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Tous un peu coupables : y-a-t-il vraiment en France une culture du viol comme le dénonce Marlène Schiappa ?

Selon la Secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes, la rétrospective de Roman Polanski à la cinémathèque contribuerait à la "culture du viol".

Mauvaise cible ?

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Tous un peu coupables : y-a-t-il vraiment en France une culture du viol comme le dénonce Marlène Schiappa ?

Atlantico : Comment peut on interpréter cette notion de "culture du viol" ? N'y a t il pas une forme de glissement entre cette notion de "culture du viol" et une autre situation qui serait celle d'une culture du "silence"qui pourrait également être le fait des familles ? 

Peggy Sastre : Je suis assez affligée que Marlène Schiappa ait fait usage de cette formule qui n'a à ce jour aucune caractérisation claire et non contradictoire. Ce faisant, elle envoie peut-être un signe à sa communauté féministe de troisième ou quatrième vague – « youhou, j'ai les mêmes grigris que vous ! » –, mais elle ne fait rien ni pour circonscrire un problème, ni par définition pour le régler. Après, bon, c'est la même Secrétaire d’État qui, il y a quelques mois et concernant l'épisiotomie, nous expliquait que ce n'était pas au gouvernement de dire « la réalité des chiffres », donc je suppose que cela procède de la même « logique ».

Pour les féministes qui exploitent la formule, « la culture du viol » se dévoilerait par exemple dans la « banalisation » sociale du viol et des violences sexuelles en général. Or c'est totalement faux. Notamment, les auteurs de violences sexuelles sont surreprésentés dans le système pénal. Ainsi, depuis 1973, la population carcérale enfermée pour des motifs sexuels est passée de 5% à plus de 20%. Avec les États-Unis, la France est l’un des pays les plus répressifs au monde en la matière. Les détenus enfermés pour des motifs sexuels passent aussi plus de temps en prison que les autres et souvent dans des conditions des plus pénibles – on sait comment les « pointeurs » y sont les parias des parias. Contrairement au principe de proportionnalité de la peine et du crime, les atteintes au sexe sont autant voire davantage punies que les atteintes à la vie. Dès lors, loin de « banaliser » les violences sexuelles, nos sociétés les répriment très durement selon un régime d’exception, encadré par un arsenal législatif dont la sévérité n'a cessé de s’intensifier ces dernières décennies au bénéfice d’un large consensus droite-gauche, similaire à celui que l'on retrouve dans la population. C'est aussi (et entre autres) pour cela que les plaintes pour violences sexuelles sont si difficiles à judiciariser – pourquoi elles débouchent si rarement sur des procès et des condamnations. Cette réalité est conforme à l'un des piliers de l’État de droit, voulant qu'il soit plus grave de condamner un innocent que de laisser libre un coupable – lorsqu'on a affaire à des violences sexuelles, les risques individuels et sociaux d'une erreur judiciaire sont d'autant plus élevés, raison pour laquelle les juges exigent une solidité exceptionnelle des dossiers avant de décider de poursuites. Mais cela ne veut pas dire qu'ils s'en tamponnent, c'est l'exact inverse.

 
Commentaires

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  • Par patafanari - 01/11/2017 - 13:10 - Signaler un abus Anagramme révélateur de la secrétaire

    Palperas machine

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 01/11/2017 - 13:46 - Signaler un abus Chez la Marlène Schiavalppa ,

    Chez la Marlène Schiavalppa , Il existe plutôt une "culture de la connerie"....... Car si le viol est aujourd'hui le crime le plus réprimé, c'est surtout parceque tous les autres ne le sont pas assez.....!

  • Par Deudeuche - 01/11/2017 - 14:16 - Signaler un abus Bah si il y a un lien entre viol et sexe

    Sans être grossier et graveleux, non?

  • Par GP13 - 01/11/2017 - 18:55 - Signaler un abus La répression sexuelle a changé de camp.

    Il fut un temps , fort long, pendant lequel c'étaient les religions chrétiennes, chez nous, qui organisaient la répression sexuelle Ailleurs,l'islam n'échappait pas à cette réalité et, en plus, faisait, et fait encore ici ou là du viol des femmes impies, une répression par le sexe. Depuis quelques dizaines d'années, chez nous ,c'est la justice qui s'en occupe. Difficile de savoir si la justice de Dieu était efficace, mais celle des hommes ne semble pas avoir l'effet dissuasif escompté.

  • Par vangog - 01/11/2017 - 20:18 - Signaler un abus La connerie gauchisante est incommensurable!

    et Marlène Chiavalpalatête repousse les limite, chaque jour un peu plus...

  • Par Raymond75 - 02/11/2017 - 08:44 - Signaler un abus Crime et preuve

    Je sors avec une femme et passe une partie de la soirée avec elle ; à propos de je ne sais quoi on se dispute, puis la soirée se termine. Le lendemain matin, elle va à la gendarmerie porter plainte pour viol : cela suffit pour que je passe en cours d'assise ? --- Le viol est un crime, et les agressions sexuelles (hors viol) sont punies par la loi, mais encore faut-il des preuves. Il y a eu de nombreux cas d'hommes qui, accusés à tort, se sont suicidés. --- Les agressions dans l'intimité sont évidentes en cas de violences graves ; en dehors de cela une dénonciation n'est pas preuve ... C'est toute la difficulté. --- Quant à dire que pour les hommes le viol est banalisé, c'est tout simplement ignoble ! Les violences sexuelles sont une des expressions de la violence, et les hommes violents, s'ils sont très nuisibles, sont loin d'être la majorité, . --- Et j'ajoute un point qui va faire hurler les féministes de salon : oui, parfois la femme a une part de responsabilité. Une femme très court vêtue, qui boit et se drogue en boite, et qui monte dans la voiture du premier venu à sa part de responsabilité. Cela n'excuse pas l'agression, mais il y a des comportements à risque dangereux.

  • Par Letard - 14/01/2018 - 15:31 - Signaler un abus Mais qui est réellement une certaine SCHIAPPA?

    Surgie du quasi néant pour le commun des mortels par la grâce de jupiter le petit à peine élu, une certaine SCHIAPPA accapare depuis tribunes, micros et autres porte voix afin de lancer partout des idées aussi absurdes que fausses sur l'abomination masculine et sur la pureté souillée par ces mêmes hommes, des femmes. Quand on lit sérieusement et écouté tout autant la personne, on est frappé par le vide sidéral de la pensée, ce qui est macronien du dernier chic, puisque vous l'affirmez avec emphase et mépris de l'autre. Quand vous savez que la même a écrit des bouquins pornos de bas étage (pas érotiques, pornos) et pas fait grand chose d'autre, vous vous demandez quand même ce qu'elle fait dans un ministère de la République. Après la grotesque Belkacem, la furieuse pornographique Schiappa... La France finit par avoir à sa tête ce qu'elle mérite, puisqu’au lieu de se rebeller, de descendre dans la rue, elle baisse la tête, vote sur une méprise et applaudit le petit roitelet...

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Peggy Sastre

Peggy Sastre est écrivaine et traductrice. Elle est l'auteure de "Ex Utero : pour en finir avec le féminisme" et de "La domination masculine n'existe pas".

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