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Overdose

10 000 morts par an dus à un mauvais usage des médicaments : pourquoi la France a un sérieux problème de culture médicale

Mal dosés, mal associés ou tout simplement utilisés à tort et à travers, les médicaments tuent. C'est ce qu'affirme le Collectif bon usage du médicament dans son rapport publié le 22 mars 2018.

Sauveur Boukris

Sauveur Boukris

Sauveur Boukris est médecin généraliste.

Enseignant à Paris, il participe à de nombreuses émissions de radio et de télévision sur les questions de santé. Il est l'auteur de plusieurs livres médicaux dont "Santé : la démolition programmée", aux Editions du Cherche Midi.

Il a écrit  "Médicaments génériques, la grande arnaque" aux Editions du Moment.

Son dernier livre s'intitule "La fabrique des malades" aux Editions du cherche midi.

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La publication de nombre de décès (10 000 par an) du a la mauvaise utilisation des médicaments n'est pas un phénomène nouveau. Déjà il y a plus de 10 ans j'avais alerté l'opinion et les pouvoirs publics de cette situation par mon dernier ouvrage Ces médicaments qui nous rendent malades paru aux éditions du Cherche Midi. Par conséquent la situation n'est pas nouvelles. Cette situation s'explique par plusieurs raisons : 

Tout d’abord, les Français sont de grands consommateurs de médicaments car en tant que population latine, ils ne supportent pas la douleur et souhaitent toujours une réponse immédiate à leurs symptômes. 

En second lieu, les médecins ont bien souvent des réflexes d 'automatismes, faute de temps. Bien souvent les consultations se terminent par des ordonnances rédigées de façon systématique. 

Enfin les laboratoires pharmaceutiques, forte industrie mondiale, poussent à la consommation par l’intermédiaire de la visite médicale, des congrès médicaux et les leaders d'opinion. Tous ces mécanismes contribuent à une surconsommation de médicaments, facteur d'effets indésirables nuisibles, parfois mortelles. C'est surtout l’association de plusieurs médicaments qui peuvent entraîner ces décès. 

Par rapport à d'autres pays européen le médecin français prescrit 4 à 5 médicament par ordonnance, contrairement au médecin hollandais ou allemand qui en prescrit 2 ou 3 par ordonnance. 

Comment parvenir à la normalisation de cette situation ? Il est important d'expliquer à la population qu'il existe toujours des solutions alternatives à la médication et il faut préconiser d'autres thérapeutiques : kinésithérapie, homéopathie, phytothérapie, hypnose, régimes alimentaires...

Des campagnes de sensibilisations grand public peuvent avoir un impact comme celle « les antibiotiques ne sont pas automatiques » qui a permis une réduction de 30%. 

Par ailleurs, c'est surtout chez les personnes âgées de plus de 75 ans qui sont les plus grands consommateurs de médicaments et qui associent plusieurs médicaments. Dans cette tranche d'âge il faut préconiser la décroissance médicamenteuse, en particulier dans les établissements hospitaliers ou dans les EPHAD, là il y a véritablement un effort à faire.

Enfin les accidents médicamenteux sont un véritable problème de santé publique et il faut que les pouvoirs publics assurent un contre-pouvoir face à la puissante industrie du médicament et éviter un conflit d’intérêt entre les experts rémunérés par l'industrie pharmaceutique et ceux qui sont membre d’institutions donnant les AMM, les prix des médicaments, etc.

Le médicament est un bien sociétal et ne doit pas être un produit de consommation comme un autre.

 

 

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