Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 16 Janvier 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Theresa May entre le marteau et l’enclume des pro et des anti-Brexit d’Irlande du Nord, du pays de Galles, d’Ecosse et de la City

Les négociations entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne n’avancent pas et ont réveillé les ambitions d’autonomie des régions qui ont beaucoup à perdre du Brexit.

Atlantico Business

Publié le
Theresa May entre le marteau et l’enclume des pro et des anti-Brexit d’Irlande du Nord, du pays de Galles, d’Ecosse et de la City

A une semaine d’un sommet européen qui devrait acter le début de la procédure de divorce entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne, Theresa May n’a toujours pas réussi à obtenir un accord sur les conditions préalables à l’ouverture de la discussion sur les modalités de la séparation.

La Première ministre britannique est de plus en plus coincée entre les exigences des européens et les revendications de son opinion publique qui accepte mal une situation voulue par une majorité de citoyens mais qui mesure jour après jour les risques économiques de son application.

L’Union européenne avait demandé à ce que la Grande-Bretagne règle trois dossiers importants et graves avant d’entamer la négociation sur les modalités qui seront appliquées après le Brexit dans le domaine commercial et financier.

D’abord, la question du statut fiscal et social des résidents européens.L’Union européenne voulait qu’on règle la question du sort des résidents européens en Grande Bretagne et celle des résidents britanniques en Europe. A priori, sur le principe, ce dossier est réglé, la réciprocité fera qu’on acceptera une sorte de statu quo pour les personnes installées de part et d’autre de la Manche. Les droits sociaux, notamment de Sécurité sociale et des retraites, seront préservés de part et d’autre.

Ensuite, la question du chèque à payer pour solde de tout compte. L’Union européenne a demandé un remboursement des engagements financiers et un dédommagement sur les charges engagées par l’Union européenne. Dans un premier temps, l’Union européenne avait demandé 100 milliards d’euros. Après moult discussions, Theresa May avait proposé 50 milliards d’euros, chiffre sur lequel tout le monde est à peu près d’accord.

Enfin, la question de l’Irlande du Nord. Pour ne pas raviver les antagonismes entre l’Irlande du Nord (Belfast, très protestante, et très britannique) et l’Irlande du Sud (Dublin, très catholique), très arrimée à l'Union européenne. Pour ne pas casser le processus de rééquilibrage entre les deux irlandais, pour ne pas recréer une frontière physique, l’Europe a demandé un statut particulier à l’Irlande du Nord. Ce que Theresa May a finalement accepté de défendre.
Le problème, c’est que ce compromis qui permet de garantir la paix en Irlande et d’assurer son processus de développement a réveillé les velléités d’autonomie ou de statut dérogatoire de la part des Gallois, puis des Ecossais, puis de la City de Londres dont le maire, très pro européen, cherche à préserver les emplois qui s’échappent.

Theresa May se retrouve face àune fronde régionale qui pourrait devenir très vite ingérable.

En attendant, la situation économique s’affaiblit, la plupart des instituts d’étude économiques dépendant de l’OCDE et du FMI tablent sur un affaiblissement de la croissance, pour cause de ralentissement du commerce avec le continent. Ils constatent déjà une hausse du chômage, une baisse des investissements compte tenu des incertitudes, des marchés financiers et du niveau de la livre qui varie avec les nouvelles diverses et contradictoires sur le Brexit.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 06/12/2017 - 21:49 - Signaler un abus Comme dans tout divorce...

    les protagonistes ont peur et cherchent à reculer le plus longtemps possible l'épreuve ultime. Mais ceux qui ont eu le courage de franchir l’épreuve indispensable savent qu’il est inutile d’attendre, lorsque le divorce est dans les têtes...plus on temporise et plus on prend le risque que la famille se déchire! C’est ce qui arrive avec les enfants de l’Angleterre, Irlande, Ecosse, Galles...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€