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Spotlight : un vrai film coup de poing

Sobre et très efficace, le film de Tom MacCarthy sur les affaires de prêtres pédophiles aux Etats-Unis est vraiment impressionnant.

Atlanti-culture

Publié le
Spotlight : un vrai film coup de poing

Le réalisateur

Figure du cinéma indépendant américain, Ton McCarthy, 49 ans, a poursuivi une triple carrière. Acteur: dans « Good night and good luck », de George Clooney, et dans « Mémoires de nos pères », de Clint Eastwood, parmi d’autres films moins spectaculaires. Scénariste : il a co-écrit « Là haut », film d’animation produit par Pixar et « Le cinquième pouvoir ». Réalisateur : « The station agent » (2003), « The visitor » (2008), « Les Winners » (2011).

Thème

Ceci est une histoire vraie. Au début des années 2000 à Boston, le nouveau patron du « Boston Globe », Marty Baron (Liev Schreiber) décide de secouer la torpeur d’une petite équipe de journalistes d’investigation surnommée Spotlight et dirigée par Walter “Robby” Robinson (Michael Keaton). Baron a l’intuition que le sujet des prêtres pédophiles laissé en jachère par ses prédécesseurs peut intéresser un lectorat à 52% catholique. Les réticences sont fortes dans l’establishment local. Le spectateur va vite s’apercevoir que la Justice et la police ne souhaitent pas affronter l’Eglise.

Quant au cardinal Law, l’archevêque de Boston qui finira par être démissionné par Jean-Paul II, il fait barrage de son corps pour que rien ne bouge. 

Les journalistes se lancent alors dans une passionnante enquête de police qui va durer plusieurs semaines. Dès le départ, ils se rendent compte que les avocats des deux parties, prêtres et victimes, s’entendent pour indemniser sous la table, au mépris de toute légalité. Ainsi aucune affaire n’arrive au tribunal. Les journalistes ne sont qu’au début de la pelote qu’il vont dérouler jusqu’à l’écœurement : ils découvriront que pas moins de 70 prêtres sont en cause dans ce diocèse, des prêtres qui exercent impunément depuis des années, le cardinal se contentant de les changer de paroisse à chaque « incartade ». Le crime est presque parfait…

Points forts

- L’action va crescendo comme dans un bon thriller – c’est ce qu’on pourrait dire si le sujet n’était pas aussi dramatique. On voit bien que le réalisateur lorgne du côté des « Hommes du Président » pour la réalisation de son film : grande salle de rédaction, reporters surchauffés, hommes de pouvoir traqués. Tout se passe entre une rédaction fébrile, un palais de justice cadenassé, les luxueux salons feutrés du cardinal et les pauvres maisons des victimes qui attendent depuis plus dix ans que justice leur soit rendue. Leurs partisans, membres d’associations d’aides aux victimes, les appellent « les survivants » par opposition à ceux qui se sont suicidés. Ils se croient quelques dizaines et vont découvrir, après la publication de la série d’articles du « Boston Globe », qu’ils sont des centaines en Amérique, des dizaines de milliers de par le monde.

- La force du film est de s’en prendre à un système qui engendre ces crimes pour les couvrir ensuite (notamment l'éducation non mixte et le célibat) et non à des hommes, même si le cardinal Law est fustigé sur la place publique. Un psychiatre américain, qui a suivi depuis longtemps des prêtres coupables, explique aux policiers, pardon aux journalistes, que, parmi les  52 % des prêtres qui ont une relation sexuelle, 7% l’ont avec des enfants. Ceux-là sont des prédateurs : ils choisissent des enfants fragiles, qui par exemple ont perdu un de leur parent, et pour lesquels le prêtre qui va les aider est le représentant de Dieu ; une fois le premier acte commis, les petits n’osent rien dire, et cela peut durer des années.

 
Commentaires

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  • Par pale rider - 27/01/2016 - 19:47 - Signaler un abus malheureusement , les prédateurs choisissent les métiers

    qui les mettent en contact avec leurs proies . Le même problème existe au sein de l'education nationale : même mode opératoire , même dérives (on cache et protège les coupable ) . C'est bien que l'église ait levé le voile et se soit excusée de ces horreurs . On attend maintenant les autres institutions : l'école , le milieu sportif , les colos ... les prédateurs sont nombreux et ils chassent en meute .

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François Quenin pour Culture-Tops

François Quenin est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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