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Trentenaires avec des corps de vieillards : la vraie facture du binge drinking

Neurones brulés pour toujours, difficultés à se déplacer, visites toutes les trois semaines à l'hôpital : non, ceci n'est pas le quotidien de vieillards grisonnants, mais de trentenaires qui ont cédé aux sirènes du binge drinking.

Ravages

Publié le - Mis à jour le 12 Novembre 2013
Trentenaires avec des corps de vieillards : la vraie facture du binge drinking

Un femme ayant pratiqué le binge drinking souffre d'une insuffisance hépatique, dont le symptôme est un ventre similaire à celui d’une femme enceinte. Crédit BBC

Atlantico : La chaîne de télévision britannique BBC a suivi le quotidien d’une femme de 35 ans qui, après avoir pratiqué le binge drinking à haute fréquence pendant plusieurs années, se retrouve avec une insuffisance hépatique, dont le symptôme est un ventre similaire à celui d’une femme enceinte, contenant 23 litres de fluide qu’elle doit faire drainer à l’hôpital toutes les trois semaines. Cela est-il plus courant qu’on ne le pense, et quelles sont les autres conséquences physiques ?

Mickaël Naassila : Ce cas est plus répandu qu’on ne le pense.

Des malades alcooliques présentent assez couramment ce type de symptôme clinque ; e cas de cette femme n’est pas très étonnant.

Le binge drinking est un facteur aggravant en matière d’insuffisance hépatique et de maladie alcoolique du foie, car il augmente la toxicité. C’est également le cas au niveau cérébral : à quantité égale d’alcool ingurgité, le binge drinking est plus toxique qu’une autre modalité de consommation. Les dommages seront indéniablement plus importants au niveau cognitif (apprentissage et mémorisation) pour ce type de buveur que pour un autre qui boirait autant mais de manière plus étalée dans le temps.

Pourquoi le binge drinking est-il plus dommageable qu'une consommation égale mais plus étalée dans le temps ?

Parce que la consommation massive en très peu de temps  entraîne des phénomènes de type inflammatoire, tant au niveau périphérique que cérébral. Sur ce dernier plan, notamment, le fait de monter très haut dans les niveaux d’alcoolémie, pour ensuite redescendre très vite à zéro, est particulièrement toxique. Cela s’apparente au phénomène des sevrages chez l’alcoolique : cette période entraîne une toxicité. L’incidence neurotoxique est alors très forte.

Le documentaire évoque également le cas d’une femme d’une trentaine d’années qui,  après s’être longtemps adonnée au binge drinking, connaît des problèmes moteurs...

Ce symptôme vient compléter le tableau des effets de l’alcoolisme chronique : tout le système périphérique est touché, et donc  les fibres nerveuses. Il s’agit d’une complication d’un cas de cirrhose  tout ce qu’il y a de plus classique, qui certes touche les binge drinkers, mais aussi les alcooliques en général.  Ne nous trompons pas : le binge drinking est un phénomène visible, mais les effets dont nous parlons concernent toutes les formes d’alcoolismes.

Hommes et femmes sont-ils égaux en termes de conséquences corporelles ?

Comparativement à l’homme, à consommation égale, la toxicité et les dommages sont plus importants chez la femme, tant au niveau cérébral que physique. Des études récentes d’imagerie cérébrale chez les jeunes entre 20 et 30 ans démontrent ce fait.

Quels sont les effets du binge drinking sur la fécondité ? Aggravent-ils également la chose ?

La consommation d’alcool porte atteinte à différents niveaux sur la fonction de reproduction (fertilité, libido), que ce soit chez l’homme ou la femme. Quant à la relation entre ces effet et le binge drinking plus précisément, les études manquent.  Et si elles manquent, c’est parce que la prise en compte de la problématique de l’alcool n’est pas du tout à la hauteur du problème de santé publique que nous connaissons aujourd’hui. Rapporté au nombre d’habitants, la France occupe le bas du tableau des pays riches dans le traitement de la question de l’alcoolisme. La médiatisation est forte, mais peu de choses sont faites pour réagir.

