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©BILL GREENBLATT / AFP

Succès planétaire

"Le jeu de la dame" : la série qui fait exploser le nombre de nouveaux joueurs d'échecs

La série "Le jeu de la dame" (The Queen's Gambit), sur Netflix, a braqué les projecteurs sur cette discipline qui avait déjà profité du premier confinement.

Bachar Kouatly

Bachar Kouatly

Bachar Kouatly est président de la Fédération française des échecs et vice-président de la Fédération internationale des échecs (FIDE).

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Atlantico : Le Jeu de la dame, série à succès de Netflix, raconte le parcours de Beth Harmon, une jeune orpheline prodige des échecs. Comment la série a-t-elle été accueillie dans le monde des échecs ?

Bachar Kouatly : Elle a été très bien accueillie. C'est une très belle fiction, très bien filmée. L'histoire retrace très bien ce qui est possible dans le monde des échecs. Je ferais un parallèle entre cette série - et le livre qui est à l'origine - et le célèbre match entre l'Américain Bobby Fischer et le Russe Boris Spassky de 1972 qui représentait l'apogée d'une guerre froide entre l'Union soviétique et les Etats-Unis. Cette joute échiquéenne avait passionné le monde entier, autant que Le jeu de la dame aujourd'hui. 

Comment expliquer cet engouement autour des échecs ?

Le jeu d'échec est le jeu de stratégie par excellence. Il existe depuis la nuit des temps. Les règles sont les mêmes dans le monde entier, tout le monde peut s'y retrouver. C'est quelque chose d'immuable qui fait partie du patrimoine de l'Humanité.

Jouer une partie d'échecs vous ouvre des horizons qui durent toute une vie. Les possibilités sont infinies. La lassitude n'existe pas car on ne peut jamais en faire le tour. Il y a toujours des choses à découvrir. On peut jouer aux échecs à 85 ans et prendre beaucoup de plaisir à jouer contre un gamin de 6 ans parce qu'on est toujours en train d'apprendre. C'est ce qu'on voit dans la série avec ce vieux monsieur qui apprend à l'héroïne Beth Harmon à jouer. C'est une vraie parabole de la vie. C'est aussi grâce à sa profondeur que cette discipline perdure au-delà des modes. Dans un monde d'instabilité et d'incertitude, le fait de passer un moment avec des règles claires est très structurant. C'est aussi ça qui permet à Beth Harmon de s'émanciper. Les échecs la sortent des tourments de sa vie et la transportent dans un monde très structuré.

Le succès de la série peut-il booster le nombre de joueurs ?

L'an dernier, 6 millions de parties d'échecs se jouaient chaque jour dans le monde sur des plateformes en ligne, soit 2 milliards de parties par année. Lors du premier confinement, le chiffre a triplé.

Le succès de la série, qui a lieu pendant le second confinement, va sûrement encore faire augmenter les chiffres. Le chiffre de ventes des échiquiers eux-mêmes a aussi bondi de manière spectaculaire. Il faut souligner que c'est un succès qui est mondial, par seulement français ou américain. 

Comment se porte la discipline ? Son avenir est-il assuré ?

Depuis deux ans, il existe une journée mondiale des échecs (le 20 juillet), créée à l'initiative de l'ONU. Il y a eu une prise de conscience des vertus éducatives et inclusives des échecs, qui se jouent beaucoup dans les écoles. Notre fédération se porte bien, avec 50 000 membres. 70% des licenciés ont moins de 20 ans, c'est donc une discipline très jeune qui a de l'avenir.

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