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La vraie histoire de la Tour Triangle : le verre enfumé !

Lundi 17 novembre, le Conseil de Paris doit se prononcer sur l'autorisation ou non de la construction de la Tour Triangle. Un projet qui est loin de faire l'unanimité, malgré les tentatives de la Mairie de Paris d'en estomper les conséquences visuelles sur l'urbanisme de la ville.

Un projet pas vraiment haussmanien

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La vraie histoire de la Tour Triangle : le verre enfumé !

La tour Triangle, vue des berges de la Seine.

Une offensive de communication relayée par quelques plumes serviles veut faire croire aux Parisiens que le projet Triangle est une sorte de combat des modernes contre les ringards, de lutte entre le futur urbain et les tendances régressives de passéistes. 

Il ne faut pas tomber dans le piège de cette opposition truquée. Les conseillers de Paris qui voteraient pour ce projet porteraient une lourde responsabilité dans une opération qui apparaîtrait comme une réédition inepte de l'échec de la tour Montparnasse.

A ceci près qu'après 2014, nul ne pourra dire : "je ne savais pas".

D'abord, quelques rappels pour rafraîchir les idées de ceux qui seraient tentés de gober les mensonges d'Hidalgo et Missika. 

D'où vient ce projet ? 

Il est né d'un crime originel, quand par peur d'affronter le groupe Unibail aux Halles, Delanoë avait torpillé le magnifique projet de l'architecte néerlandais Koolhaas et s'était lancé dans l'infinie médiocrité de ce qui allait devenir le bubon de Mangin et Berger. 

Pour la première et unique fois de ses deux mandats, en 2004, Delanoë avait été moqué par Libération et le Monde. Pour un homme qui ne pensait qu'à la communication et la manipulation des médias, l'affront était insupportable. Il fallait à tout prix effacer cette image de couardise. 

Il se mit donc d'accord avec Unibail pour lancer une opération de diversion, une tour qui serait symbole d'innovation et de courage. 

Au départ, il était question d'un hôtel et d'un centre de conférences. Preuve absolue de l'insuffisance du projet et de son caractère surdéterminé par des considérations médiatiques : ce programme s'est très vite révélé totalement irréaliste et on ne parle plus depuis deux ans que de banales surfaces de bureaux. 

Dans l'intervalle, Unibail recevait deux pépites : la pleine propriété du centre commercial des Halles et un renouvellement de sa concession du parc des expositions de la porte de Versailles. C'est ce qu'on appelle en langage imagé vendre ses chemises ailleurs. 

De plus, Unibail obtenait que l'implantation de la tour se fasse dans son enceinte mais en impactant au minimum les halls d'exposition. D'où l'utilisation d'une parcelle incongrue et le positionnement de biais de la tour. 

Depuis, les oppositions à ce projet se sont multipliées. 

On a découvert que ce mastodonte ne serait nullement transparent. On a réalisé que sa desserte renvoyait, comme à l'habitude de la mairie, au renoncement miraculeux par les usagers aux transports individuels ce que beaucoup ne veulent et ne peuvent faire. Les risques d'embolie de toute cette partie de Paris sont majeurs. 

On a noté que la mairie s'est bien gardée de montrer des simulations honnêtes de l'effet visuel de la tour sur le reste de la ville. Qui réalise qu'on risque de voir ce cône opaque dans la continuité du dôme des Invalides ? 

Dans une ville où les autres bâtiments sont beaucoup plus bas, une tour se voit de très loin et de manière souvent inattendue. Son implantation doit donc être mûrement réfléchie et ne pas résulter d'un marchandage de bas étage, si l'on ose dire. Prenez la tour Montparnasse : vue de la rue de Rennes, elle passe à peu près et a un peu d'élan. Vue du jardin du Luxembourg ou du Champ-de-Mars, elle est basse du cul et particulièrement laide. 

Quant au soi-disant élan économique que la tour Triangle créerait, en quoi 80 000 mètres carrés de bureaux supplémentaires dans un marché aujourd'hui et pour longtemps saturé permettraient de redynamiser Paris ? Il vaudrait mieux pour cela renoncer aux ruineuses pratiques clientélistes du logement dit social et des subventions aux copains qui, dès lors que la manne immobilière s'est tarie, vont finir par alourdir cruellement les impôts des Parisiens. 

Bref, il appartient à tous les amoureux de Paris et de la vérité de se battre contre cette mystification et de renvoyer ses promoteurs à leurs mensonges.

Cet article a initialement été publié sur Delanopolis

 
Commentaires

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  • Par zouk - 17/11/2014 - 12:54 - Signaler un abus Tour Triangle

    Rivalité de basse politique, qui à droite ou à gauche, en fera le plus?

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Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, paru le 6 mai aux éditions Ixelles

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