 
Commentaires

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  • Par un_lecteur - 08/11/2013 - 08:26 - Signaler un abus Un maximum d'alcool dans le minimum de temps

    des reportages ont défini le binge drinking comme « biture expresse », chaos éthylique » ou encore « alcool défonce » et ont tenté de cerner le phénomène en décrivant les comportements sociaux associés (fêtes d'étudiants, regroupements de jeunes avec beuveries sur la voie publique Wikipedia

  • Par pemmore - 08/11/2013 - 12:00 - Signaler un abus Franchement moche, et tellement banal,

    maladie en plus mysogine, c'est pas sympa, encore pire, on l'oublie trop souvent, si la nana fume, diabète, pieds raccourcis. Serait intéressant de savoir si l'origine géographique peut jouer, car j'ai toujours trouvé que les Angevins par rapport à d'autres régions avaient une bien plus grande résistance aux méfaits de l'alcool.

  • Par Tyrion Lannister - 08/11/2013 - 14:57 - Signaler un abus Il s'agit simmplement...

    d'une cirrhose, d'origine alcoolique! Et oui! Résumons: La cirrhose est donc une maladie du foie due aux agressions récidivantes que subit celui ci. Le foie se défend en se fibrosant, c'est à dire en se durcissant. Il en découle une pluis grande difficulté pour le foie de filtrer le sang qui lui arrive par la veine porte, d'ou une augmentation de pression dans celle ci, et d'ou une évacuation du trop plein de liquide dans le ventre (la je simplifie à l extrême!). Bref, une maladie commune et assez fréquente en fRance, mais pas trop chez les jeunes. Pour Ledit Gaga:google et wikipédia sont tes amis, si tu connais pas qqch il suffit de leur demander: http://fr.wikipedia.org/wiki/Binge_drinking

  • Par LeditGaga - 08/11/2013 - 15:04 - Signaler un abus @Tyrion

    ??? Pourquoi cette dernière remarque : "rien compris" !!! Ah, ils ont remis la photo !

  • Par Firenze - 08/11/2013 - 15:05 - Signaler un abus Je croyais que les femmes et les hommes

    c'était pareil ! Ces discriminations contre les femmes sont insupportables. ;-)

  • Par Tyrion Lannister - 08/11/2013 - 17:11 - Signaler un abus @LeditGaga

    Je vous cite (enfin j ai l impression): Par LeditGaga - 08/11/2013 - 08:15 - Madame Naassila ne nous dit à aucun moment (du moins à la moitié de l'article je n'ai rein vu) ce qu'est ce "big drinking"... merci de traduire ! Encore un e journaliste stagiaire ? D ou mon lien vers wiki! Cordialement

  • Par Le gorille - 08/11/2013 - 19:16 - Signaler un abus Biture !

    Et si on traduisait tout bêtement par "biture" ? Il y en a qui se sont pris une "bonne biture", peut-on entendre aussi. Tout est dans la nuance de "bonne" ! Et de la fréquence ! Bref : se soûler à mort de "temps en temps". Y en a qui y réussissent aussi. Bon, ceci dit, cela ne se passe pas chez nous : apparemment, le mangeur de grenouilles est moins ... excessif que le rosbif.

  • Par LeditGaga - 08/11/2013 - 19:17 - Signaler un abus @Tyrion

    OK, je pensais que la signataire de l'article avait inventé cet affreux anglicisme... je suis allé voir et après ça, on comprend mieux pourquoi les islamistes vont remplacer les chrétiens dans cette Europe vieillissante et O combien décadente !

  • Par JohnL - 08/11/2013 - 19:19 - Signaler un abus Attention !

    Ne généralisons pas à partir de ces cas. En effet, ils sont anglais et donc pas aidés au départ...

  • Par LeditGaga - 08/11/2013 - 19:20 - Signaler un abus Quand même étonnant !

    Etonnant de voir cette nana visiblement très contente d'avoir battu un record, quand on sait que dans cet état, elle n'en a plus que pour quelques semaines !

  • Par Le gorille - 08/11/2013 - 19:44 - Signaler un abus Biture ou cuite ?

    Deux mots pour traduire le "bin... je ne sais quoi" : "cuite" et "biture"... Décidément, le français oublie sa langue, et se fait avaler tout cru... euh ! boire plutôt ! Une "bonne cuite" : tout est dans la nuance de "bonne"... et dans sa fréquence. Pas de quoi fouetter un chat. Et pour "biture", même traitement, quoique certains y aillent "à donf" ou "à mort", et y réussissent. Pour que l'expression fasses florès, il faut que le phénomène soit plus courant outre-manche que dans l'hexagone... Le froggy serait-il moins excessif que le rosbif ?

