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Crédits Photo: Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Il faudra encore attendre

3-2 pour Nantes/ PSG : la défaite dans la peau

Avec une équipe totalement remaniée, les joueurs du PSG sont encore passés à côté de l'occasion de rafler le titre de champion de France.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Si ce matin ils comptent toujours 17pts d'avance sur Lille, ils devront toutefois battre Monaco dimanche prochain (si Lille ne domine pas Toulouse), pour être sacrés.
 
Le Paris Saint Germain est un club vraiment particulier. Un club qui ne semble pouvoir s'adapter qu'au bonheur... Au malheur et à ce qu'il peut enseigner, jamais. Bon, on avait bien remarqué le point de bascule que constituait la catastrophe vécue au Parc de Princes, en Ligue des Champions... Mais comment aurait-on pu imaginer qu'une telle cascade de problèmes et qu'une pareille déconfiture allaient en découler ? Depuis que les doutes, la nervosité, et l'amertume se sont peu à peu installés dans le quotidien du club, c'est bien simple, ça fuit de partout. Les têtes flanchent. Les corps craquent. Hier soir, pour la troisième fois de suite, les Parisiens, exsangues et décimés par les blessures, avaient la possibilité de décrocher officiellement un titre de champions de France qui leur tend les bras depuis plusieurs semaines. A une seule condition, celle de la victoire.
 
Mais contre un FC Nantes qui n'avait pas encore assuré son maintien dans l'élite et un PSG présentant un effectif proche de son équipe C, on se doutait bien que l'affaire n'aurait rien d'une promenade de santé. Et des petites sueurs d'angoisses perlèrent du front des supporters les plus optimistes lorsqu'ils comprirent que Choupo-Moting (l'inventeur génial du sauvetage contre son camp) remplaçait un Mbappe laissé finalement au repos par son entraîneur.
S'il faut savoir lire un roman entre les lignes, il faut aussi savoir regarder un match entre les images. Certes, le PSG a perdu... Mais de quel PSG parle-t-on ? Pas du meilleur, assurément. Car avec une composition comme celle-là, on ne peut faire peur à personne. Celle-ci étant une simple addition du peu qu'il reste d'un effectif mal construit, insuffisant dans sa qualité comme dans sa quantité. Oui, même pour le Paris Saint Germain, faire les fonds de tiroirs n'est pas commode. Hier soir, il aura finalement manqué un peu de tout mais surtout de la connivence, de l'expérience, des automatismes et beaucoup d'agressivité aux joueurs de la capitale. Des Parisiens qui auront, malgré la superbe ouverture du score de Daniel Alves (19ème minute), subi durant toute la rencontre l'engagement et l'envie des Nantais. Après les cinq buts encaissés à Lille, les trois d'hier soir plombent une fin de saison qui ressemble désormais à un long gémissement. Il est inutile de détailler ici le doublé de Carlos (22ème et 52ème), le but de Waris (44ème) ou le premier but en carrière du jeune Parisien Guclu (89ème. Venons-en tout de suite à l'important. Non seulement le titre n'a pas été célébré hier soir, mais on peut même penser que la fête, qui adviendra tout ou tard, sera un peu triste. Une fête ou une cérémonie d'adieux, c'est selon. Il est évident qu'un profond renouvellement de l'effectif semble inévitable car, à tort ou à raison, la défaite colle à la peau de certains cadres de l'équipe. Et ce n'est pas un détail. A partir du moment où les choses sont perçues comme vraies, leurs conséquences le sont. Dans un autre ordre d'idées, la lutte de pouvoir entre Tomas Tuchel et son directeur sportif, Antero Henrique, continue de faire des ravages. Un Tuchel dont on découvre finalement les deux visages: charmeur quand tout va bien et clivant lorsque les choses tournent au vinaigre. Aujourd'hui, sportivement et médiatiquement, l'entraîneur Allemand est clairement affaibli... et on peut presque s'étonner de le voir conserver sa place dans le contexte actuel. Gageons que certains de ses prédécesseurs apprécient. L'année du Paris Saint Germain est désormais aussi longue que la liste de ses problèmes. Les affaires liées au fichage ethniques, les blessures des cadors, le recrutement raté (Choupo, Paredes, Kerher sont des choix de Tuchel), les passe-droits accordés à Neymar (vous savez, celui qui porte des lunettes de soleil pour qu'on le reconnaisse) et les défaites traumatisantes ont plombé l'enthousiasme des plus enjoués. Résultat, la saison qui était partie sur les chapeaux de roues ressemble de plus en plus à une grève de la fin.
 
Quoiqu'il en soit, les coachs ont beau se succéder, les complications persistent. Et à chaque conflit reviennent les mêmes questions: que fait la présidence ? qui est le taulier ? Au delà de toutes ces difficultés, il est permis de questionner la base même du projet: peut-on raisonnablement faire d'un club de football un outil géostratégique ? 
Dimanche prochain, le cirque médiatique itinérant qu'est le PSG recevra l'AS Monaco avec le secret espoir de pouvoir enfin célébrer le titre à la maison. Mais avec quel effectif ? Et dans quelles dispositions ? Ces temps-ci, au Paris Saint Germain, si la roue tourne, c'est sur elle-même.

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