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Pauvre Jésus

"Il faut supprimer la fête de l'Ascension" ! Thomas Guénolé a encore frappé…

Le politologue insoumis à ses raisons : il a passé un jeudi abominable.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Ce matin-là, comme à son habitude, Thomas Guénolé se réveilla de bonne heure. Il avait faim, il avait soif. Et son réfrigérateur était désespérément vide. Et pour cause : la veille, Guénolé n'avait pas eu le temps de faire ses courses, occupé qu'il était à mettre sur pied, avec Mélenchon, Corbière et Autain, les premières unités des FFI (Forces de la France Insoumise).

Il descendit de chez lui à la recherche de quoi se nourrir et de se désaltérer. En bas, ce n'était plus une rue, mais un cimetière. Tout était fermé. Partout des rideaux baissés. Hébété, et proche de l'inanition, le politologue chercha un café. 

Tous fermés également. Le politologue était perdu. "Pourtant, on est jeudi aujourd'hui, pas dimanche. Et ce n'est pas non plus le Ramadan", marmonna-t-il en serrant les dents.

Il aperçut un café arabe qui était ouvert. Guénolé se précipita dans cette oasis et commanda un thé à la menthe. Il demanda des croissants. Le cafetier s'étonna : "Nous n'avons pas été livrés aujourd'hui. Vous ne savez pas que c'est le jeudi de l'Ascension, la fête des Chrétiens ?"

Ivre de fureur, le politologue entreprit de regagner son domicile. Une tempête faisait rage sous son crâne. Tout ça pour un charlatan illuminé qui avait réussi à faire croire à ses fidèles qu'il allait monter au ciel et qui – circonstance aggravante – avait refusé de rejoindre les rangs des vaillants combattants du Hamas ? "Plus jamais !", s'écria Guénolé.

Une fois chez lui, le politologue, toujours aussi affamé, s'installa devant son écran et envoya le tweet suivant aux plus hautes autorités de l'État. Il s'indignait de ce que "dans une République laïque" on célèbre une fête religieuse. Il demandait qu'on la supprime et qu'à sa place on "fériérise" (oui, c'est dans le texte) le 17 avril, journée de l'abolition de l'esclavage.

Le 17 avril 2019 c'est encore loin. En attendant, Guénolé va connaître des journées aussi pénibles que son jeudi noir. Le 15 août, tout sera encore fermé : notre République laïque célébrera une dame de l'ancien temps prétendument vierge. Puis il y aura l'horreur annoncée du 1er novembre : la Toussaint, la fête de tous les saints… Viendra ensuite l'affreux moment de Noël, célébrant la naissance du charlatan dont nous venons de parler.

Sur son chemin de croix, Thomas Guénolé aura aussi à subir le lundi de Pâques. Il se dit qu'il va proposer qu'on le remplace par le lundi de l'Aïd. Les mésaventures du pauvre Guénolé m'ayant mis d'excellente humeur, je lui ai suggéré dans un tweet de "fériériser" le jour de Kippour. Sa réponse a été foudroyante. Il m'indiquait que j'étais un assassin d'enfants palestinien. Mais ça, je le savais déjà. 
 

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