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Y-a-t-il un Ministre de l’Ecologie pour les coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc ?

On sait qu’il existe un ministre de l’Ecologie en France, mais il s’occupe des éoliennes, pas des coquilles Saint-Jacques !

Au secours !

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Y-a-t-il un Ministre de l’Ecologie pour les coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc ?

Le 2 mars, le Préfet maritime de Brest a pris un arrêté réglementant la navigation, le stationnement, le mouillage, la pêche, la baignade et la plongée sur un grand périmètre en zone de pêche, sans concertation avec les pêcheurs. Le bateau, le « Gargano »,  est en route, et les carottages doivent débuter le 6 Mars !

Le Contre-Amiral Provost-Fleury signataire de l’arrêté ne doit pas être au courant qu’il existe une saison des pêches, qu’il y a deux criées, à Erquy et à Saint Quay-Portrieux , que la concertation avec les professionnels avaient conduit à des travaux de Juin à Aout l’an dernier , que ceux-ci n’étaient pas au courant que l’on recommençait en Mars, pas plus qu’un nouvel arrêté allait sortir.

C’est, bien sûr, aux pêcheurs de  se défendre, et de trouver les formes d’action adéquates, mais c’est aussi aux écologistes et à leur Ministre de défendre la faune et la flore qui font vivre des centaines de foyers et qui font aussi partie de la biodiversité dont ils se font les hérauts.

J’ai déjà alerté sur ce projet « Ailes Marines » qui traine depuis des années pour des raisons administratives, techniques, et industrielles. Les associations de défense de la nature opposées au projet et ignorées du Ministre de l’Ecologie (difficile de faire une ZAD en pleine mer !) ne sont pour rien encore dans les années perdues ! Il s’agissait de faire une expérience avec des éoliennes AREVA en association avec des exploitants espagnols. Désormais les éoliennes sont allemandes, on ne sait toujours pas lesquelles, et, alors que l’on forait à 42 mètres, on va maintenant faire des forages jusqu’à 61 mètres ! Ce projet, mal ficelé au départ, a dérivé jusqu’au point d’être devenu incompréhensible, visiblement même pour le Préfet Maritime de Brest.

Je rappelle brièvement les objections des riverains

  • Trop près des côtes et de la merveille mondiale qu’est le Cap Fréhel (1 million de visiteurs par an)
  • En plein dans le gisement  des coquilles Saint-Jacques, plus grand gisement naturel d’Europe, plus de mille emplois directs, première production française (50%)
  • Sur la route des oiseaux migrateurs et en face de la plus grande réserve ornithologique de Bretagne
  • Les travaux vont durer près de trois ans, avec leur cortège de nuisances, destruction des fonds benthiques, vacarme sous-marin (206 à 270 décibels) et turbidité fatals à la vie marine  et nécessiteront le déplacement de 70 000 tonnes de sédiments

La solution technique est connue, il faut déplacer en plus haute mer cette expérience et donc aller vers la nouvelle génération d’éoliennes flottantes. C’est cela le monde nouveau, ce n’est pas de détruire flore, faune et pêche artisanale, marins et contemplateurs des merveilles naturelles, c’est de l’écologie. La lutte pour le maintien de la biodiversité marine doit être une priorité.

 
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Loïk Le Floch-Prigent

Loïk Le Floch-Prigent est ancien dirigeant de Elf Aquitaine et Gaz de France, et spécialiste des questions d'énergie.

Ingénieur à l'Institut polytechnique de Grenoble, puis directeur de cabinet du ministre de l'Industrie Pierre Dreyfus (1981-1982), il devient successivement PDG de Rhône-Poulenc (1982-1986), de Elf Aquitaine (1989-1993), de Gaz de France (1993-1996), puis de la SNCF avant de se reconvertir en consultant international spécialisé dans les questions d'énergie (1997-2003).

Dernière publication : Il ne faut pas se tromper, aux Editions Elytel.

Son nom est apparu dans l'affaire Elf en 2003. Il est l'auteur de La bataille de l'industrie aux éditions Jacques-Marie Laffont.

En 2017, il a publié Carnets de route d'un africain.

 

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