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L’urgence d’un deuxième porte-avions pour la France

Investi des pouvoirs présidentiels, Emmanuel Macron pourrait consacrer son premier voyage à l’étranger aux troupes françaises déployées au Sahel. D’emblée, il se poserait donc en chef des armées.

Militaire

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L’urgence d’un deuxième porte-avions pour la France

On prête au nouveau président français la volonté de mettre en oeuvre une diplomatie cohérente et claire, étayée par un appareil militaire renouvelé. Dans l’immédiat, le président français ne sera pas en mesure de déployer le Charles-de-Gaulle, cet instrument de souveraineté de premier ordre.

Antan, toute crise d’importance au Moyen-Orient ou ailleurs conduisait le Chef de l’Etat à afficher la place et le rôle de la France en déployant un groupe aéronaval. Avec une opération de maintenance du porte-avions de dix-huit mois, jusqu’en juillet 2018, sa latitude d’action est sérieusement amputée. 

Certes, le Charles-de-Gaulle sortira considérablement renforcé de cet « arrêt technique majeur » et la possession d’un tel bâtiment place notre pays dans le club étroit des nations détentrices de capacités aéronavales.

Le problème réside dans l’inexistence d’un « sister ship » (bâtiment jumeau). En conséquence, la France ne dispose plus de la « permanence à la mer », ce qui réduit les options du Chef de l’Etat et l’autonomie stratégique nationale. 

Il importe de comprendre en quoi le porte-avions constitue un moyen d’action exceptionnel. Cette base navale mobile et souveraine confère au pouvoir politique la capacité d’agir sans dépendre des contraintes diplomatiques et logistiques qui conditionnent l’emploi de la force armée à partir d’installations situées en territoire étranger. Sa puissance de feu peut assurer l’« entrée en premier » sur un théâtre d’opérations, puis renforcer la manœuvre terrestre, sans augmenter l’empreinte au sol. 

Alors que l’émergence navale de nouvelles puissances traduit la volonté de remettre en cause la longue hégémonie occidentale sur l’« Océan mondial », la possession de porte-avions conditionne la maîtrise de l’élément maritime. En effet, la mise en œuvre d’un groupe aéronaval est déterminante dans l’action contre la flotte de combat adverse, l’aviation embarquée assurant une allonge en termes de renseignement et de frappe qui permet de surclasser l’ennemi. 

Surtout, la présence d’un groupe aéronaval dans une zone du monde permet d’afficher son ambition politique et sa résolution, de tenir un rôle décisif au sein des alliances et coalitions, de peser dans la grande politique mondiale. A cet égard, le déplacement du porte-avions américain Carl Vinson et de son escorte vers la péninsule coréenne ainsi que le lancement par la Chine d’une deuxième plateforme de ce type soulignent l’importance géopolitique d’un tel outil de puissance. 

En vérité, les guerres et conflits géopolitiques dans lesquels la France est engagée depuis de longues années ont démontré la grande valeur stratégique du Charles-de-Gaulle. Au cours de son deuxième cycle opérationnel, entre 2009 et 2016, les Rafale ont remplacé les Super Etendard et le porte-avions français embarque désormais une flotte capable de voler pendant plus de sept heures et de frapper des objectifs situés au-delà de 2000 kilomètres. 

 
Commentaires

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  • Par Ajar - 18/05/2017 - 09:11 - Signaler un abus CDG 2

    Cela est tellement évident d'avoir un 2e porte avion pour rester crédible et opérationnel donc programmons vite ce bâtiment dans la loi de finance a venir ....

