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Les autorités chinoises "réfléchissent" à la construction d’une ligne ferroviaire qui rallierait l'empire du milieu et les Etats-Unis.
©Reuters

Un coup de com’ ?

2 jours pour relier la Chine aux Etats-Unis en TGV : le projet fou et pourtant réalisable de Pékin

Technologiquement faisable mais économiquement fantaisiste : le dernier projet à l'étude des autorités chinoises – une liaison ferroviaire entre le Chine et les Etats-Unis – illustre, une nouvelle fois, la passion de la Chine pour la démesure.

C’est un projet un peu fou, un de ceux dont raffolent la Chine et les Chinois et dont vous pouvez avoir quelques exemples ici, ou encore . Celui-ci semble pourtant aller bien au-delà de ce qui a déjà été envisagé. Comme le rapporte le site du quotidien chinois du Beijing Times, dans un article mis en ligne le 12 mai, les autorités chinoises "réfléchissent" à la construction d’une ligne ferroviaire à haute-vitesse qui rallierait l'empire du milieu et les Etats-Unis.

Un périple de plus de 13 000 kilomètres, à travers l’est de la Chine, la Sibérie, l’Alaska, le Canada pour finalement rallier les Etats-Unis. Pour franchir le détroit de Bering, principal obstacle sur le tracé, les experts chinois envisagent la création d’un tunnel dont la longueur avoisinerait les 200 kilomètres, soit 4 fois la longueur du tunnel sous la Manche, l’un des plus longs au monde.

Pour Alain Bonnafous, professeur émérite de l’Université Lumière-Lyon2 et chercheur au laboratoire d’économie des transports, le problème de cette ligne n’est pas tant technologique qu’économique : "Technologiquement, il n’y a priori pas de raison de limiter un tunnelier à 50 km [la longueur du tunnel sous la Manche, ndlr], en revanche, l’aspect coût/efficacité me semble complètement fantaisiste", explique-t-il, tout en soulignant qu’il est difficile de se prononcer précisément sur le projet, aucune étude technique n’ayant été publiée.  

De son côté, The Atlantic chiffre a plus de 200 milliards de dollars la construction de cette ligne, dont un quart serait englouti rien que pour la construction du tunnel. Alain Bonnafous tranche : au regard de la distance, "c’est absolument impensable que le train puisse être concurrentiel de l’avion." Autre élément qui joue en la défaveur de la ligne ferroviaire : le temps. D’après une estimation du quotidien britannique du Guardian, même à 350km/h le trajet prendrait… plus de deux jours.

Le chercheur français glisse alors une hypothèse sur ce projet démesuré : et si c’était un coup de com’ des autorités chinoises ? "Quand j’ai entendu parler du projet, je me suis tout de suite dit qu’il y avait un côté fantaisiste [...] C’est peut être une manière de construire une image, de frapper les esprits, de faire entrer dans les têtes qu’on fait des choses que les autres ne peuvent pas faire”, conclut-il.

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