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Tempête sur Lula et Dilma Roussef, ces idoles brésiliennes dont la chute ne modifiera rien aux réflexes de la gauche bobo française

Mercredi 16 mars, le Brésil a connu d'importantes manifestations. En cause, la diffusion d'écoutes téléphoniques de Dilma Roussef, actuelle Présidente de la République du Brésil, dans lesquelles la femme d'état avoue avoir propulsé Lula da Silva au gouvernement pour lui éviter de répondre devant la justice. Une nouvelle icône de la gauche morale qui s'effondre, après Chávez ou Kirchner.

Tomber et retomber dans les mêmes panneaux

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Tempête sur Lula et Dilma Roussef, ces idoles brésiliennes dont la chute ne modifiera rien aux réflexes de la gauche bobo française

Atlantico : Ce mercredi 15 mars, des manifestations massives ont eu lieu partout au Brésil, à la suite de la diffusion d'écoutes téléphoniques de Lula da Silva et de Dilma Roussef dans lesquelles celle-ci reconnaissait avoir nommé Lula chef de cabinet du gouvernement pour lui éviter la prison. Alors que la gauche française se revendiquait du parti du peuple, notamment au travers de Ségolène Royal "Je sors de l'entretien avec Lula que j'ai retrouvé avec joie, charismatique et simplissime. Avec son CAP de tourneur comme seul diplôme, il a tenu tête au FMI et aux banques et surmonté 2 grandes crises économiques. 84% de popularité à la fin de son second mandat.

Qui dit mieux ?" Qu'est-ce que ce nouveau scandale traduit d'une gauche "morale" jusqu'à présent encensée par la presse et la gauche en France ?

Gilles-Wiliam Goldnadel : Cela montre clairement le décalage entre la présentation qui est faite de ces icônes de la gauche – laquelle ressemble à une forme de canonisation ou de béatification – et la réalité, beaucoup plus crue sur le terrain. Ce qui s'est passé au Brésil hier, mais également depuis quelques semaines, est quelque chose de proprement extravagant, digne d'une République bananière, au sens littéral du terme. Oser utiliser un maroquin ministériel pour empêcher quelqu'un – en l'occurrence Lula da Silva – de répondre à la Justice, c'est tout simplement énorme. Et pourtant… les réactions en France demeurent très compassées. J'entendais ce matin Bernard Guetta sur France Inter, lequel était extrêmement modéré. Toute cette affaire était expliquée par la crise économique et bien d'autres choses… Mais mon imagination reste impuissante à exprimer ce que Bernard Guetta aurait pu dire si, par hasard, il s'était agi de quelqu'un de droite et non de gauche. La situation ne change pas et la réalité entre toujours en opposition avec la vision iréniste, angélique de la gauche française à l'égard des icônes de la gauche latine. Rappelons-nous les larmes de Jean-Luc Mélenchon lors des obsèques d'Hugo Chávez. Cet homme n'était ni plus ni moins qu'un dictateur antisémite et a été encensé par Jean-Luc Mélenchon. Cristina Fernández de Kirchner a également connu une très bonne presse en France, alors qu'elle quittait le pouvoir argentin – avec son ministre des Affaires Etrangères, Héctor Timerman – après avoir couvert l'assassinat d'un procureur de la République Argentine. Il poursuivait l'Etat Iranien et le Hezbollah pour avoir fait sauter l'équivalent du CRIF Argentin. Voilà la réalité en Amérique Latine.

Contentons-nous d'un exemple bien plus franco-français ! Observons la différence de traitement entre ce qui peut se dire aujourd'hui sur Monseigneur Barbarin et sur ce qui ne s'est pas dit sur Monseigneur Gaillot, qui avait fait venir en pleine connaissance de cause un enseignant canadien, dont il connaissait le caractère pédophile. Il savait son passé pédophile et celui-ci a réitéré en France. Cela n'a pas pour autant fait autant de bruit que l'affaire Barbarin ne peut le faire désormais. Et pour cause : Monseigneur Gaillot est l'une des icônes de la gauche radicale ! Alors même que, pour Monseigneur Barbarin, la messe n'est pas encore dite, il est déjà attaqué de part et d'autre.

Pour en revenir à l'attitude de la gauche, il me semble important de souligner qu'il s'agit d'un comportement inscrit dans l'ADN de la gauche morale à la française. Elle se regarde avec beaucoup d'indulgence. Rarement, elle attaque ses propres ouailles, alors même qu'elle fait preuve d'une extravagance et d'une virulence toute particulière à l'égard de la droite. Je ne prétends pas que la droite se conduit mieux, loin de là. Ce serait faux : les hommes sont les hommes. Il existe néanmoins une différence de taille entre la droite et la gauche, puisque la première ne chante pas la messe et n'organise pas sa propre autocélébration. Cette attitude là est proprement immorale.

Au vu des différentes réactions qu'a pu avoir la gauche française par le passé, notamment à l'égard de Chavez, faut-il attendre que notre propre gauche apprenne de ses erreurs et désacralise certaines de ses idoles ouvertement désuètes ? A quand la fin des "Moi, président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire." ?

Je crois que lorsque la gauche se dé-gauchisera, ce genre de discours pourrait prendre fin. Nous avons une expérience assez stable de la gauche française depuis mai 68. Depuis mai 68, la gauche française est une gauche gauchiste. Le Parti Socialiste lui-même a été victime d'un tropisme particulier, en ce qui concerne le trotskysme et le post-trotskysme. Une forme d'esprit postchrétien, quasi religieux. 

 
Commentaires

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  • Par Fredja - 18/03/2016 - 14:56 - Signaler un abus Contre vents et marées

    tout ce que la novlangue gaucho-bobo décrète devient la vérité. Si on ne va pas chercher aussi loin qu'au Brésil, on a en France un président qui a menti sur sa situation patrimoniale, et son élection n'est même pas remise en cause... Sans compter sa déclaration de "vie maritale" avec une femme mariée à un autre... On est aussi dans une belle république bananière.

  • Par Anguerrand - 18/03/2016 - 16:29 - Signaler un abus La gauche française n'a rien à envier

    qu'au Brésil, les plus truands sont les Cahuzac, le parejure, les DSK, les Lang, etc, la SEULE difference c'est que les juges les défendent pour cause de proximité politique. Idem au Venzuela ou un communiste s'en met plein les fouilles. Vive le socialisme et leurs soutiens du FN.

  • Par vangog - 18/03/2016 - 22:41 - Signaler un abus Et n'oublions pas le gauchiste Lech Walesa...

    qui collabora avec les fascistes rouges et leur police politique, condamnant probablement des innocents à la torture et aux camps de concentration socialistes, avant de devenir l'icône de toute la gauche interlope, parcequ il permit de faire tomber un Général de son piédestal, gauchiste, comme lui...

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Gilles-William Goldnadel

Gilles William Goldnadel est un avocat pénaliste aux prises de position contestataires, président fondateur d'Avocats sans frontières. Il fut le défenseur des accusés dans les affaires Sentier I et Sentier II, ainsi que dans l'Angolagate. Il est l'auteur de "Réflexions sur la question blanche" et de "Le vieil homme m'indigne ! : Les postures et impostures de Stéphane Hessel" parus chez Jean-Claude Gawsewitch. Gilles William Goldnadel est également secrétaire national de l'UMP aux médias et à la désinformation.

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