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Aides sociales : pourquoi remettre en cause la prime d’activité n’est pas une bonne idée économique
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Aides sociales : pourquoi remettre en cause la prime d’activité n’est pas une bonne idée économique

Depuis plusieurs semaines, les déclarations se multiplient et la polémique enfle sur la réduction des aides sociales. Des annonces parfois contradictoires qui évoquent différentes pistes retenues par le gouvernement.

Gilbert Cette

Gilbert Cette

Gilbert Cette est  professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille. 

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Depuis plusieurs semaines, les déclarations se multiplient et la polémique enfle sur la réduction des aides sociales. Des annonces parfois contradictoires qui évoquent différentes pistes retenues par le gouvernement. Que pensez-vous de la nécessité de refondre ces aides ? Quelle seraient les priorités dans l'optique d'une refonte des différents systèmes ?

Gilbert Cette : Les minima sociaux sont en France nombreux et complexes. Il est indispensable d’en simplifier la carte. Ces minimas sont destinés à des publics souvent fragiles, et la complexité actuelle est pour eux un obstacle à leur compréhension. Déjà, la fusion de deux minimas sociaux en 2016, la prime pour l’emploi et le RSA activité, en un dispositif, la prime d’activité, a amorcé cette indispensable simplification. Mais il ne s’agit que du début du processus et cet effort de simplification doit être poursuivi. Des réflexions sont en cours et devraient aboutir dans l’année à des propositions.  

Gérald Darmanin a évoqué hier les aides qui doivent être revues pour "une meilleure incitation au retour à l’emploi", notamment celles qu'il qualifié de "trappes à l'inactivité"Selon vous, le dispositif de la prime d'activité est-il inefficace? Est-ce que le seul fait de refondre les différents dispositifs peut suffire pour rendre le système d'aides sociales efficace en matière de retour à l'emploi ?

 

La prime d’activité est un dispositif efficace pour lutter contre la pauvreté. Compte tenu de ses spécificités, il ne me semble pas qu’il alimente de façon drastique les « trappes à inactivité » comme le faisait le RMI il y a plus de 10 ans. Pour autant, des adaptations sont souhaitables pour trois raisons. Tout d’abord, comme indiqué précédemment, pour simplifier la carte des minimas sociaux en abaissant leur nombre. Cette fusion peut aboutir à des changements par rapport à la logique actuelle de la prime d’activité. Ensuite, pour les mettre plus en relation avec des priorités qui doivent être davantage explicitées. Par exemple, fait-on une priorité de la lutte contre la pauvreté des enfants ? Si oui, les minimas sociaux qui seront proposés doivent mieux porter cette priorité, en étant plus fortement déclinés selon la présence et le nombre d’enfants. Pour l’heure, les priorités ne sont pas assez explicites. Enfin, et comme l’a montré le dernier rapport du Groupe d’Experts sur le SMIC que je préside, une meilleure articulation devrait être recherchée entre les minima sociaux et le SMIC. Le SMIC n’est pas le bon outil pour lutter contre la pauvreté laborieuse, l’actuelle prime d’activité étant plus adaptée à cet objectif.

 

 

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