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Ne se prononce pas

2012 : A qui profite l’abstention élevée ?

Un récent sondage Ifop indique que le taux d'abstention au premier tour de la présidentielle pourrait atteindre 29%. Un taux plus élevé que d'ordinaire...

Jérôme Sainte-Marie

Jérôme Sainte-Marie

Jérôme Sainte-Marie est président de la société d'enquête et de conseils PollingVox.

 

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Atlantico : Selon un sondage Ifop réalisé les 15 et 16 mars, le taux d'abstention pourrait atteindre 29% au premier tour. Confirmez-vous ces chiffres élevés ?

Jérôme Sainte-Marie : Il est très difficile de mesurer l’abstention, notamment lorsque l’on ne se trouve pas juste avant l’élection, au moment où les électeurs ont fait leur choix.

Toutefois, chez CSA, on observe qu’il n’y a clairement pas de progression nette d’intérêt pour la campagne. Aujourd’hui, 68% des électeurs se déclarent intéressés par la campagne. Ce chiffre évolue entre 68 et 72% depuis le début de la campagne. Le record a été atteint à 73% d’intérêt début janvier. Cela donne une idée assez bonne de l’abstention.

En 2002, l’intérêt a décru en fin de campagne. En 2007, il a augmenté de façon continue. Pour cette campagne, il reste stable à un niveau médiocre. Peut-être l’affaire de Toulouse a-t-elle cassé le rythme ? En tout cas, à la même période en 2007, l’intérêt s’élevait ainsi à 79% d’intérêt pour la campagne, soit 10 points de plus qu’aujourd’hui.

Comment peut-on expliquer un tel niveau d’abstention ?

Les électeurs ont moins de craintes qu’en 2007. Ils ont aussi moins d’espérance. Il faut dire que l’offre est aujourd’hui plus connue : Nicolas Sarkozy plaît ou déplaît, mais les gens le connaissent. François Hollande ne suscite aucune frayeur (alors que Ségolène Royal faisait peur à un électorat plus important). Par ailleurs, les candidats ne suscitent guère d’enthousiasme : leurs promesses restent peu nombreuses.

Les deux tours ont lieu pendant les vacances scolaires. Cela peut-il jouer en défaveur d’une forte mobilisation ?

Cela ne jouera certes pas positivement, car il vaut mieux être proche de son domicile pour pouvoir voter, mais cela ne devrait avoir qu’une influence marginale. Ce sera sans doute plus marqué pour les CSP+ que pour les classes populaires qui ne peuvent pas partir en vacances.

En ce qui concerne le second tour, c’est quasi mission impossible de prédire le taux d’abstention. Cela dépendra beaucoup des résultats du premier. On peut toutefois observer que 56% des électeurs ont indiqué vouloir voter Sarkozy ou Hollande dès le premier tour. Cette élection est donc déjà polarisée. Par conséquent, le vote de second tour devrait se rapprocher en termes de participation sur celui du premier.

Peut-on parler pour cette élection d’une abstention contestataire ?

Je ne pense pas. Les principaux partis politiques français sont représentés. Le fait que Jean-Luc Mélenchon mobilise des suffrages devrait justement limiter l’abstention contestataire. L’abstention me semble donc davantage le fait d’un manque de craintes, que motivée politiquement.

Qui pourrait bénéficier de cette forte abstention ?

Une abstention élevée bénéficierait plutôt à François Bayrou et Nicolas Sarkozy qui touchent davantage l’électorat âgé, diplômé, intégré socialement.. Cet électorat se déplace davantage aux urnes que l'électorat de gauche. Ainsi, c'est sans doute François Hollande qui devrait subir un taux élevé d'abstention.  

Pourquoi ne cherche-t-il donc pas à mobiliser davantage les électeurs ?

Le vote utile peut jouer. Il sera toujours temps de lancer ce type de message prochainement. François Hollande est en tête dans les sondages, et ne s’est donc pas encore lancé dans cette stratégie.

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