Atlantico : L’article publié par le magazine Joystick suite à la diffusion du trailer du nouveau Tomb Raider, qui montre une tentative de viol de l’héroïne, a déclenché la polémique. Le journaliste y décrit une Lara Croft « humili[ée] » et « souill[ée] » sans aucun ménagement. Et de s’enthousiasmer : « si j’osais, je dirais même que c’est excitant ». Les « gamers » sont-ils machos ?
Michael Stora : Ce que m’apprend mon expérience de clinicien ayant été confronté à de très gros gamers, pour certains dépendants, et parfois des enfants dits précoces, premiers de la classe, c’est que ces garçons ont souvent une certaine peur des femmes, peur qui se traduit par un rapport défensif, par des paroles machistes, voire assez réactionnaires à l’encontre de ces dernières.
Pourquoi ce rapport aux femmes ?
Pour ces joueurs comme pour tous les garçons, la première femme de leur histoire est la mère, ce qui nous amène à ce fameux complexe d’Œdipe. Ce complexe n’est, en effet, pas toujours évident à dépasser : la mère est souvent vue comme un monstre maternel, ce qui justifie les positions défensives et les inquiétudes très fortes des adolescents. Chez le gamer ou le geek, cela se traduit par un rapport avec les femmes très compliqué et marqué par la frustration. Leurs pulsions sexuelles se canalisent dans des pulsions avant tout sadiques.
C’est pourquoi leur idéal féminin est souvent celui d’une femme soumise, qui ne les mettra pas en danger.
Cela signifie-t-il que ces hommes ou adolescents se tournent vers les jeux vidéos pour assouvir leurs pulsions ?
Il est vrai que la plupart des jeux vidéo semble, a priori, destinée à un public de garçons adolescents. Les jeux qui se vendent le plus sont en effet des jeux de sport et de guerre.
Cela dit, on rencontre un grand nombre de joueuses qui apprécient aussi ce type de jeux. On peut y voir une forme de féminisme. Il existe de grandes joueuses adeptes de Counter Strike. Elles-mêmes reconnaissent en général que ce milieu est macho, un peu comme certains milieux sportifs le sont. Mais soyons honnêtes, la plupart des game designers sont des hommes.
Même si quelques jeux, comme les Sims, ont permis aux femmes de se tourner vers le jeu vidéo… alors qu’aujourd’hui environ 50% des joueurs de Sims sont des hommes.
Le nombre croissant de joueuses peut-il rendre les jeux vidéo moins « machistes » ?
Séga m’a un jour demandé de faire la promotion d’un jeu, Bayonetta, qui je crois ne s’est pas si bien vendu que cela, et ce n’est pas étonnant : Bayonetta est une femme totalement sadique qui passe son temps à tuer des anges et qui acquiert des superpouvoirs en suçant des sucettes. C’est totalement génial. Le game designer japonais et, pour être honnête, assez SM, a mis en scène une femme dont on se demande si elle ne nous manipule pas. On pourrait donc montrer Bayonetta contre un contrepoint à cette image d’une Lara Croft soumise.
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avec Tetris et Astéroïd au moins on se prenait pas la tête. Dieu créa la femme et voilà le bordel.
Débat sans grand intérêt sur un produit que personne n'a encore vu. Servi avec une analyse simpliste d'un psychologue qui nous ressert ses classiques (Oedipe est appelé en renfort) et pas dans le bon ordre en plus (les frustrés deviennent des gamers ou c'est le contraire?). Pour le reste j'agrée les commentaires ci-dessous. Docteur Folamour devrait revoir ses cours (au fait, bcp de gens "normaux" ont des fantasmes) et se renseigner sur la population qui joue en ligne (pas que des boutonneux et pas que des hommes). La seule conclusion, c'est que les "designers" n'avaient rien d'autres que ça pour renouveler un jeu archi-connu et un peu éculé. C'est aussi un excellent moyen de faire le buzz (busines is business). La preuve.
comme étant LA Vérité du développement psychologique d'un ado. C'est lamentable d'en être resté là pour un psychologue, clinicien en plus. C'est en tout cas pas chez lui que j'irais si mes gamins ont des problèmes...
Peut-on réellement dire que les jeux vidéos visent explicitement un public masculin ?
Peut-on dire qu'un jeu, parce qu'il traite de la guerre ou du sport est fait pour les hommes et non pas pour les femme ? Peut-être est-ce en tenant ces propos que l'on fait preuve de sexisme. Parce que tels que je les comprends, il faudrait q'un jeu soit tout rose et tout "girly" pour en en faire un jeu de femme... Peut-être même qu'il faudrait faire d'entretien de la maison !
D'ailleurs n'est-ce pas là le principe même des Sims ? Ou celui de diriger la vie d'un être de A à Z tel un Dieu (jeu de domination)...
Quand il y aura autant de femmes que d'hommes dans l'armée, Call of Duty et autres Battlefield seront-ils toujours des jeux d'hommes ?
Et un jeu de sport féminin (foot, basket, handball. J'exclus le Beach volley) sera-t'il un jeu de femmes, d'hommes ?
Pour la question de la domination et de son fantasme lié, Bayonetta est donc une femme dominatrice, mais n'est-ce pas aussi le fantasme de beaucoup d'hommes ? La femme sexy, habillée de latex (de cheveux en vérité), une sucette à la bouche, est-ce que ce n'est pas encore faire passer la femme pour un bout de viande (que j'apprécie aussi) ?
Ciel, faut-il être né dans les années 80 et avoir été abonné à Joystick dans les années 90 pour comprendre que c'est typiquement leur genre d'humour noir ? :) L'existence d'un article se voulant sérieux issu d'une des innombrables bêtises humoristiques de Joystick est parfaitement navrant.
Un commentaire d'article n'est pas particulièrement un lieu de débat, mais ne faudrait-il pas plutôt se pencher sur la question de savoir pourquoi les nombreux gamers qui ont commencé dans les années 90 en tuant des nazis dans Wolfenstein ne sont pas tous devenus des brutes sanguinaires ?
Un peu de recul...
Je cherche encore.
Tout à fait d'accord avec kazed. Les jeux vidéos sont encore vu par une certaine partie de la société comme nocifs voir dangereux, mais quid de nombreux films facilement regardables par n'importe quel enfant.
Dans les jeux il existe le système PEGI, donc chaque parent peut filtrer en toute connaissance de cause. On n'achète pas un GTA interdit pour les moins de 18 ans à son fils de 12 pour venir se plaindre après de la violence ou de l'immoralité contenues dans le jeu...
Après jouer sur les pulsions primaires dans les jeux vidéos c'est la base. On aime se faire peur, on aime l'adrénaline de certains jeux... qui ne sont pourtant pas des pulsions uniquement masculines.
Et y'en a encore pour trouver le temps de jouer aux jeux vidéos! bande de feignasses!
Pourquoi un article sur ce jeu et pas sur des films bien pire (comme Irréversible par ex? )
Réponse : car le jeux video est (encore) associé par certain à l'enfance ou à l'adolescence. Le temps a passé et la moyenne d'age du gamer a augmenté.
De plus, comme pour tous les autres médias, c'est aux parents de filtrer les jeux de leurs enfants, comme je ne ferais pas voir certains films à ma fille.