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Vox populi

Publié le 22 décembre 2011

"Terra Nova se trompe de cible, le PS doit avant tout séduire
les salariés et les ouvriers"

Lors de sa visite sur les chantiers de Saint-Nazaire lundi, François Hollande a rappelé que l'électorat populaire avait sa place chez les socialistes. Si cette conviction ne fait pas l'unanimité à gauche, elle n'en demeure pas moins un élément fondamental et historique du Parti socialiste...

 
François Hollande à Mantes-la-Jolie.

François Hollande à Mantes-la-Jolie. Crédit Reuters

Atlantico : François Hollande, en visite lundi aux chantiers de Saint-Nazaire, a déclaré : « L’électorat populaire a sa place avec nous ». La victoire de la gauche en 2012 passe-t-elle forcément par une reconquête d’un électorat populaire, aujourd’hui plus enclin à voter FN ?

Laurent Baumel : A l’évidence oui. Le PS doit reconquérir les « couches populaires intégrées », c’est-à-dire ces millions de salariés, employés, ouvriers, qui travaillent mais subissent depuis bon nombre d’années la précarisation, la stagnation salariale, le déclassement… C’est une question centrale pour la campagne de 2012, au regard notamment des défaites électorales des années 2000.

 

Par quoi passe cette reconquête ?

Par un agenda qui réponde à leurs attentes. Il faut que, dans l’offre politique des candidats socialistes, et on voit d’ailleurs que François Hollande a commencé à se positionner dans ce sens, il y ait des réponses lisibles et mobilisatrices sur des sujets tels que le pouvoir d’achat, la sécurité économique, la valorisation du travail, la réaffirmation du pacte républicain…

 

A contrario, Terra Nova a invité le PS, dont il est proche, à se tourner vers un électorat sensiblement différent de l'électorat populaire traditionnel (la note du think tank évoquait un électorat plus jeune, féminin, diplômé et immigré). La gauche n’a-t-elle pas besoin de se renouveler un peu ?

Non, Terra Nova a tort pour deux raisons. La première est d’ordre éthique et moral, voire identitaire. La gauche a vocation à mobiliser le monde du travail, les salariés et ouvriers. Si elle perd cette vocation elle perd une partie de sa raison d’être historique et philosophique. En outre, ils ont tort d’un point de vue stratégique, parce que la coalition qu’ils proposent est en réalité déjà celle qui vote pour le Parti socialiste. Et les années 2000 ont montré que cette coalition était minoritaire.

Être majoritaire dans la fonction publique, dans les centres villes intellectualisés, dans la population féminine, chez les gens issus de l’immigration… c’était déjà le cas en 2007. Ces couches-là votent souvent pour la gauche. Mais elles ne sont pas majoritaires. On ne peut pas gagner une élection présidentielle s'il on ne fait pas de meilleurs scores que ce qui a été fait par le passé dans les couches populaires intégrées, dans le monde ouvrier…

 

Alors comment expliquer que le Parti socialiste ait perdu cet électorat qui faisait son identité ?

Il ne l’a pas totalement perdu, mais il a été minoritaire dans le vote de ces classes-là lors des derniers scrutins nationaux importants. Ces couches n’ont pas eu le sentiment, dans les années 2000, que la gauche avait des réponses suffisamment claires à leurs problèmes. Elles ont aussi été trompées, illusionnées en 2007, par un mot d’ordre démagogique de Nicolas Sarkozy, sur le fait qu’elles pouvaient attendre de lui une amélioration de leur pouvoir d’achat. La gauche n’a donc pas été assez attractive, et elle a de plus été confrontée à des réponses alternatives démagogiques de ses concurrents.

 

Peut-être y a-t-il aussi un problème d’identification. A savoir que l’électorat populaire ne se retrouve pas vraiment dans le programme ou les candidats du PS ?

Pas forcément. François Hollande est un élu de terrain, honnête, proche des gens. Il a la capacité personnelle de nouer cette relation avec les classes populaires. Le sujet est plutôt que l’homme et le programme se rejoignent. Ce sera le cas en janvier de manière assez nette.

 

C’est cette cohérence qui a manqué aux socialistes lors des scrutins précédents ?

Sans doute, il y a une alchimie à trouver entre une personnalité, un parcours, une orientation politique et des propositions concrètes. J’ai le sentiment que François Hollande, qui a bien compris cette question, est en train de se donner les moyens de résoudre l’équation.

 

Un sondage Ifop/Atlantico, fin novembre, montrait que 37 % des catégories ouvrières souhaitaient voter pour Marine Le Pen, contre 17 % seulement pour François Hollande. N’est-il pas trop tard pour récupérer cet électorat ?

