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Ce tabou qui se brise sur les forums en ligne : les mamans qui regrettent d'avoir eu des enfants

Sous couvert d'anonymat, de plus en plus de femmes témoignent sur les réseaux sociaux et confient leurs regrets d'être mères.

Sortir du silence

Publié le - Mis à jour le 21 Octobre 2016
Ce tabou qui se brise sur les forums en ligne : les mamans qui regrettent d'avoir eu des enfants

Atlantico : De plus en plus de femmes admettent sous couvert d’anonymat leur regret d’avoir eu des enfants, notamment sur une page Facebook consacrée au phénomène (voir ici). Quelles sont les raisons qui peuvent pousser les femmes à regretter d'avoir eu des enfants ?

Malvine Zalcberg : Pendant longtemps, les femmes n’envisageaient pas d'autres issues à leurs vies que la maternité. La liberté personnelle associée à la liberté sexuelle a définitivement transformé la maternité en un choix. Mais même dans nos sociétés occidentales, toutes les femmes ne se sont pas imprégnées de l’idée qu’elles peuvent choisir d'avoir des enfants… ou pas. Certaines femmes laissent parfois le désir d’un autre – la société, la famille, un compagnon – prévaloir sur le leur. Confrontées aux témoignages de femmes exprimant leur joie de disposer librement de leur temps pour se consacrer entièrement à d’autres réalisations, celles-ci peuvent arriver à la conclusion que le choix de la maternité ne correspondait finalement pas tout à fait à leur désir profond.

Assurer les tâches sans fin qu’implique la tenue d’une maison (qui incombe encore grandement aux femmes) et répondre à l’exigence d'attention du partenaire et des enfants – si chronophages ! – rend difficile voire impossible le développement de projets personnels et professionnels tels que certaines femmes l'auraient souhaité.

Comment expliquer cette nouvelle prise de parole ? Est-ce un vrai phénomène générationnel ou bien un tabou qui existe depuis toujours et dont les femmes n’ont jamais osé parler ?

Élever un enfant exige des sacrifices que certaines femmes ne sont pas prêtes à faire. Cela demande du temps et, surtout, du courage pour ne pas se soustraire à la responsabilité d'imposer des limites et d’édicter certaines interdictions – et faire face aux conflits qui peuvent survenir en conséquence. Parfois, la naissance d’un enfant fait ressurgir des sentiments mal digérés, que la mère avait crus oubliés à jamais. Parfois aussi, celle-ci se rend compte d’une certaine limite dans son propre amour pour l’enfant, dans la mesure où ce petit être qui l’enchante, peut également l’irriter et la mettre à l'épreuve.

On a tendance a oublier qu'il y a des ambiguïtés dans toutes les formes de relations humaines : on peut en même temps aimer et détester son partenaire, son enfant, ses amis, ses parents. On ne se le dit pas, mais cela n’empêche qu’on puisse le ressentir ! Le roman L’enfant perdue (Elena Ferrante, 2006) explore les doutes concernant le choix de la maternité et démontre qu’ils peuvent survenir à tout moment dans la vie d’une femme. Leda, la protagoniste, est une femme d'âge moyen, divorcée, professeur de littérature, qui se trouve à un moment charnière de sa vie : ses filles viennent juste de déménager au Canada, pour vivre avec leur père. Dans un premier temps, Leda craint de se sentir seule et triste. Et pourtant, cela se passera autrement : elle vit finalement sa nouvelle situation comme une libération, sa vie devient plus légère, plus facile. Une scène anodine sur une plage de Naples – une mère et sa fille, riant, se frottant les bouts de leurs nez, s’embrassant tendrement – fait remonter chez Leda certains souvenirs, et la pousse à passer en revue les choix non conventionnels qu’elle avait faits en tant que mère et les conséquences qu’ils eurent pour elle-même et pour sa famille. L’apparente douce et agréable redécouverte de soi prend alors la tournure d'une confrontation douloureuse avec un passé trouble ; éclosent alors des sentiments pénibles sur un sujet si important dans sa vie. C’est pourquoi il est important que chaque femme se questionne honnêtement sur son désir – une question qu'il était autrefois impensable de formuler ouvertement : "Ai-je vraiment envie d'avoir un enfant ?". 

 
Commentaires

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  • Par Nin@ - 18/10/2016 - 09:25 - Signaler un abus Très bel article. Merci pour

    Très bel article. Merci pour cet éclairage.

  • Par ISABLEUE - 18/10/2016 - 09:39 - Signaler un abus Heureusement

    on est bientôt 8 milliards sur cette terre. On sait bien que tous les enfants en sont pas désirés, sinon la planète serait un eden. C'est loin d'être le cas.

  • Par DESVESSIESPOURDESLANTERNES - 18/10/2016 - 10:22 - Signaler un abus et vice versa pour les pères !

    .... qui ne connait des géniteurs abandonnés par leurs enfants et sans que forcément le père n'ai pas assumé et assuré ses devoirs (tant paternels que financiers). Les enfants on les connais pas ,certains allant même jusqu'a ce prétendre orphelin ! Si SI ça existe !

