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©DERRICK CEYRAC / AFP

On demande une boussole

Alerte à l’amnésie : Alain Juppé a conseillé à Emmanuel Macron de ne céder sur rien

Le maire de Bordeaux reste droit dans ses pantoufles. Les bottes, ce n'est plus pour lui.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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L'ancien Premier ministre a encore (pour combien de temps ?) l'oreille du président de la République. Et il lui répète qu'il ne faut en rien donner satisfaction aux Gilets Jaunes. Obéissant, Macron acquiesce. C'est pourquoi le chef de l'État proclame fièrement : "Jamais de recul". Et il ajoute courageusement : "Je maintiendrai le cap". Car c'est bien sûr clivant de dire : "Je maintiendrai le cap" que de dire "Je maintiendrai la hausse des taxes"…

Le cap ? On ne voit pas bien ce que c'est. On va où ? Avec qui ? Comment ? Ah, mais ça on ne sait pas. Vraisemblablement nulle part. On y va en naviguant à l'aveugle. Mais on y va de façon déterminée et sûre.

"Après moi le déluge", disait Louis XIV. Dans son poste de commandement de l'Élysée, le capitaine a bloqué le gouvernail. Bayrou lui demande de l'infléchir et d'envisager peut-être un moratoire sur les hausses de carburant. Mais pourquoi Macron écouterait-il cette chiffe molle ?

Les propos virils et guerriers de Juppé flattent son orgueil de chef. Juppé, Macron : des hommes, des vrais ! Ils en ont… Et ce n'est pas parce que 84% des Français soutiennent les Gilets Jaunes qu'ils vont battre en retraite. Plus leurs adversaires sont nombreux, plus ils se trouvent héroïques.

Il devrait quand même se trouver quelqu'un pour rappeler à Macron l'année 1995, annus horribilis, quand Juppé était Premier ministre. Il eut à ce moment-là à affronter une grève de cheminots qui paralysa la France avec le soutien massif de l'opinion publique. Juppé fut d'abord inflexible. "Jamais de recul !" déclara-t-il 23 ans avant Macron. Puis, ayant enlevé ses bottes, il capitula. 

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