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"Affaire Diallo / RMC : ce que je voulais dire" par Sophie de Menthon

Sophie de Menthon, chroniqueuse mise à pied de l'émission "les Grandes Gueules" sur RMC pour des propos jugés misogynes et insultants à l'égard de Nafissatou Diallo, se défend.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Le procès qui m'est fait pour des propos mal maîtrisés dans un débat houleux, a conduit certains à supposer que j'aurais pu considérer qu'être violée pouvait être une chance du moment que l'on était indemnisée ! Pire : que des femmes pouvaient souhaiter subir un tel outrage pour obtenir de l'argent. Ce sont des ignominies totalement contraires à toutes les valeurs que je défends. Dans le cas de l'affaire Diallo / DSK, c'est d'autant plus injuste de m'accuser de telles arrières pensées qu'il s'agissait pour la énième fois de commenter le montant de l'indemnité touchée par cette dernière... trop, pas assez ? Une indemnité octroyée alors qu'aucune décision de justice n'a établi de condamnation et que tout le monde s'autorise à avoir une opinion sur le sujet. Personnellement depuis le départ je suis sceptique. Comme beaucoup je me suis interrogée sur ce qui a bien pu se passer dans cette chambre, étonnée de toutes les contradictions qui sont apparues, étonnée que le juge, qui avait mis sa carrière en danger pour faire sortir la vérité, n'ait pu que renoncer à établir une condamnation.

Je me suis mise "à sa place" comme beaucoup de femmes... n’en ai-je pas le droit ?

C'est sous cet angle que j'ai réfléchi tout haut. Alors, après toute cette affaire et les affres de ce procès mondial lorsqu'on m'a demandé mon avis - seulement mon avis - seulement sur cette somme d'argent, je l'ai donné spontanément, sans ambiguïté à mes yeux.

Etait-il monstrueux de dire que, maintenant, cette somme est une "chance" pour elle, pour élever sa fille ? Je n'aurais évidemment JAMAIS dit cela si le juge avait retenu le viol, ou n’importe quelle condamnation. Mais il n’y a eu aucune charge retenue contre l’accusé.

Suis-je contrainte de penser que le juge avait tort ? Que l'enquête était forcément fausse ?

Les médias, quant à eux, ne se sont pas gênés pour donner leur avis, leurs échos, les indices, les fausses infos, etc. en cherchant indéfiniment à trouver quelque chose de nouveau à dire sur le sujet. Ils ont contribué à forger l'opinion que je me suis faite sur cette affaire.

Pendant l'émission rien n'y fait, toutes mes dénégations face à la question répétée, orientée de l'animateur : "A combien tu mets le viol ?", ne m'ont pas laissé le temps d'expliquer ce que je voulais dire... (était-ce un piège ?) même si je n'ai cessé de marteler que ce n'était pas le sujet. Parallèlement à cela, il y a mon trouble également évoqué, de voir un système qui attribue de telles sommes sous forme de "transactions" qui laissent les choses en l'état sans permettre de faire émerger une vérité, même partielle. Et c'est ainsi que j'ai ajouté que bien des femmes pouvaient être envieuses, non pas d'une agression (!) mais d'une somme attribuée sans que l'on sache vraiment pourquoi, en précisant qu’à mes yeux la justice ne devait pas ressembler au loto ou au Père Noël...

Comment m'excuser de ce que l'on prétend que j'ai voulu dire et que je n'ai jamais ni dit, ni pensé ? Rajouter d’autres excuses à celles que j'ai déjà formulées, pour la probable confusion de mes propos, voudrait dire que oui, je suis raciste, misogyne et méprisante ! Et bien non, mon honnêteté intellectuelle fait que j'assume ce qui n'est qu'une opinion parmi d'autres et qui n'a surtout aucun sous-entendu. Ma confiance dans la liberté d’expression depuis cette émission du 21 janvier 2013 sur RMC, est très ébranlée.

À cette occasion, on peut s'interroger sur la violence de notre société qui se donne bonne conscience en voyant et en dénonçant racisme, lutte des classes, misogynie à chaque instant. Au lieu de crier "au loup" à la première occasion, on ferait mieux d'agir et d'intervenir dans nos entourages, au lieu de laisser l'inaction s'installer face au doute sur une femme ou un enfant voisin mal traité comme c'est si souvent le cas. Nous réconcilier avec nous-mêmes est un enjeu majeur.

Est-ce ma malencontreuse formulation et mes raccourcis qui, sortis de leur contexte et amalgamés avec d'autres propos, amènent des vigies "bien intentionnées" à me faire dire les horreurs les plus étrangères à tout ce qui est le combat de ma vie ?

Je n'ai injurié personne, je n'ai fait l'apologie ni du viol ni de la prostitution ! Je n'ai pas le moindre mépris pour une femme de chambre, elle aurait pu être moi, j’aurais pu être elle…

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