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Tous hypocrites ? Ces paradoxes que les Français oublient l’air de rien dans leurs réponses à l’enquête sur leur confiance dans les médias

Entre ce que les Français disent des médias et ce qu'ils consomment, il règne une certaine incohérence. Le sondage Kantar pour La Croix montre que plus de 9 Français sur 10 souhaitent veulent de l'information fiable, mais de moins en moins se tournent vers les médias qu'ils trouvent fiables... Et ce n'est qu'un paradoxe parmi d'autres.

Contre la doxa ?

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Tous hypocrites ? Ces paradoxes que les Français oublient l’air de rien dans leurs réponses à l’enquête sur leur confiance dans les médias

Atlantico : Le sondage Kantar pour La Croix montre plusieurs paradoxes dans le rapport des Français et de la presse.

1. Les Français se plaignent qu'on leur parle trop des thèmes accrocheurs, tels Neymar de l'affaire Fillon ou de la mort de Johnny Hallyday, mais ils ne lisent que ça.

Dominique Wolton : C'est l'éternel dilemme de l'offre et de la demande. Le citoyen regarde et lit ce qu'on lui offre, mais ce n'est pas parce qu'il regarde et qu'il lit qu'il est d'accord. Quand on lui donne trop de sujet « trash », il regarde et se distrait. Au-delà de la contradiction, il faut bien voir qu'il y a une responsabilité du côté de l'offre. Quand les médias disent qu'ils ne font que suivre la demande, qu'ils proposent ce que veulent les gens, ils ne font que la moitié du travail. La grandeur de la presse c'est dire aux gens des choses qu'ils n'ont pas envie d'entendre et qui ne les intéresse pas a priori. 

Aujourd'hui, avec toute cette obsession des baromètres, des sondages, des cotes d'amour, des sms et des réseaux, on est dans un pyramide de la demande qui fait que l'offre n'est que dans la reproduction d'une demande qui n'est qu'apparente.

C'est un problème anthropologique qui m'occupe depuis 40 ans, et depuis 40 ans je dis aux médias que vous ne pouvez pas faire ce que les gens veulent. Et même si aujourd'hui ou demain vous voyez sur les réseaux sociaux que les gens sont satisfaits de l'offre, cela n'est pas satisfaisant. Car le génie et le but de l'offre en matière de médias, c'est d'offrir aux gens quelque chose que les gens ne perçoivent pas, auxquels ils ne pensent pas, auxquels au premier abord ils semblent ne pas vouloir s'intéresser. 

2. Les Français trouvent la radio et la presse écrite plus fiable qu'internet dont ils disent se méfier, mais ils se renseignent de moins en moins sur les premiers médias et de plus en plus sur le second.

C'est la même contradiction. Ce que les gens aiment dans les réseaux, c'est la liberté – de parole, d'expression – mais comme l'être humain est voyeur, il cherche souvent des cochonneries, des petites choses sans importances, qui le conforte en plus dans son pessimisme. On est comme ça. Cela ne peut cependant encourager les médias à passer moins de temps sur les réseaux. Il faut marquer la différence entre les deux, et ce même si la presse à des réseaux à elle. 

Les réseaux sont l'expression, avec ces faiblesses, ces limites et aussi ces aspects positifs. L'aspect positif principal des réseaux est décontracte les choses et permet à un esprit critique de se manifester, mais l'essentiel de l'information ne doit pas passer les réseaux, et ce d'autant plus que les réseaux sont nombreux.

3. Le sondage montrent qu'ils se méfient de plus en plus de l'information transmises par leurs connaissances sur les réseaux sociaux, mais on sait que ce sont ces informations qui les atteignent et les touchent le plus aujourd'hui.

C'est encore le même problème ! Je vais prendre un exemple : nous sommes sur une autoroute. Un accident a lieu. Tout le monde ralentit pour regarder les morts. On veut les voir, alors qu'on sait très bien que c'est dégueulasse, dangereux etc. 

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 24/01/2018 - 12:07 - Signaler un abus "Heureusement qu'il y a les journaux gratuits" ?

    Un journal gratuit vit de la pub, et donc dépend à 100% des annonceurs et à 0% des lecteurs. Les articles sont rédigés à la va-vite, sans souci d'informer mais de faire croire qu'ils informent. Ces torche-cul sont à éviter et la multiplicité des sources est le meilleur garant d'une information fiable. Encore faut-il savoir lire et avoir un esprit critique, ce qu'on n'apprend pas à l'école...

  • Par vangog - 24/01/2018 - 13:45 - Signaler un abus Ils ne lisent que ça parce que les médias gauchistes...

    ne leur offrent que ça! CQFD...Wolton va encore être occupé pendant quarante ans avant de comprendre le mystère de la poule et de loeuf..

  • Par BABOUCHENOIRE - 24/01/2018 - 15:14 - Signaler un abus Savoir qu'ICI PARIS a été longtemps le journal le plus acheté

    montre bien les pôles d’intérêt des lecteurs français. Il faudrait également voir la formation ( si ce n'est le formatage ) des élèves journalistes. Avoir comme enseignants des journalistes de Médiapart , Libé , les Inrocks ou autres annoncent le profil des futurs journalistes et le resultat des votes dans 2 célèbres écoles en apporte la preuve.

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Dominique Wolton

Dominique Wolton a fondé en 2007 l’Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC). Il a également créé et dirige la Revue internationale Hermès depuis 1988 (CNRS Éditions). Elle a pour objectif d’étudier de manière interdisciplinaire la communication, dans ses rapports avec les individus, les techniques, les cultures, les sociétés. Il dirige aussi la collection de livres de poche Les Essentiels d’Hermès et la collection d’ouvrages CNRS Communication (CNRS Éditions).

Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages dont Avis à la pub (Cherche Midi, 2015), La communication, les hommes et la politique (CNRS Éditions, 2015), Demain la francophonie - Pour une autre mondialisation (Flammarion, 2006).

Il vient de publier Communiquer c'est vivre (Cherche Midi, 2016). 

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