  • Par Le gorille - 08/11/2013 - 19:47 - Signaler un abus Doublon

    Désolé pour le doublon. J'ai cru que mon premier commentaire n'avait pas été publié, question informatique à cent sous.

  • Par pouik - 08/11/2013 - 22:11 - Signaler un abus Quand j'ai vu l'article, j'ai

    Quand j'ai vu l'article, j'ai vraiment cru qu'elle était enceinte, je me demandé même ce que ça faisais là..

  • Par Carcajou - 08/11/2013 - 22:50 - Signaler un abus Néologisme

    Cuite ou biture ne contiennent pas l'idée d’absorption d'alcool à un rythme rapide et dans le seul but de se saouler. Il faut un adjectif pour rendre cette idée: biture express ou cuite rapide ou défonce à la con. Cette pratique devient de plus en plus courante en France. Cordialement

  • Par albizzi - 09/11/2013 - 08:31 - Signaler un abus Biture...

    Beaucoup en parlent, mais l'origine du mot n'a rien à voir avec l'alcool.

  • Par isaie - 09/11/2013 - 10:15 - Signaler un abus Mangeons et buvons

    Le problème est l'absence d'espérances. Cette parole écrite par l'apôtre Paul se dévoile clairement dans la pratique de cette surconsommation de boissons alcoolisées en peu de temps: "Mangeons et buvons car demain nous mourrons" En fait ceux qui détruisent leur corps doivent s'attendre à une réaction divine qui les détruits aussi sur tout leur être car le corps a été créé pour devenir le temple du Saint Esprit

  • Par Chesterfield - 09/11/2013 - 12:16 - Signaler un abus Ils tuent notre belle jeunesse

    18 mois de socialisme, ça laisse des traces.

  • Par blah - 09/11/2013 - 13:06 - Signaler un abus tiens donc

    il serait bon de rappeller que ce type de pratique ("binge drinking") est apparu suite à la fermeture obligatoire des bars à 23h au royaume uni.

  • Par Herr Etik - 09/11/2013 - 17:55 - Signaler un abus Why ? Puisqu'il est "in" de parler rostbeef.

    Personne ne semble se poser pourquoi des femmes se soulent pareillement. Ça n'est certainement pas parce que la société de sa gracieuse Majesté va bien. Quand les gens vont volontairement vers une mort lente la cause est à rechercher dans une dissolution du ciment de la société dans laquelle ils évoluent que ce soit en France ou au Royaume uni. Notre socialiste ministre de la santé se questionne sur le nombre en évolution des suicides de séniors en notre ex-douce France. Le dérèglement programmé par ses comparses en est certainement la cause. Comme disait le grand Ghandi " Si je n'avais pas l'humour, il y a longtemps que je me serais suicidé".

  • Par Inconnu - 10/11/2013 - 12:22 - Signaler un abus Les méfaits idéologiques de nos dirigeants.

    Ne sont pas pour rien dans le développement de comportements confinant au suicide. La désespérance induite par l'exclusion de fait de la société, de certains, en est un symptôme. Leur échelle des valeurs s'étend de la compétition financière au profit de quelques uns à l'omerta orwellienne sur la liberté d'expression. C'est la liberté de ne rien pouvoir dire ou faire, à l'encontre des profiteurs et de leurs victimes collatérales.

  • Par jurgio - 10/11/2013 - 14:27 - Signaler un abus Une occasion unique pour les archéo-socialistes

    d'augmenter la taxe sur les alcools !

  • Par pguillermo - 10/11/2013 - 21:19 - Signaler un abus Que l'auteur parle Chinois

    Binge drinking. Y en marre de l'anglais. Que les Ricains s'écroulent et qu'on emploie enfin les expressions chinoises ! L'auteur pourrait se mettre enfin au gout du jour. Quel ringard

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Mickaël Naassila

Mickaël Naassila est professeur de physiologie et de biologie cellulaire dans le Groupe de recherche sur l'alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

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