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Article 24 policiers forces de l'ordre législation

Le bloc-pol de Laurence Sailliet

Article 24 : la France se doit d’être à la hauteur de l’engagement de ses forces de l’ordre

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté en France ce week-end contre la proposition de loi de sécurité globale. L’article 24 du texte, adopté par l’Assemblée nationale vendredi, a été critiqué notamment par des journalistes, qui y voient de potentielles atteintes à la liberté d’informer.

Laurence Sailliet

Laurence Sailliet

Laurence Sailliet, ex-porte-parole Les Républicains, est chroniqueuse politique.

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Place du Trocadéro, samedi 21 novembre, de nombreux manifestants scandaient : « Flics, violeurs, assassins ! ». Il s’agissait d’un rassemblement contre le fameux article 24 pénalisant la diffusion malveillante d’images de policiers, à l’appel de syndicats de journalistes, de sociétés de rédacteurs et des associations Ligue des droits de l’homme et Amnesty France.

Très étrangement, le lendemain, les journaux qui relataient l’événement le faisaient avec beaucoup plus de poésie, qualifiant avec abondance ce rassemblement de « calme » et ne relevant que des slogans beaucoup plus « journalistiquement » corrects comme « Tout le monde veut filmer la police » ou « Policiers floutés, justice aveugle ». Lorsque l’on défend la liberté d’informer, ces oublis peuvent troubler mais évoquons l’excuse dominicale qui certainement est responsable d’un traitement médiatique si allégé.

Se sont donc retrouvés sur cette place, les habituels factieux animés par la haine anti-flics, des responsables politiques notamment de la France Insoumise et d’EELV toujours avides de racolage électoral et des journalistes que pourtant cet article 24 ne vise en rien.  Son écriture et notamment les précisions qui y ont été apportées lèvent toute ambiguïté sur le sujet. Et pourtant beaucoup d’entre eux feignent de ne pas le comprendre saisissant ainsi l’occasion de s’opposer par principe, par idéologie. Beaucoup d’entre eux mais pas tous. Évidemment certains manifestants étaient de bonne foi mais dans le malentendu.

Face à ce désordre qui ne sert personne et surtout pas les policiers, rappelons à chacun ce qui a motivé cette loi. Personne ne peut ignorer que la violence envers les policiers n’a jamais atteint un tel niveau. Caillassés, pourchassés, menacés, malheureusement pour beaucoup la peur a changé de camp. Il ne s’agit pas d’un désamour national, bien au contraire, 80% des Français disent aimer leur police mais une minorité armée d’une haine sans limite n’a de cesse de défier la police pour défier la République. Dans les manifestations, dans les quartiers sensibles, partout où l’occasion leur en est donnée, ils s’attaquent physiquement à nos forces de l’ordre armés de pavés, de mortiers et plus encore parfois, essayant de provoquer une riposte afin d’en tirer les meilleurs bénéfices aux yeux de l’opinion. Une nouvelle arme est à leur disposition : les réseaux sociaux. Ils permettent d’organiser de véritables traques, des chasses à l’homme, des fatwas en permettant la diffusion rapide et incontrôlée d’images, de vidéos bien souvent découpées, tronquées. Ils jettent la vindicte sur une cible qu’ils auront choisie, un policier qui aura agi dans le cadre de sa mission. 

En quelques heures, pour certains, leur vie peut basculer. Oui bien souvent ils ne sont pas les seuls visés mais leur famille aussi, leurs femmes, leurs maris, leurs enfants.  Rappelons d’ailleurs que ces derniers sont souvent très touchés par la violence à l’encontre de leurs parents au point de ne pas pouvoir énoncer fièrement : mon papa ou maman est policier ou policière, comme ce fut le cas si longtemps. « On va violer ta femme, on va s’occuper de tes enfants », voilà ce que l’on peut lire abondamment, combien de témoignages sur le sujet faudra-t-il pour convaincre ?

Pouvons-nous accepter encore qu’en France nous ne réprimions pas avec efficacité ce type d’agissements devenus si courants ? Qui comprendrait que nous ne soyons pas en capacité aujourd’hui de faire évoluer l’arsenal législatif en créant une incrimination spécifique adaptée à l’évolution des violences ? 

Courage, dévouement, intégrité sont les valeurs de la police nationale. Soyons à la hauteur de leur engagement pour nos concitoyens et notre pays.

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