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©Glyn KIRK / AFP

Limites du possible

Quel serait le record ultime que pourrait battre un champion au 100 mètres ?

Les courbes suivies par des champions comme Carl Lewis ou Usain Bolt rendent les perspectives d'une limitation des performances sur une épreuve fixe comme le 100 mètre terriblement difficiles...

Jean-Cyrille  Lecoq

Jean-Cyrille Lecoq

Jean-Cyrille Lecoq est psychologue du sport, coach et préparateur mental. 

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Atlantico : Dans l'épreuve-reine de l'athlétisme, le record du monde du 100m est détenu par Usain Bolt depuis 2009 et ses 9 secondes et 63 centièmes. Après 10 ans sans qu'il ne soit battu, avons-nous atteint un stade ou sommes-nous proches d'un record absolu ? 

Jean-Cyrille Lecoq : Lorsque l’on regarde au siècle dernier les courbes prédisant la baisse du chrono sur le 100, on constate qu’avec Carl Lewis puis Usain Bolt qu’ils représentent des éléments non prévus par ces prévisions. On peut s’attendre alors encore à une autre évolution car il ne faut pas oublier que ceux sont les athlètes qui font évoluer ce sport et bien souvent des sportifs atypiques. On est passé de la technique du haricot avec Jessie Johnson, puis la technique de la griffe avec Carl Lewis et enfin avec Usain Bolt on à une évolution sur le physique de l’athlète qui permet de passer plus de temps dans l’air que sur le sol car ses foulées sont très amples.
Le physique d’Usain Bolt fait plus penser à un joueur de basket ball que de sprinter. On peut donc imaginer l’arrivée d’un athlète qui sera encore plus aérien que terrien pour repousser le chrono sur 100 mètre.

Comment expliquer l'amélioration de ces performances ? L'entraînement et le matériel sont-ils les seuls facteurs en jeu ou le corps humain évolue-t-il également ?

Le matériel que ce soit la piste, piste en terre puis renonce, apparition des starting-blocks, les chaussures avec les pointes, les vêtements ont permis de baisser le chrono. La partie physique et en particulier la préparation physique permis de repousser les limites vient s’ajouter le rôle de la biomécanique et de la diététique  qui vont permettre de repousser les limites encore. Car il y a des paramètres nouveaux qui apparaissent à savoir la chaleur, l’humidite et l’organisme humain va devoir s’adapter et se developper.

Vient s’ajouter aussi la partie mentale dont l’enjeu est multiple : être prêt le jour j, savoir manager la pression,ses émotions, être capable d’être dans le Flow, l’état de grâce pendant toutes la durée de la compétition ou seulement le jour. On ne sait toujours pas comment une personne va réagir devant des milliers de spectateur et téléspectateurs malgré les simulations qui deviennent de plus en plus proches de la réalité.

Le contexte  - facteurs extérieurs, environnement voire dopage... - participe énormément aux performances. Peut-on donc définir une limite "indépassable" ? 

Je crois qu’il est erroné de vouloir poser une limite indépassable car la caractéristique de l’homme est son adaptation qui s’appuie sur lui-même et son environnement. En effet,on peut constater que la population mondiale grandit donc on peut imaginer un athlète ayant des segments encore plus grand qu’Usain Bolt. Pourquoi pas imaginer une personne qui serait capable d’utiliser l’électricité de son corps et se déplacer comme Flash ? Mais on peut aussi être sur que l’on va découvrir d’autre matériaux pour la piste mais aussi pour les chaussures. En résumé, l’homme est toujours dans la quête de son amélioration c’est pourquoi il est préférable de mettre de cote cette idée de limite indépassable et de garder en mémoire la phrase favorite de Buzz l’eclair :” vers l’infini et au delà!”

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