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"L'Affaire Courteline" : mine de rien, quel talent, quel humour !
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"L'Affaire Courteline" : mine de rien, quel talent, quel humour !

Anne-Marie Joire-Noulens pour Culture-Tops

Anne-Marie Joire-Noulens pour Culture-Tops

Anne-Marie Joire Noulens est chroniqueuse pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam.

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THEATRE

"L'Affaire Courteline"
de Georges Courteline

Mise en scène: Bertrand Mounier

Avec Isabelle de Botton, Salomé Villiers, Raphaëlle Lemann, Etienne Launay, Pierre Hélie, Philippe Perrussel, Bertrand Mounier ou François Nambot

INFORMATIONS
Théâtre Le Lucernaire
Jusqu' au 6 mai 
Durée : 1 heures 20
Du mardi au samedi à 19 heures
Dimanche à 16 heures

Réservations:  www.lucernaire.fr / 01 45 44 57 34

53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris

RECOMMANDATION
EXCELLENT

THEME
Sept saynètes de Courteline nous sont contées par sept comédiens endossant tour à tour plusieurs rôles. Sept saynètes qui traitent des domaines de prédilection de l'auteur : la vie de couple, les mésententes ancillaires avec les maîtres, le fameux "up and down" des séries anglaises, et les rapports avec la justice. C'est tout l'univers de Courteline revisité un siècle plus tard.


POINTS FORTS
- le texte est jubilatoire. Courteline n'a pas pris une ride, alliant des phrases fort bien tournées au langage de la rue et maniant l'incongru à la truelle. Par instants, on frise "l'Absurdie" si chère à Ionesco avec ses phrases leit-motiv du style : "il faut avoir la confiance robuste", l'ensemble largement saupoudré d'humour
- la mise en scène est remarquable et joue avec un éclairage de grande qualité sur les deux couleurs de base : le rouge et le noir. Les changements de décor, opérés par les comédiens, se passent devant les spectateurs comme si ces derniers n'étaient pas là ; les acteurs se parlent entre eux, se racontent leur vie, c'est très amusant. C'est aussi très astucieux : ainsi l'on voit qu'un secrétaire retourné, avec une plaque de contreplaqué verticale et un pan de velours rouge, se transforme en tribunal tout à fait crédible
- les comédiens collent formidablement aux rôles sous leurs différentes casquettes et se réjouissent avec délice des infortunes des autres quand ils n'y contribuent pas ! Une fois de plus, Isabelle de Botton tire son épingle du jeu avec son talent et sa diction parfaite
- pour compléter cet ensemble déjà quelque peu déjanté, l'auteur nous gratifie de refrains de bastringue extrêmement salés, limite paillards. Isabelle de Botton, chantant des énormités le petit doigt en l'air, franchement, ça vaut le détour

POINTS FAIBLES 
Absents du programme

EN DEUX MOTS
On passe un excellent moment avec Courteline et ses interprètes qui remettent au goût du jour des expressions et des situations d'autrefois. Dans chaque saynète, la situation est étudiée avec soin, les propos sont choisis et les interprètes dignes de l'auteur. L'humour est omniprésent et l'on rit de bon coeur.

L'AUTEUR
Georges Courteline (de son vrai nom Moineaux) est né à Tours en 1858. Très jeune, il se met à écrire, notamment des satires. Il restera 14 ans dans la fonction publique pour assurer la matérielle et quittera ses fonctions dès qu'il le pourra. 

En 1881, il fonde avec des amis la revue "Paris moderne" et prend le pseudonyme de Courteline pour ne pas être confondu avec son père Joseph Moineaux, chroniqueur judiciaire et auteur de théâtre. Il publie les contes érotiques de son ami Catulle Mendès. En 1883, ses "Chroniques" sont publiées et il commence à écrire pour le théâtre ("Les gaietés de l'escadron", "Le train de 8 h 47"). Il continue à publier : "Messieurs les ronds de cuir" et "Les hannetons", ainsi que ses "Chroniques".
Il découvre le théâtre d'avant-garde avec le Théâtre Libre où il créera "Lidoire" en 1891. En 1893, au Nouveau Théâtre, il crée une revue, "Les joyeuses commères de Paris". Puis ce sera "Boubouroche".
Son oeuvre est très riche tant sur le plan littéraire que théâtral.
Suite à une gangrène qui entraînera l'amputation successive de ses deux jambes, il meurt le 25 juin 1925.
Sur la stèle de sa tombe, est inscrit cette épitaphe : "J'étais né pour rester jeune et j'ai eu l'avantage de m'en apercevoir le jour où j'ai cessé de l'être".

 

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