  • Par vangog - 18/10/2016 - 12:51 - Signaler un abus La désintégration gauchiste de la famille...

    a totalement réussi, sur un public plutôt naïf (et plutôt féminin. Wouah! Wouah!). Selon la gauche, il vaut mieux importer des étrangères, quatre fois plus fécondes et très peu assimilables (mais bonnes votantes, par bêtise et naïveté), plutôt que d'encourager les Françaises à enfanter, cette fonction méprisable et anti-égalitariste! Pauvres fous, va!

  • Par ISABLEUE - 18/10/2016 - 14:42 - Signaler un abus vangog houla, vous allez nous faire un infarctus !!

    on ne dit pas que cela se passe en France, je pense que c'est général et mondiaL

  • Par Alain Proviste - 18/10/2016 - 19:00 - Signaler un abus Plus généralement j'ai l'impression...

    ...que ça touche tout l'Occident. On fait royalement 1,5 lardon(s) et en plus il arrive qu'on le(s) regrette. Pas très porteur d'avenir tout ça, au delà des histoires personnelles que chacun peut comprendre.

  • Par emem - 18/10/2016 - 19:20 - Signaler un abus Non

    Une femme, qui regrette d'avoir eu un enfant, est une malade mentale, sauf si elle est dans un état de détresse effroyable. Cela même si l'enfant n'était pas désiré. L'instinct maternel est l'un des plus forts. Même s’il est nié par certains. Il existe pratiquement chez tous les animaux tant soit peu évolués.

  • Par clau - 18/10/2016 - 19:34 - Signaler un abus généralité ???

    la dernière fois que j'ai lu un article sur ce phénomène, il concernait la femme allemande laquelle manque de structures type crèche pour l'aider; en outre ils n'ont pas la même culture de sociabilisation précoce de l'enfant; bref la mère allemande est "coincée" pour 6 ans au moins et met un frein considérable à son évolution personnelle. Il y a de quoi réfléchir pour les plus intellectuelles d'entre elles ; la baisse de la natalité en Allemagne est une des conséquences de cet état de choses...avec des conséquences en cascade...

  • Par clau - 18/10/2016 - 19:36 - Signaler un abus généralité ???

    la dernière fois que j'ai lu un article sur ce phénomène, il concernait la femme allemande laquelle manque de structures type crèche pour l'aider; en outre ils n'ont pas la même culture de sociabilisation précoce de l'enfant; bref la mère allemande est "coincée" pour 6 ans au moins et met un frein considérable à son évolution personnelle. Il y a de quoi réfléchir pour les plus intellectuelles d'entre elles ; la baisse de la natalité en Allemagne est une des conséquences de cet état de choses...avec des conséquences en cascade...

  • Par edac44 - 19/10/2016 - 07:56 - Signaler un abus L'acte de reproduction devrait-il être soumis à autorisation ???

    Ne devraient être autorisés à se reproduire que celles et ceux qui peuvent intellectuellement et financièrement assumer leur progéniture. Raz le bol des "poules pondeuses", issues de l'immigration incontrôlée et qui ne vivent que d'allocations diverses et variées pour nous pondre de futurs délinqu

  • Par edac44 - 19/10/2016 - 08:00 - Signaler un abus L'acte de reproduction (suite) ...

    Raz le bol des "poules pondeuses", issues de l'immigration incontrôlée et qui ne vivent que d'allocations diverses et variées pour nous pondre en masse, que de futurs délinquants, voire de prochains terroristes !...

  • Par cloette - 19/10/2016 - 10:37 - Signaler un abus Ce n'est pas réac d'extrême drouate

    C'est mathématique . Si ce ne sont pas les femmes européennes qui renouvellent la génération ce sont les autres qui s'en chargeront , et c'est déja le cas en plusieurs lieux , cela va s'étendre très rapidement . Congeler les ovocytes n'est pas une solution ....

  • Par JMAndré - 19/10/2016 - 11:34 - Signaler un abus un degré de plus ...

    Le dogme moderne de l'individu-roi ne peut que générer le refus voire le dégoût de tout ce qui vient entraver la course au bien-être et au plaisir, à l'indépendance et au culte de soi. L'enfant devient lui-même un obstacle à l'utopie de la fin des limites et des interdits. Ce que je veux quand je veux comme je le veux. Il faut aussi y voir la lente déconstruction de la famille dite traditionnelle, résolument opérée par la gauche historique depuis de longues décennies. De plus, des couples de plus en plus fondés sur du sable car persuadés qu'ils ne dureront pas ensemble, cela n'invite pas à donner la vie. Mais de là à regretter d'être mère ... Vraiment préoccupant.

  • Par Baleine91 - 19/10/2016 - 13:55 - Signaler un abus Les femmes ont souvent tendance à bovaryser

    Mais si elles sont soutenus par un mari qui aime ses enfants tout va se remettre en place. Après c'est au père de cadrer sa famille et de donner une place à chacun. Il faut également rendre incontournable le paiement de la pension alimentaire en cas de divorce.

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Malvine Zalcberg

Malvine Zalcberg est psychologue, psychanalyste et docteur en Psychanalyse. Elle a été professeur adjointe à l'Université de Rio de Janeiro. Elle a récemment écrit le livre « Ce que l’amour fait d’elle ». Ed. Odile Jacob, Paris, 2013.

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