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On prend des risques psychologiques lorsque l'on ne s'arrête pas de travailler.
©Reuters

Burn-out

365 jours sans vacances : voilà l’impact pour votre santé

Les vacances constituent un changement d'activité physique et cérébrale. On y entretient un autre rapport à la vie, un autre état d'esprit. On en profite pour se remettre au sport ou encore arrêter de boire 6 cafés par jour. Aussi, priver le corps de cette pause salvatrice peut être dommageable.

François Baumann

François Baumann

François Baumann est médecin généraliste, fondateur de la Société de Formation Thérapeutique du médecin Généraliste (SFTG). Intéressé par toutes les dimensions des Sciences Humaines et Sociales qui participent à une meilleure santé des hommes, il a publié de nombreux ouvrages sur ces thèmes. Il est également enseignant à l'Université Paris V et membre du comité Scientifique International de l'UNESCO (département de Bioéthique).

Il est auteur de Burn Out : quand le travail rend malade, paru aux éditions Josette Lyon. "Après le burn-out" sort en librairie le 30 septembre 2015. En janvier 2016, il publiera également "Le bore-out, quand l'ennui au travail rend malade".

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Atlantico : En ne prenant pas de vacances, on se priverait d'un "nettoyage annuel" et d'une déconnection bienheureuse pour notre corps. Quels sont les impacts physiques de cette absence de coupure ? N'est-ce pas au final un passage salvateur quasi-obligé ? 

François Baumann : Les vacances représentent un moment privilégié de "ressourcement" à la fois physique et mental. C'est une sorte de nettoyage à la fois du cerveau saturé d'informations et de responsabilités, et du corps qui peut retrouver par les modifications de régimes et d'activités, une nouvelle vitalité.

En l'absence de ce passage "en vacances "- rappelons que "les idées de vacances sont liées à la vacance des idées" et que l'absence de coupure tant psychique que physique est préjudiciable ; le corps - dont le cerveau fait partie - a besoin de ces changements pour se reformater, pour trouver une nouvelle énergie et un nouvel élan. Il ne peut le faire que dans le mouvement et l'action diversifiés des vacances, même non "sportives". Ce passage salutaire est indispensable dans notre monde de stress. Sans lui, la "machine" va surchauffer et risquer l'implosion comme on peut le voir dans le burn-out. Mais à l'autre extrème, l'ennui au travail ou bore-out, tout aussi destructeur, va se voir atténué par la diversité des activités que proposent, en général, les vacances. En se situant du strict point de vue de la santé des individus, les "vacances " sont donc indispensables.C'est bien un passage salvateur obligé. C'est le grand nettoyage d'été indispensable pour retrouver de l'énergie pour l'année!

Vous êtes un spécialiste du burn-out. Quels sont les risques psychologiques que l'on prend lorsqu'on ne s'arrête pas de travailler ? 

On prend des risques psychologiques lorsque l'on ne s'arrête pas de travailler. On risque en effet le burn-out, ou souffrance au travail, par stress et surmenage. Même si l'on ne le ressent pas immédiatement, le stress nous use et à terme peut nous rendre gravement malade, et pas seulement psychologiquement. Il est l'ennemi principal contre lequel il faut lutter, car avec le burn-out, c'est l'incapacité de toute activité qui guette et pour une durée bien supérieure à celle des vacances habituelles. Ne pas prendre de vacances alors que l'on aura travaillé toute l'année est donc un risque important pour le psychisme. Cela entraîne aussi une diminution de la vigilance au travail et par la fatigue induite, des risques de troubles physiques et de dépression nerveuse. Le physique, comme le moral, a besoin de se ressourcer.

Pendant combien de temps garde-t-on les bénéfices des vacances actifs ? Est-ce au final une bonne affaire pour l'entreprise que de voir ses salariés partir en vacances ?

Si les vacances sont "réussies", c'est durant plusieurs mois que les effets du changement d'activité se feront sentir, et ce, d'autant plus que l'on poursuivra en rentrant les sports ou les activités que l'on aura commencé en vacances : jogging, natation, gym, etc ...

Avoir des salariés en excellente forme physique et psychique est donc de l'intérêt évident de l'entreprise. C'est une énergie neuve et efficace qui se reforme ainsi avec, sans doute, de meilleures relations "déstressées " entre les individus. Une énergie qui pourra durer toute l'année si on veille de part et d'autre à son entretien. C'est donc bien une bonne affaire pour l'entreprise (et pour les salariés), que de favoriser des vacances sportives et/ou intellectuelles, dans les conditions raisonnables pour la bonne marche du travail.

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