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Coronavirus

Banlieues sous confinement : apocalypse zéro

Malgré les nombreuses craintes éveillées par les difficultés des premiers jours autour du respect des consignes de confinement, la situation dans les quartiers dits difficiles s’est rapidement calmée.

Xavier Raufer

Xavier Raufer

Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Dernier en date:  La criminalité organisée dans le chaos mondial : mafias, triades, cartels, clans. Il est directeur d'études, pôle sécurité-défense-criminologie du Conservatoire National des Arts et Métiers. 

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Depuis quelques jours, prophètes autoproclamés et oiseaux de malheur crient à l'imminente explosion des violences urbaines... l'insurrection finale des banlieues... L'embrasement des zones de non-droit.

Or dans la réalité concrète, ce qu'observe la criminologie de terrain diffère plutôt sévèrement de ces lubies ou hantises érigées en dogme.

Voici donc les faits criminologiques provenant exactement des secteurs en cause, transmis par des sources éprouvées, vérifiés auprès de contacts professionnels sérieux.

1 - Dans les zones hors-contrôle, les éléments juvéniles - pour les médias "jeunes des banlieues" ou "des quartiers sensibles", n'ont jamais subi quelque autorité que ce soit : familles absentéistes, profs lâches, quartiers garantis-sans-police. Mais dans leurs clans, [SOURCE DE TERRAIN] les toutes-puissantes mères hurlent à présent après les matches de foot et barbecues "Ta petite sœur enceinte… Tu es fou !!"). Donc, voyons si les initiales provocations dureront longtemps.

L'état de nature, la puérilité prolongée desdits individus, saute aux yeux de qui leur parle dix minutes : incapacité à rester en place... à fixer son attention... à différer ses attentes... Colères explosives (et sauvages) à la moindre contrariété.

Corps d'adultes, douze ans dans la tête.

Or là, qu'ils soient dans leur quartier ou en prison, un ordre les contraint - fait inouï dans leur vie ! Premier réflexe bien sûr, la rébellion : tout casser, agresser les keufs, etc.

2 - Mais si à domicile, maman commande, l'autorité majeure du quartier est celle de caïds dont le seul souci est de conserver ces trafics qui les enrichissent à millions d'euros.

Faits : ces caïds vendent désormais autant de cocaïne que de cannabis (herbe, résine). En février passé, saisie de trois tonnes de cocaïne à Marseille. Une de confisquée, une au moins qui passe, bien sûr. Or pour le demi-grossiste, caïd de cité (d'une centaine à une dizaine de kilos), le profit sur 3 tonnes de cocaïne vendues dans la rue 40 euros le 1/2 gramme est de 70 à 100 millions d'euros (détails à disposition des fact-checkers, bien sûr).

Assis sur ces magots énormes, les caïds ont donc tout le temps d'attendre que le calme revienne pour reprendre le trafic ; mais tout à perdre dans une apocalypse-banlieues qui finirait par être réprimée, malgré le peu d'appétit de Macron-Castaner pour la chose - perturbant donc "l'ordre criminel" du quartier.

3 - Émeutes : celles d'avant le 15 mars - exemple (Brunoy, 91), coupe-gorge des Hautes-Mardelles, flics caillassés, poubelles incendiées, etc., ont cessé depuis le 16 mars ; Plus rien depuis lors là, ni dans le bassin de Creil, ni dans l'essentiel du neuf-trois, etc. 

4 - Enfin, mathématiquement, la criminalité de voie publique s’effondrera : 

Rue vides ; ce, dans des quartiers sous vidéo-surveillance (là, elle est utile) :

     . qui agresser dans un désert ?

     . comment agréger une meute pour une rixe ?

     . comment "s'arracher" après un braquage ?

     . comment piller un magasin ?

Quand d'usage, on est noyé dans la foule - mais que là, on ne voit que vous, dans un paysage vide ? De plus :

     . qui cambrioler, quand les appartements sont bondés ? 

     . qui violer quand le soir, tout est désert ?

     . à qui voler son sac ou son portable, sans transports en commun bondés ?

À l'extrême-limite, cela se peut encore dans de rares zones hors contrôle - mais est toujours plus impraticable, confinement oblige, sur 95% du territoire métropolitain.

Fait, donc, statistiquement massif.

Les décisives semaines à venir nous éclaireront.

Apocalypse-banlieues ou pas ?

Après, viendra le temps de l'analyse et de la vérification des hypothèses.

Tout cela sera facile : les écrits (et vidéos) restent.

Nous en reparlerons.

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