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Tension sur les armées : mais à quels intérêts industriels opposés à l'intérêt général fait référence le Président Macron ?

Emmanuel Macron demande un effort financier de 850 millions d'euros, qui porte sur le matériel en opération extérieure des forces militaires françaises. Selon lui, "L'intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels".

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Tension sur les armées : mais à quels intérêts industriels opposés à l'intérêt général fait référence le Président Macron ?

Atlantico : Emmanuel Macron a fait référence au lobby militaro industriel le 13 juillet à l'Hôtel de Brienne. Qu'entend-il par là ? Est-ce que les coupes budgétaires sont aux finals plus préjudiciables pour l'armée ou les industriels selon vous ?

Romain Mielcarek : En France, la Défense dépend de plusieurs acteurs. L’industrie de l’armement en est un qui reste crucial. Pour mener leurs missions à bien, les militaires ont besoin d’être équipés et pour pouvoir le faire en toute indépendance, notre pays a toujours choisi de préserver un tissu industriel national fort. C’est la raison d’être de nos entreprises d’armement : fournir tout ce dont nos soldats ont besoin. Malgré de très bon résultats à l’export ces dernières années, la France reste d’ailleurs le client numéro Un de nos entreprises.

Emmanuel Macron fait ici, avec cette réduction budgétaire, un choix politique et stratégique. Il veut faire rentrer l’ensemble des dépenses, opérations extérieures incluses, dans le budget de la Défense. Ce n’est pas une baisse du budget mais une économie pour justement respecter ce budget. En 2016, la Cour des Comptes sonnait l’alarme sur les surcoûts des opérations extérieures : 1,1 milliards d’euros entre 2013 et 2015 ont dû être rajoutés à l’ardoise. Derrière cette démarche comptable, on peut voir une volonté du gestionnaire Macron qui veut remettre les choses à plat.

Cette annonce a alerté les hauts responsables militaires qui s’inquiètent du niveau d’équipement des troupes. Une telle réduction menace les moyens mis à disposition de nos soldats : véhicules neufs, notamment pour ceux qui doivent arriver dans le futur, alors que les militaires peinent sur le terrain avec des engins souvent mis à rude épreuve, mais aussi pièces de rechange. Le Parlement a alerté à plusieurs reprises le gouvernement des difficultés à maintenir les équipements en conditions opérationnelles.

Dans ce bras de fer politico-médiatique ente le président et la plus haute autorité militaire, Macron manœuvre en politique. Nos militaires bénéficient d’une très bonne opinion auprès des Français. Difficile de leur demander de concevoir à des sacrifices supplémentaires. Dénoncer le lobby militaro-industriel, c’est un moyen de déplacer la responsabilité de cette opposition en pointant du doigt les entreprises. Si l’opinion publique s’émeut de ce qui touche nos soldats, il est peu probable qu’elle prenne le parti des fabricants d’armes ! Surtout lorsque l’on a multiplié les annonces de contrats juteux signés à l’étranger !

Reste à savoir qui paiera les pois cassés. La réponse est simple : les militaires ET les industriels. Les premiers parce qu’ils devront encore tenir avec des matériels dont beaucoup sont particulièrement vieux et fatigués (la majorité des soldats vont au combat avec des véhicules qui ont l’âge de leurs parents…). Les seconds parce que les programmes d’équipement vont devoir encore patienter et qu’ils perdent ici une importante source de revenus. A ne pas négliger non plus : ces décalages peuvent entrainer des surcoûts… qui seront finalement payés par le contribuable.

 
Commentaires

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  • Par lafronde - 18/07/2017 - 11:01 - Signaler un abus Faire porter les coupes budgétaires sur l'assistanat !

    Il n'est pas très difficile pour un Gouvernement national de réduire la dépense sociale : notamment celle de l'assistanat. D'autant plus que les clients de cet assistanat sont souvent étrangers, voire clandestins. Aucune raison de payer donc. Certains descendants d'immigré s'organisent en insurrection contre la Police dans les "territoires perdus de la République". Ceci depuis un vingtaine d'années. Réprimer ces insurrection pourrait se faire en déchéant ces insurgés de leur citoyenneté français, puis en les expulsant. D'une pierre deux coups : moins de délinquance - qui coûte très cher ! et moins d'assistanat ! Le gouvernement peut aussi faire des économies notable en affichant une attitude hostile aux migrants clandestins, pseudo réfugiés, vrais opportunistes motivés par l'argent. Leur indiqué que leur droits se trouvent dans leur pays d'origine. Ces mesures seraint celles d'un Gouvernement national, patriote. Mais notre Gouvernement n'est que républicain, d'une République qui n'est plus française - faute de préférence nationale - et qui se veut de plus en plus universelle. Dans ce cas notre Armée nationale passe après le budget pour les clandestins et le Grand remplacement !

