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Partir en vacances avec des enfants qui ne sont pas les vôtres n'est pas toujours facile à gérer.
Partir en vacances avec des enfants qui ne sont pas les vôtres n'est pas toujours facile à gérer.
©DR / De l'autre côté du lit

Pièce rapportée

A quoi occuper les enfants en vacances : 5) Quand ce ne sont pas les vôtres

Partir en vacances avec les enfants de son conjoint, son neveu, sa nièce ou encore un copain d'école de votre enfant n'est pas toujours chose aisée. Mieux vaut en avoir conscience. Cinquième épisode de notre série "Comment occuper vos enfants en vacances".

Edwige Antier

Edwige Antier

Pédiatre et mère de famille, ancienne interne des Hôpitaux de Paris, diplômée en psychopathologie, Edwige Antier exerce la pédiatrie depuis trente ans. Connue pour son travail de députée à l'Assemblé nationale pour la protection des enfants, elle a déposé la proposition de loi contre les châtiments corporels et a contribué à l'élaboration de la loi contre la violence faite aux femmes. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, dont L’Enfant de l’Autre (2003, Robert Laffont) et Sois poli, dis merci (à paraître chez Robert Laffont jeudi 11 septembre 2014), et exerce la pédiatrie à Paris.

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Atlantico : Souvent en vacances les adultes partent avec des enfants qui ne sont pas les leurs : enfants d'amis, neveux, nièces, enfants du conjoint... Comment bien gérer la période estivale avec ces enfants là ? Faut-il aborder les activités différemment lorsque ce ne sont pas nos enfants ?

Edwige Antier : Oui, on emmène un copain de son enfant parce qu’ainsi, il s’ennuiera moins ; et l’enfant (ou les) de notre compagnon parce que c’est sa période avec ses enfants. Mais ce n’est pas la même ambiance : le copain de votre enfant peut être adorable ou irritant, c’est le copain de la chaire de votre chair, vous aurez une indulgence naturelle… L’enfant "de l’autre", c’est l’enfant de sa vie précédente : quelles que soient vos bonnes dispositions, si vous ne vous êtes pas préparé psychologiquement, l’atmosphère risque vite de devenir électrique !

Dans notre société, de nombreuses familles sont des familles recomposées. Comment proposer une activité à un enfant qui n'est pas le sien ? La pédagogie est-elle différente ? Si oui, pourquoi ?

Dites-vous d’abord que, quoi qu’il vous en coûte, cet enfant est venu pour passer du temps tranquille avec son père (ou sa mère). Les enfants me disent souvent ce mot : "tranquille". Ils veulent par exemple vraiment se retrouver de père à enfant, et vous êtes une pièce rapportée, peut-être détesté par sa maman, l'ex-compagne de votre conjoint ? Vous voir marcher devant, en promenade la main dans la main avec son père, devoir respecter vos siestes… c’est très douloureux. Donc laissez votre compagnon choisir les activités en fonction de son enfant (même si vous n’êtes pas d’accord), soit vous suivez, soit vous en profitez pour chiner, bouquiner de votre côté… Par ce respect de leur complicité, vous serez adopté(e).

Quelle position doit adopter la belle-mère ou le beau-père, pour éviter les conflits surtout pendant  les vacances : autoritaire ou non ? Avons-nous tendance à être dans la "séduction" avec les enfants des autres (par exemple en les gâtant davantage pour éviter les conflits) ?

Vous ne pouvez pas le (la) "commander", ce n’est pas votre enfant, vous n’êtes pas légitime à donner des ordres. La séduction s’épuisera vite, l’enfant en sentira l’aspect forcé. C’est le respect de l’enfant qui vous protégera de conflits épuisants. Réfléchissez que ce n’est pas évident pour lui, se retrouver avec un père amoureux d’une autre que sa mère. Tant pis pour les démonstrations amoureuses, évitez. Dites-lui : "Dis-moi si tu as envie d’être seul avec papa, pas de problème !" Mais ne le gâtez pas spécialement, tout en comprenant qu’il a besoin de petits plaisirs : un journal de Mickey, un petit coquillage pour sa maman... Ne critiquez jamais son père "qui lui passe tout" ni sa mère "qui devrait couper le cordon". Ce n’est pas votre affaire !

Les activités que l'on fait avec ses enfants et celles que l'on fait avec les enfants de son partenaire sont-elles les mêmes ?

Non, ce ne sont pas les mêmes activités parce que chacun a son éducation. Pour ne pas devenir chèvre avec différents programmes, laissez votre compagne (ou compagnon) choisir pour son enfant et vous pour le vôtre. Personne comme le parent lui-même sait ce qu’il faut pour son enfant…

Quels sont les enjeux lorsque l'on part en tant que famille recomposée ? En quoi cette période est-elle propice aux rapprochements familiaux ?

J’espère que vous réservez vos ébats amoureux pour des moments sans les enfants et que vous êtes disponibles pour eux. Le danger, c’est d’inviter un copain de l’enfant de l’autre en se disant qu’ainsi, il sera occupé, vivra sa vie et vous laissera un peu tranquille en couple. Danger parce qu’à l’adolescence, il ne pourra plus se passer des copains, se lèvera tard, rentrera tard et deviendra un étranger qui vit en bade ! Mieux vaut se consacrer à son bien-être avec vous, pour qu’il vous adopte, et qu’il vous réclame ! Une grande victoire pour toute une vie devant vous !

Propos recueillis par Manon Hombourger.

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