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Au PS, les "frondeurs" bientôt losers

Dans notre système démocratique, des membres de la majorité peuvent critiquer mais pas s’opposer au gouvernement. Ceux qui s'engagent jusqu'au bout dans cette voie risquent de perdre leur investiture en 2017.

Yves Derai

Yves Derai

Yves Derai est éditorialiste à Atlantico. Chaque semaine, il écarte les lourds rideaux de velours des palais de la République pour nous en révéler les secrets.

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Il n’y a que dans la Bible qu’un géant est abattu par le jet d’un caillou sur le crâne. Dans la vraie vie, Goliath domine souvent David. Il y a quelques jours, la fronde des députés PS a été écrasée par le rouleau compresseur de Matignon piloté par un Manuel Valls plus déterminé que jamais à mettre en œuvre la politique de redressement économique initiée à l’Elysée. Après beaucoup d’agitation et de déclarations à l’emporte-pièces, les 41 députés récalcitrants ont voté mardi après-midi en première lecture le collectif budgétaire pour 2014 (PLFR). Un parlementaire socialiste me confiait il y a quinze jours "qu’avec Manuel aux commandes et le tandem Le Guen-Le Roux comme relais à l’Assemblée Nationale, les frondeurs ne tiendront pas longtemps". En vérité, il n’y avait même pas besoin de sortir le gourdin pour faire rentrer dans le rang les "frondeurs". Il suffisait de leur rappeler que s’ils mettaient en minorité le gouvernement, le président de la République serait obligé d’envisager la dissolution, pour calmer leurs ardeurs. Dans cette hypothèse, même si la droite n’est pas au mieux actuellement, elle l’emporterait facilement aux législatives et les "frondeurs" comme nombre de leurs collègues perdraient leur siège.

Malgré la déroute du début de semaine, ces mêmes députés rose vif continuent de se montrer menaçants à la veille du vote du Projet de loi de Finances rectificative de la Sécurité Sociale (PLFSSRR) qui, selon eux, favorisent trop les entreprises. Je peux prédire ici, sans grand risque de me tromper, qu’ils capituleront une fois de plus en rase campagne. Que veulent-ils en s’agitant ainsi, sachant par avance qu’ils ne pourront pas aller au bout de leur démarche ? Peut-être espèrent-ils que le duo de l’Exécutif, usé par ce harcèlement perpétuel, finira par tenter de diviser le groupe en faisant entrer les meneurs au gouvernement lors d’un prochain remaniement ? Pour connaître un peu la psychologie du fier catalan qui trône à Matignon, je suis à peu près certain que cette idée ne l’a pas effleuré. Prendre dans son équipe un homme ou une femme qui n’a cessé de s’opposer à lui reviendrait, à ses yeux, à encourager d’autres à reproduire ces comportements.

De la même manière que les Verts ont perdu en influence en quittant le gouvernement - on l’a vu à propos de la loi Alur-Duflot, détricotée par la nouvelle ministre du Logement Sylvia Pinel -, les 41 ne seront même plus écoutés s’ils s’entêtent dans cette stratégie de la confrontation systématique. Dans notre système démocratique, des membres de la majorité peuvent critiquer mais pas s’opposer au risque d’être marginalisés. En langage politique clair, cela veut dire que certains risquent de perdre leur investiture en 2017.

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