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Crédits Photo: Thomas SAMSON / AFP

L'heure du choix

15 fois plus de pollution sur un quai de RER que dans une rue parisienne : quel est le mode de transport le moins mauvais pour votre santé ?

Plusieurs études ont révélé que le métro et les quais du RER peuvent être quinze fois plus pollués que les rues de la capitale.

Olivier Razemon

Olivier Razemon

Olivier Razemon est l’auteur du blog « L’interconnexion n’est plus assurée », spécialisé dans les transports, l’urbanisme et les modes de vie. Il a également publié plusieurs ouvrages aux Editions de l’Echiquier : Comment la France a tué ses villes (2016), Le pouvoir de la pédale (2014), La tentation du bitume (2012) et Les transports, la planète et le citoyen (2010).

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Atlantico : Plusieurs études ont révélé que le métro et les quais du RER peuvent être quinze fois plus pollués que les rues de la capitale. Les souterrains sont en effet envahis par la pollution extérieure et contiennent des niveaux élevés de particules fines, principalement liée à l’usure des pneus et du système de freinage. Finalement, quel est le moyen de transport le moins risqué ?

Olivier Razemon : Tous polluants confondus, l’exposition la plus élevée à la pollution reste la voiture, tant pour les automobilistes que pour les autres, suivie par le bus, le vélo, le métro, le tramway et la marche et à pied*. Il faut cependant modérer les niveaux d’exposition selon le contexte. L’exposition sera moins élevée, même en voiture, si le conducteur circule dans des rues à faible trafic (rue à sens unique) ou en trafic fluide, que s’il est arrêté sur le périphérique dans les embouteillages. A vélo, la situation est très contrastée. Elle peut être proche de l’exposition en voiture ou, au contraire, être similaire à celle d’un piéton. Tout dépend de l’itinéraire emprunté, des niveaux de pollutions selon les quartiers (à Paris, pédaler sur les voies sur berges est moins risqué que Boulevard Sébastopol…), des heures de circulation et du trajet, selon qu’il est plat ou accidenté, selon les obstacles et la fréquence des arrêts qui multiplient les efforts.

L’idée selon laquelle les bénéfices physiques du vélo et de la marche dans une ville polluée seraient annulés par la pollution est-elle vraie ?

Non, car contrairement aux idées reçues, pédaler dans les métropoles polluées reste bénéfique pour la santé* ! À Paris, il faut 8 heures de vélo dans la journée pour que l’effet bénéfique soit annulé par la pollution. En revanche, les jours de pic de pollution, seulement 45 minutes suffisent pour inverser les effets. Il faut toutefois éviter certaines pratiques, ne pas forcer l’effort par une conduite « sportive », contrôler son souffle, limiter les redémarrages etc., Par ailleurs, on oublie de dire que les deux-roues motorisés ont des émissions polluantes bien plus élevées, surtout pour les particules fines, que les véhicules essence et diesel de dernière génération. Pourtant, ils ne sont pas concernés par les mesures appliquées aux automobilistes…

La voiture reste de loin le mode de transport le plus polluant. Néanmoins, elle demeure encore indispensable. Des solutions visant à diminuer les émissions, comme le concept de « ville 30 », ont déjà été adoptés dans une dizaine de pays européens. Quels sont les bénéfices sanitaires de ce système ?

La voiture n’est pas indispensable pour tous les trajets. En outre, la réduction de la vitesse maximale en zone 30 – le 50km/h devenant l’exception – permet de limiter les émissions polluantes. Mais les études se limitent trop souvent à la seule mesure des gaz polluants. L’abaissement des vitesses entraîne aussi une modification des usages. Une ville en zone 30 sera moins encombrée par le simple fait qu’elle décourage certains automobilistes, qui se reportent vers des commerces et services plus proches de leur lieu d’habitation. De même, ces zones de circulation « apaisée », encouragent les gens à choisir le vélo car elles facilitent la cohabitation des transports, limitent les conflits, les accidents et sont donc moins anxiogènes.

Ces nouvelles modalités ne sont-elles pas réservées à un certain type de villes ?

Pas forcément, tout dépend de la configuration des lieux, de la densité de l’habitat, de l’offre de commerces et de services. Paris et les grandes métropoles constituent des villes exceptionnelles de ce point de vue, mais certains quartiers pavillonnaires offrent suffisamment de choix pour privilégier la marche et le vélo, et c’est vrai aussi à la campagne, où l’on trouve une offre de proximité, contrairement à ce que les citadins imaginent !

*Données Airparif www.airparif.asso.fr

** Etude du Centre de recherche de l’Université de Cambridge (2016) www.sciencedirect.com

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