la Troisième République, la gauche ne voulait pas donner le droit de vote aux femmes au motif que, étant plus catholiques que les hommes, elles mettraient la France sous le contrôle du Vatican. Pour le polémiste romain Celsus comme pour Voltaire, le meilleur moyen de rabaisser le christianisme était de dire que c'est une "religion de femmes". 

Hé bien, le cliché est avéré. Le Pew Forum, organisme américain d'études d'opinion à intérêt public, vient de produire une grande étude internationale sur le rapport des hommes et des femmes à la religion. Et à travers le monde, les femmes sont effectivement plus croyantes et plus pratiquantes, et ce non seulement chez les chrétiens, mais dans toutes les religions...sauf deux. Explications.

Une vraie différence entre les sexes

Dans 61 pays, il y a plus de femmes qui se disent appartenir à une religion que d'hommes. Mais de plus, les 131 pays qui restent, il n'y en a aucun où la différence est de plus de 2%, soit la marge d'erreur, et aucun où plus d'hommes disent appartenir à une religion de manière statistiquement significative.

De même, dans 43 pays, les femmes disent prier plus souvent que les hommes, et il n'y a qu'un seul pays où les hommes prient plus que les femmes.

Et on observe un effet similaire sur les personnes qui déclarent que la religion est "très importante" dans leur "vie quotidienne".

Les deux exceptions : l'islam et le judaïsme orthodoxe

Il y a toutefois deux exceptions à cette tendance : l'islam et le judaïsme orthodoxe. Comme on l'a vu ci-dessus, le seul pays au monde où les hommes prient plus que les femmes est Israël. Et contrairement à la tendance universelle, les pays où les hommes pratiquent plus régulièrement de manière hebdomadaire sont les pays à majorité musulmane. 

Mais même là, il faut nuancer l'image. En effet, à la fois dans l'islam et le judaïsme orthodoxe, le critère de "religiosité" sur lequel on voit la plus forte différence de genre est la pratique hebdomadaire. Or, dans ces religions ou les sociétés où elles sont pratiquées, les obligations hebdomadaires sont moins fortes pour les femmes. Par exemple, dans le judaïsme orthodoxe, il ne peut y avoir d'office sans la présence d'un minyan, ou un quorum de 10 hommes au moins. Dans l'islam, si les hommes sont obligés de faire leurs prières du vendredi collectivement à la mosquée, les femmes peuvent remplir cette obligation par la prière solitaire si elles le souhaitent. 

En effet, lorsqu'on regarde d'autres mesures de "religiosité", comme le fait de prier tous les jours, ou de considérer que sa religion est "très importante" dans sa "vie quotidienne", les hommes et les femmes musulmans reviennent à égalité (même si on ne retrouve pas le clair avantage féminin qu'on voit dans le christianisme). 

Pourquoi ? Personne ne sait

Mais pourquoi les femmes sont-elles donc plus croyantes et pratiquantes que les hommes ? Pour Pew, il y a "un consensus de plus en plus fort dans la communauté universitaire que les différences de genre dans la religion vient probablement d'une confluence de plusieurs facteurs", ce qui est une manière polie de dire que personne n'en sait rien. Beaucoup d'universitaires ont leurs théories : la biologie, la psychologie, les gènes, l'environnement familial ou social... Selon une théorie, les femmes auraient plus besoin de "sécurité existentielle" car elles seraient plus souvent en insécurité personnelle et sociale du fait de leur statut réduit. 

En tous les cas, maintenant on sait que le cliché est assez proche de la réalité, même si la réalité est, comme toujours, plus complexe.

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