Non, l’élection n’a pas encore eu lieu. La campagne est une dynamique, avec des confrontations d’arguments. Pour ma part je persiste à penser que la reconquête des couches populaires, même si elles se tournent aujourd’hui vers le Front National, reste tout à fait possible. 

 

Propos recueillis par Romain de Lacoste

 
Commentaires

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  • Par vangog - 23/12/2011 - 22:29 - Signaler un abus Si le PS était un parti de convictions, il n'aurait pas à se

    tourner vers tel ou tel électorat, comme le pensent ces médiocres post-idéologues, il aurait un électorat! Aux idées, le PS a préféré la démagogie, politique à très court terme...

  • Par PASCONTENT - 23/12/2011 - 12:49 - Signaler un abus C'est pour cela

    que nombre de socialistes sont passés à droite ou à rien; Du Parti des travailleurs cadres , ouvriers, employés, artisans ,en tous genres ,le PS est devenu le parti des fainéants ,des étrangers en situation irrégulière et des BoBos démagogues

  • Par Villaterne - 23/12/2011 - 09:28 - Signaler un abus Mensonge

    Mr Hollande veut sans doute parler de l'électorat populaire étranger ! C'est pourquoi il veut lui donner le droit de vote. Car le peuple français lui sait déjà que ces gens-là l'on trahi !

  • Par vangog - 22/12/2011 - 22:15 - Signaler un abus Le "Hollandais volant", un pilote de navire Fantôme...

    Il est vrai que le PS était, autrefois, une émanation des couches populaires, mais il est devenu comme la figure du Hollandais volant: Une âme morte, errant entre vieilles idéologies, Social-démagogie, alliances contre nature avec des partis qui font des croque-en-jambe vicieux au croque-mort de Hollande, prêts à récupérer la mise parmi ses ses vieux os réduits en poussière!

  • Par François78 - 22/12/2011 - 20:59 - Signaler un abus Le bon choix : perdu !!!

    Hollande a fait son choix, j'ai compris, moi aussi j'ai choisi. Trop tard François ...
    Dis merci aux humanistes de salon, qui ne connaissent rien d’autre que leur humanité imaginaire et qui, avant de réviser les manuels d'histoire feraient bien de l'apprendre.
    Du point de vue de la "biologie" avant la théorie du genre, tout le monde a vu que Terra nova est une maladie auto-immmune mortelle.

  • Par Equilibre - 22/12/2011 - 18:14 - Signaler un abus Blague à part

    Sinon, l'article nous amène à penser que, dans un élan de mansuétude électorale, les socialistes daignent bien se pencher vers les couches populaires avec un entrain non dissimulé. Ils ne savent pas comment faire, mais ils vont essayer. Bonne chance.
    @ATLANTICO : 400, trop court. On est en réduit à des formulations lapidaires, sans pondération possible. 800 mieux, au moins pendant les élections.

  • Par Equilibre - 22/12/2011 - 17:49 - Signaler un abus Nouvelle expression de novlangue: couches populaires intégrées

    Je ne vois pas ce que le mot "intégrées" vient faire ici. Au vu de la photo (trompeuse?), je dirai: toute l'immigration africaine vivant ici (sauf un, au milieu, cravate bleu).
    Me tromperai-je? Moi pas parler "nov-socialiste". Moi bête. Moi que Bac+5, et pas ENA ou Science-Po.
    Et s'il y a "intégrées", il y a désintégrées. C'est qui, quoi, en "nov-socialiste", les couches populaires désintégrées?

  • Par ACL - 22/12/2011 - 16:32 - Signaler un abus Qu'ils continuent comme cela

    Ils ne se trompent pas ; ils courent derrière les bobos, les gauchistes "verts" et pensent à leur clientèle enseignants et bureaucrates ; voir la politique délirante appliquée à Paris par Delanoé.
    La France, le peuple, la nation, c'est le cadet de leurs soucis, du moment qu'ils se construisent l'électorat qui les maintiendra au pouvoir (et surtout aux gamelles) ; voir les régions, départements et

  • Par Alex de M. - 22/12/2011 - 12:03 - Signaler un abus Absurdissime !

    Comment prétendre aimer le peuple en étant le chantre extrémiste d'une immigration de peuplement, de substitution qui dilue la solidarité nationale, minimise les salaires et maximise les impôts ?
    On ne peut choisir de défendre les profits des multinationales et prétendre protéger les plus faibles.
    Regarder la photo suffit à comprendre ceux qu'hollande appelle son peuple !

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