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Synode sur la famille : un révélateur de la géopolitique de l’Église

Le synode sur la famille s'est ouvert le 4 octobre 2015 et se poursuit sur trois semaines, jusqu'au 25 octobre. A cette occasion, les grands pontes de l'Eglise catholique se réunissent pour discuter de la position officielle du de l'institution sur des questions de société comme le divorce ou le mariage homosexuel. C'est également à cette occasion qu'on distingue les différents rapport de force au sein de l'Eglise ; la primauté des uns sur les autres.

Diplomatie pontificale & rapports de force

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Synode sur la famille : un révélateur de la géopolitique de l’Église

Le synode révèle la géopolitique de l’Église

Le synode sur la famille qui vient de s’ouvrir à Rome met à jour la géopolitique réelle de l’Église. Les rapports de force, les influences et les objectifs se lisent dans les interventions des participants et la liste des membres. 

La domination de l’Europe

À ceux qui croient que l’Europe est le ventre mort du catholicisme, ce synode apporte un cinglant démenti. Ce sont les Européens qui mènent le débat depuis que se prépare cette dernière session, et ce sont les Européens qui font des propositions et qui avancent des réformes audacieuses. Que ce soit pour changer la doctrine, pour l’adapter ou pour la maintenir, le débat intellectuel et théologique est en Europe. 

Le camp de l’adaptation au monde a son épicentre en Allemagne et dans les Flandres, avec les cardinaux Kasper et Danneels, et de nombreux évêques venant de ces régions.

Ce groupe peut aussi compter sur des Suisses et des Italiens, dont le secrétaire du synode, Mgr Forte. Ce groupe n’est moderne qu’en apparence. En réalité, il regroupe la très ancienne fracture du camp Impérial, opposé à Rome et fidèle à l’Empereur ; ce camp impérial et anti-romain dont une partie a fait sécession lors de la révolution luthérienne. Ils sont les perpétuels gibelins. 

Face à eux, des Européens fidèles à Rome et à la permanence de la doctrine. En Espagne, en Italie, en France. C’est le camp de la romanité et des guelfes. L’Allemagne est traversée par ces deux courants, vieille fracture géopolitique entre la part romaine et la part germanique. En France, on retrouve la ligne de faille révélée par la Manif pour tous : les évêques qui l’ont soutenue ne veulent pas de changement de doctrine, ceux qui y ont été réticents, voire opposés, se classent dans le premier camp.   

L’heure de l’Afrique ? 

La nouveauté synodale sera-t-elle du côté de l’Afrique noire ? Dans les années 1970-1980, l’Amérique latine avait tenté une indépendance théologique en développant la théologie de la libération, s’opposant ainsi à Rome. En Afrique, l’âge de la maturité semble passer par la fidélité au siège de Pierre. Le cardinal Sarah est le héraut de ce continent qui refuse les compromissions mondaines et les ouvertures en matière de divorce et d’unions homosexuelles. Son livre Dieu ou rien, est un succès en France et il vient d’être traduit en 9 langues. En juin 2015, les présidents des conférences épiscopales africaines se sont réunis à Accra, au Ghana, pour fonder un front opposé aux changements de doctrine. Ils refusent la colonisation culturelle de la permissivité des mœurs et l’importation, sur leurs terres, de pratiques étrangères. Ils viennent de publier un livre L’Afrique, nouvelle patrie du Christ. Ce type de livre est une première : jamais des évêques issus d’un continent n’avaient parlé de façon unanime au nom de ce continent. 

 
Commentaires

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  • Par cloette - 10/10/2015 - 15:45 - Signaler un abus Mariage homo

    J'espère qu'il sera refusé , c'est n'importe quoi ce truc là .

  • Par Deudeuche - 10/10/2015 - 18:06 - Signaler un abus @cloette

    bien sûr, parler aux homos est une chose, bénir l'homosexualité d'un mariage est une autre chose qui n'est pas chrétienne. Le schisme rampant que vit la Fédération Protestante de France sur le sujet sert d'avertissement, car les anti et pros y sont remontés à fond.

  • Par clint - 10/10/2015 - 19:33 - Signaler un abus Ils refusent la communion des divorcés, alors n'ayez pas peur ?

    Vous n'aurez pas une acceptation des couples homosexuels ! On donne un coup de goupillon sur la vigne, les animaux, les bateaux, les habits des Vierges que l'on aime promener à travers les rues, alors vous ne penser pas que l'on va comparer tout cela aux homosexuels en les bénissant ! néanmoins on peut toujours les aider à se faire soigner !

  • Par cloette - 10/10/2015 - 20:44 - Signaler un abus mais

    @clint, ces homosexuels sont très souvent baptisés et chrétiens , ils vont à la messe pour certains et sont donc bénis ! Leur seul problème c'est que le curé ne peut pas les marier et je trouve que c'est mieux pour eux ça ferait des familles bancales pour les gosses trouvés dans les choux

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Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé, historien, spécialiste de l’histoire du christianisme. Il est rédacteur dans la revue de géopolitique Conflits. Dernier ouvrage paru Géopolitique du Vatican (PUF), où il analyse l'influence de la diplomatie pontificale et élabore une réflexion sur la notion de puissance.

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