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Travailler près de chez soi

Des télé-centres de nos grands parents du 20e siècle à des espaces dédiés aux activités durables et connectées, mutualisées… Pour limiter les temps de transports et les dépenses énergétiques, le travail près de chez soi apparaît comme une alternative viable.

Développement durable

Publié le - Mis à jour le 2 Mai 2011

A force de vouloir comprendre pourquoi le télétravail ne marche pas, certains ont oublié de regarder autour d’eux. Il y a une effervescence de projets et de création de lieux de mutualisation pour travailler et avoir tout type d’activités connectées : co-working, écocentres, télé-présence, e-administration…

Aujourd’hui, les territoires plongent dans une métamorphose en trois dimensions. La première est le contexte des civilisations numériques. 5 milliards d’abonnements à la téléphonie portable dans le monde. Les territoires sont devenus des écosystèmes informationnels, où chacun peut s’informer, échanger, produire des textes et des images, mais aussi travailler, collaborer, s’impliquer dans la co-production même de son territoire.

La seconde est limitante… « Le temps du monde fini commence ». Cette petite phrase de Paul Valéry qui a déjà quelques années nous fait comprendre que nous avons bâti une économie sur l’illusion de l’abondance des ressources. Avec presque 10 milliards de femmes et d’hommes en 2050, avec des modes de vie actuels, nous ne pouvons que vivre la fin de ressources (dont celles dont nous avons besoin pour l’énergie), d’espèces animales et végétales, un réchauffement climatique, des problèmes sanitaires… Le diagnostic est particulièrement mauvais et inquiétant. Nous nous devons de limiter les transports, de réduire l’empreinte environnementale de l’économie.

La troisième dimension fonde une globalisation. Les terriens se sont interconnectés, ils se regardent et s’écoutent, vivent dans un monde synchrone. En revanche il y a d’évidence une aspiration forte à cette société de la communication, à enrichir un écosystème informationnel global tant dans sa vie personnelle que professionnelle.

Une société en mutation

Cette réalité va de plus en plus transformer structurellement les territoires, dans une démarche collective, conférant à chacun plus d’autonomie, avec une refonte totale des modes de travail et des organisations. Peut-on imaginer pouvoir encore considérer les contributeurs à la réussite d’une entreprise (salariés ou prestataires) comme des outils interchangeables ? Ne peut-on pas envisager un management plus responsable fondé sur des individus renforcés dans leurs talents et compétences ? C’est le sens d’une histoire globale du travail, et de toutes les activités humaines, annoncé par Toffler ou Gorz depuis très longtemps.

Ce sont aussi les métiers qui se transforment. Ceux-ci sont fondés sur la communication, la création et la diffusion d’information, l’animation de réseaux…

De quels services et de quels lieux avons-nous besoin ?

Le contexte peut se définir en quelques mots :

  • Un temps de transport domicile travail qui dépasse les trente minutes est acceptable mais désagréable… s’il dépasse une heure dans chaque sens par jour, il est inacceptable en termes d’empreinte environnementale (notamment l’énergie), de santé, de temps global passé, de coût financier (individuel et entreprise pour la voiture, collectif pour les transports en commun), de performance individuel dans l’activité professionnelle. (1)
  • Les différents temps dans les métiers et les missions ont besoin d’outils de connectivité et de travail en commun de haut de gamme (investissement important, mutualisation nécessaire).
  • Les transformations de mode de travail sont très rapides. Les générations d’outils et de services numériques sont tellement rapprochées que l’on a besoin de coaching permanent et de confrontation quotidienne avec d’autres utilisateurs.
  • L’humanité est plutôt sociale, chacun a besoin de sortir de chez soi pour travailler, exister en société.
  • Chacun a besoin de se réapproprier son environnement immédiat (quartier ou village) pour se « localiser », s’ancrer. Cela demande une cohérence d’espace global de vie entre son ou ses lieux de travail et son domicile.
  • Le développement des nouvelles approches économiques : boucles locales, économie de la fonctionnalité, achats sur internet suggère la création de lieux d'inter-médiation, lieux physique au service des services numériques, dans une approche globale de développement durable.

C’est à tout cela que doivent répondre les nouveaux tiers lieux urbains, véritables outils de création de valeur territoriale dans une démarche globale de qualité de vie durable et de solidarité.

Un premier objectif pourrait être de faire gagner un million d’heures par jour aux Français, en diminuant les temps de transports pendulaires.

Signons la pétition : www.petition24.net/myoasis

 (1)  Voir le manifeste www.MyOasis.eu

 

 
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Gilles Berhault

Gilles Berhault est Président du Comité 21, Comité français pour le développement durable.

Il est également Président d’ACIDD, association communication et innovation pour le développement durable

Gilles Berhault est aussi l'auteur de Développement durable 2.0. L’internet peut-il sauver la planète ? (Edition de l’Aube)

Gilles Berhault

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