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Terrorisme : l’Etat islamique pourrait préparer une attaque sur un stade à l’aide de drones

Une équipe d'analystes d'Open Briefing, une agence privée anglaise de renseignement, alerte sur le risque de l'utilisation de drones par le groupe terroriste pour mener des attentats de masse contre des événements sportifs en Occident. Un risque qui doit être pris au sérieux.

Air Daech

Publié le
Terrorisme : l’Etat islamique pourrait préparer une attaque sur un stade à l’aide de drones

Atlantico : Une équipe d'analystes d'Open Briefing, une agence privée anglaise de renseignement, alerte sur le risque de l'utilisation de drones par l'Etat islamique pour mener des attentats de masse contre des événements sportifs en Occident. Cette menace vous semble-t-elle réelle ?

Alain Rodier : Il n'est pas une semaine sans que l'on évoque la possible utilisation d' "armes spéciales" par des terroristes.

Généralement, il s'agit d'armes chimiques, bactériologiques ou de bombes sales. L'équipe d'analystes évoque l'utilisation de drones que le Groupe État islamique (GIE) pourrait lancer sur une foule. Si techniquement, cela reste du domaine du possible, il convient de se mettre à la place de l'adversaire pour comprendre les difficultés auxquelles il est confronté.

Tout d’abord, le matériel en lui-même. Si des dizaines de milliers de drones sont vendus dans le commerce chaque année, il convient de remarquer que ces engins n'ont, pour la grande majorité d'entre eux, pas la capacité d'emporter une charge importante. Pour les plus gros (je ne parle pas des drones militaires), ils peuvent recevoir soit une arme automatique de petit calibre, soit une charge explosive, soit un moyen d'épandage pour des matières chimiques nocives. Mais à chaque fois un problème se pose. Dans le cas d'une arme automatique, elle ne peut alors être approvisionnée qu'au maximum d'une centaine de munitions (et encore…). Pour être assez précise, elle doit s'approcher à quelques dizaines de mètres de la cible. Dans le cas d'une charge explosive, pour qu'elle soit létale, il convient de l'équiper de projectiles en métal, l'explosion en elle-même ne servant qu'à projeter ces shrapnells (boulons, clous, etc.). Dans ces deux cas (munitions ou morceaux de métal), cela alourdit considérablement la charge qui devient rapidement impossible à transporter. Enfin, il reste le système d'épandage mais il convient également dans ce cas d'avoir assez de "matière" car un gaz ou un produit chimique répandu dans l'air doit avoir une concentration suffisante pour être efficace (sans parler du vent qui disperse cette matière).

Ensuite, il faut pouvoir guider le drone à destination ce qui, même avec une caméra embarquée, n'est pas une chose aisée et plus le drone sera lourd, moins il sera maniable. De plus, les drones civils sont très sensibles aux courants d'air et leur perte de contrôle est une chose fréquente.

Donc, sans minimiser la menace qui est réelle, il est possible de penser que son pouvoir létal reste relativement limité. Par contre, il est possible que la panique engendrée au sein d'une foule soumise à ce genre d'attaque risque de créer beaucoup plus de victimes.  

Y a-t-il des précédents d'utilisation d'aéronefs sans pilotes à des fins terroristes ?

Quand les drones n'étaient pas à la mode, il existait déjà les maquettes d'avions ou hélicoptères. Il y a une vingtaine d'années, les escortes des dirigeants sud-coréens comportaient toujours un champion de ball-trap armé d'un riot gun qui était chargé d'abattre toute maquette qui pouvait s'approcher de l'autorité. En effet, les Sud-coréens pensaient que les services nord-coréens allaient utiliser cette méthode pour assassiner des autorités.

Plus récemment, le FBI a déjoué une tentative d'attentat contre le Capitole. Le terroriste voulait y envoyer une maquette d'avion (de plus d'un mètre d'envergure tout de même) avec plusieurs grenades à son bord. En dehors du fait que s'il avait réussi, cela n'aurait pas fait grand mal au bâtiment car la charge était largement insuffisante, le terroriste n'a pu venir à bout de son projet car la maquette lui a été fournie par un agent du FBI agissant sous couverture. Il a été serré au moment de la perception de l'engin...  

 
Commentaires

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  • Par brennec - 26/02/2016 - 13:25 - Signaler un abus Sérieusement?

    Une page de plus au catalogue des bonnes idées pour terroristes.

  • Par zouk - 26/02/2016 - 13:43 - Signaler un abus Drones terroristes

    Nous verrons certainement apparaître des drones capables de transporter des charges lourdes. Quels contrôles sont-ils prévus? M^me si nous savons tous qu'en dépit des contrôles, il existe un marché noir des armes de guerre.

  • Par de20 - 26/02/2016 - 17:39 - Signaler un abus La planète des singes...

    La planète des singes...

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur en 2015 de "Grand angle sur les mafias" et de " Grand angle sur le terrorisme" aux éditions UPPR (uniquement en version électronique), en 2013 "le crime organisé du Canada à la Terre de feu", en 2012 "les triades, la menace occultée", ces deux ouvrages parus aux éditions du Rocher, en 2007 de "Iran : la prochaine guerre ?" et en 2006 de "Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme" aux éditions ellipse, Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier "la face cachée des révolutions arabes" est paru chez ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS.

 

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