  • Par xenophon - 18/07/2017 - 11:58 - Signaler un abus Zadig.

    Achetons des Toyotas climatisées pour nos soldats au Mali, si ça peut faire l'affaire en les blindant légèrement latéralement et renforçant les chassis;. Et on pourrait s'en payer une palanquée avec ce que nous coute la remise en condition des VAB! C'est vrai qu'on construit d'abord pour l'exportation.

  • Par cloette - 18/07/2017 - 16:59 - Signaler un abus l'Etat pourrait faire un effort financier sur son train de vie,

    et prendre exemple sur celui d'Angéla Merkel, ou celui de De Gaulle qui payait son électricité . Quant aux lobbies incriminés, de quoi s'esclaffer d'une telle remarque .

  • Par Mamounette - 18/07/2017 - 19:17 - Signaler un abus La famille

    Quand le Général recevait ses petits enfants, il demandait la note (dixit Edwy Plenel), il est de notoriété publique que les de Gaulle ont toujours reçu leur famille, rarement à l’Élysée, à leur frais. Quand Macron et Brigitte recevrons leurs famille demanderont-ils la note comme le Général ?

  • Par vangog - 18/07/2017 - 20:37 - Signaler un abus Réduire le train de vie de l'état PS?....

    Houlalah! Mais vous n'y pensez-pas! Encore moins taper dans les allocations pour les étrangers, futur électeurs du macronisme, ni dans les subventions à la presse gauchiste...non, non, tapons dans les ministères régaliens qui, de plus, étaient les chouchous du programme de Marine Le Pen...ils ne peuvent donc être que mauvais!

  • Par Deudeuche - 18/07/2017 - 22:21 - Signaler un abus Et Areva

    C'est pas un industriel, saloperie d'Enarchie à chier!

  • Par Deudeuche - 19/07/2017 - 09:02 - Signaler un abus La DGA est un intermédiaire

    Souvent parasitaire qui gagnerait à être remplacé par les industriels ayant eu une expérience militaire. C'est un grand Corps parisien à effectif pléthorique de civils aimant leur fromage d'Ile de France.(très peu d'agents ailleurs en France)

  • Par cloette - 19/07/2017 - 09:24 - Signaler un abus Je suis de plus en plus inquiète

    Cela ne sent pas bon ( les vents mauvais ) ,comme dirait Zazie keskpudonctan ?

  • Par cloette - 19/07/2017 - 09:41 - Signaler un abus ça y est

    le Général a présenté sa démission !

  • Par Haddock36 - 19/07/2017 - 13:59 - Signaler un abus Un geste courageux

    Un chef d'Etat-Major qui démissionne c'est 10 généraux qui ne demandent qu'à prendre la place; c'est ce qu'on appelle l'esprit de corps. Et je suis prêt à parier que le remplaçant sera macron-compatible.

  • Par zen-gzr-28 - 20/07/2017 - 01:41 - Signaler un abus Aberrant !

    Le budget de l'éducation nationale est augmenté tous les ans pour des résultats catastrophiques (les grèves sont payantes). L'Armée française se voit pénalisée depuis des années. Les exécutifs successifs cèdent aux manifestations répétées des différents corps de métiers grâce a des syndicats subventionnés chichement par l' Etat. Il y a un os quelque part !

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Romain Mielcarek

Romain Mielcarek est journaliste indépendant, spécialiste des questions de défense et de relations internationales. Il mène également une thèse en sociologie sur des problématiques d'influence, de communication et de récit médiatique dans la guerre. Il est chercheur associé à l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE).

Il anime le site Guerres et Influences (http://www.guerres-influences.com). Il est l'auteur de "Marchands d'armes, Enquête sur un business français", publié aux éditions Tallandier.

 
 

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Michel Goya

Michel Goya est colonel dans l'armée de terre, aujourd'hui retiré du service actif. Il est désormais consultant en stratégie et organisation.

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