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Crédits Photo: Capture d'écran

On va où là ?

Affaire Zemmour : le CSA prend-il ses consignes auprès du CCIF ?

Sans doute pas. Mais il semblerait qu'il s'inspire beaucoup de ses fatwas.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le CSA est le garant de la sérénité de l'audiovisuel. Les membres de cet organisme respectable sont nommés par le président de l'Assemblée nationale, par le président du Sénat et par le président de la République. Selon les statuts du CSA ils prennent leurs décisions en toute indépendance. On veut bien l'admettre.

Mais le CSA n'est pas pour autant indépendant de la météo politique. Or celle-ci affiche sur son baromètre un temps d'orage pour la liberté d'expression. Il y avait déjà la loi Avia, liberticide et scélérate. Voilà maintenant que le CSA, sensible au vent qui souffle en tempête, se transforme en gendarme. Le procès qui, le 22 janvier prochain, aura Eric Zemmour comme accusé le montre assez bien.

Il lui est reproché d'avoir tenu à la Convention de la droite des propos incitant à la haine raciale et religieuse. Un procès de plus pour le polémiste qui doit aimer ça car là ou d'autres s'en prennent prudemment à l'islamisme lui attaque de front l'islam. Mais il n'est pas tant à plaindre que ça : un rendez-vous au tribunal et son audience sur CNews monte, une condamnation et elle monte encore…

L'intérêt de ce procès est donc ailleurs. Habituellement Zemmour fait l'objet de plaintes du CCIF, parfois du MRAP, et plus rarement de la LICRA. Mais cette fois-ci la distribution de la pièce a changé. C'est le CSA qui a signalé ses propos litigieux au procureur ! Les sages de cet organisme avaient adressé dans un premier temps un avertissement à LCI, coupable d'avoir diffusé en direct le discours de Zemmour. On veut bien considérer – ce qui ne vaut pas approbation – qu'ils étaient dans leur rôle. Ca ne leur a pas suffi. Ils ont donc signalé au procureur l'infraction supposée (le procès n'a pas encore eu lieu…) de Zemmour. Ce qui n'était pas vraiment nécessaire : un procureur peut se saisir lui-même d'un délit qu'il constate.

Le zèle du CSA est pour le moins étrange. Une seule explication possible : la bourrasque qui souffle. Et quand le vent est fort le CSA fait comme le roseau : il ploie et se couche. Ce qui m'amène pour cette raison à ne plus vouloir payer ma redevance audiovisuelle. D'ailleurs je n'ai plus de télé car elle m'a été volée. J'ai écrit au CSA pour que l'un de leurs grouillots vienne le constater. Personne n'est venu. Sans doute sont-ils tous mobilisés pour s'occuper de Zemmour. Je lui en veux à mort ! 

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