  • Par Anguerrand - 18/05/2017 - 09:19 - Signaler un abus Notre porte avions se fait vieux

    S'il a été considéré comme une prouesse technique à sa sortie, c'était le premier nucléaire, il semble qu'il soit dépassé. En effet le fait qu'il soit nucléaire pouvait laisser penser qu'il pourrait être en mission durant très longtemps en mer. Or on se rend compte qu'après chaque opération il doit retourner à Toulon pour 18 mois ( un an et demi ! ). Ce n'est pas rien sans compter les coûts de réparations. La France ne peut se passer de porte avions, dans des moments aussi cruciaux ,c'est donc deux porte avions qu'il faudrait construire meme si les coûts sont très élevés. Le Charles De Gaulle doit avoir des problèmes ( secrets défenses pour devoir faire des escales techniques si longues et fréquente. Si un conflit militaire se déclenchait actuellement nous serions dépourvu des moyens précieux d'un porte avions.

  • Par tananarive - 18/05/2017 - 11:13 - Signaler un abus Pas de problèmes, c'était prévu.

    https://www.meretmarine.com/fr/content/gros-plan-sur-le-prochain-arret-technique-du-charles-de-gaulle

  • Par JG - 18/05/2017 - 16:12 - Signaler un abus Et puis Macron pourrait l'appeler "Le François Hollande "

    Il lui doit tellement !! Ca ferait tellement plaisir à François!!

  • Par jerome69 - 18/05/2017 - 17:34 - Signaler un abus oui mais européen

    La france porte sur ses quasi seules épaules les intérêts géopolique européen. pourquoi pas un deuxième porte avion mais pas au seul frais de la France mais sur un budget européen. ca construction couterait une fortune, mais il y a aussi l'entretien régulier.

  • Par VV1792 - 18/05/2017 - 21:27 - Signaler un abus Sa necessite commence a dater

    Sa necessite commence a dater et evidemment qu' il en faut un 2eme. Ce n'est qu' une question de moyen, en l' occurrence d' avoir les moyens de ses ambitions. Et on peut le tourner comme on veut, quand on est devenu un pays pauvre a cause de l' imperitie socialo communiste, plus la dette se creuse et plus la decision devient alors difficile..Sans compter que culturellement la population est devenue completement assistanat dependante, autant dire que cela sera difficile de le decider ( reflexe classique par exemple, si la situation economique s' ameliore, il faut s' attendre aux antiennes criees dans les rues comme '' comment redistribuer aux partenaires sociaux les gains de la croissance..etc..''? imaginons une decision du type, tiens on va plutot faire un porte avion.. impossible avec les politiques de manages que l' on a ..)

  • Par ocean5 - 19/05/2017 - 19:26 - Signaler un abus PA cher ?

    Non ce n'est pas trop cher, c'est simplement un choix politique, dans les années 80, le budget de la défense était le premier, aujourd'hui il est la moitié du budget de l'éducation !!!, c'est bien un choix politique, quand on compare les résultats obtenus par ces 2 ministères en fonction de leur budget !!!

  • Par ocean5 - 19/05/2017 - 19:28 - Signaler un abus Courage

    à VV1792, il s'agit d'avoir du courage c'est tout !!!

  • Par Beredan - 19/05/2017 - 20:42 - Signaler un abus Même les britanniques Y ont renoncé....'

    Un joujou de plusieurs dizaines de milliards qui peut être vaporisé par un missile nucléaire qui en vaut dix mille fois moins ? Laissons ces boîtes de conserve aux américains qui en ont vraiment l'utilité pour projeter leurs forces , compte tenu de leur position géographique excentrée de l'Eurasie....

  • Par vangog - 20/05/2017 - 09:50 - Signaler un abus Il faudrait un grand projet coopératif européen!

    Par exemple, avec l'argent destiné au sauvetage des banques...il serait plus intelligent d'organiser une défense commune entre Nations libres et volontaires. Mais cela signifierait passer au dessus de l'UE et négocier avec les seules Nations capables et désireuses d'une défense commune (Ooooooh, populiste!). Et, pourquoi pas, mener à d'autres projets co-operatifs supplémentaires..l'UE technocratique n'aimera pas!

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Jean-Sylvestre Mongrenier

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Il est membre de l'Institut Thomas More.

Jean-Sylvestre Mongrenier a co-écrit, avec Françoise Thom, Géopolitique de la Russie (Puf, 2016). 

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