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SOS dîners de fête : 6 arguments pour ne pas vous laisser déborder par les conversations sur l’avenir de la France et du monde entre deux bouchées de foie gras

Les repas de famille, à l'occasion des fêtes, sont l'occasion de se retrouver et, souvent, d'échanger sur l'année écoulée et l'état du monde. Après une année 2017 agitée, voici un petit vade-mecum pour répondre aux arguments de vos convives sur Trump, Macron ou le sexisme.

Antisêche

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SOS dîners de fête : 6 arguments pour ne pas vous laisser déborder par les conversations sur l’avenir de la France et du monde entre deux bouchées de foie gras

La gauche et la droite sont mortes, Macron les a tuées définitivement

Eric Verhaeghe : Le clivage gauche-droite est une constante historique. Il départage deux sensibilités fortes de l’opinion publique dans les démocraties occidentales. Longtemps, ce clivage s’est exprimé dans l’affrontement entre progressistes et conservateurs, voire entre révolutionnaires (pour l’extrême-gauche) et réactionnaires (pour l’extrême-droite). Si ce manichéisme est évidemment trop binaire, il n’en demeure pas moins une réalité durable, même si celle-ci change de forme avec le temps. Emmanuel Macron ne l’a certainement pas supprimée.

En revanche, il s’offre le luxe de « surfer » dessus, en menant une politique économique plutôt à droite, et en mettant régulièrement en avant des valeurs plutôt à gauche. Au fond, il pratique une sorte de social libéralisme qui est une superposition de la gauche et de la droite, mais certainement pas une abolition de ces clivages. 

Il faut absolument se montrer optimistes pour l’avenir, ceux qui ne le sont pas sont des réacs obsédés par le déclin et le repli

Eric Verhaeghe : La perception d’Emmanuel Macron et de sa politique par l’opinion publique est largement influencée par la communication habile du président de la République. Il n’en reste pas moins que les fondamentaux de l’ère Macron ne sont pas très différents des fondamentaux de l’ère Hollande. Disons même qu’ils s’inscrivent dans une grande continuité: augmentation des dépenses et de la dette publiques, augmentation constante du nombre de fonctionnaires, absence de réforme structurelle dans la fonction publique, augmentation du chômage. Si l’on admet l’hypothèse que François Hollande a plombé l’économie française à coup de choc fiscal, on ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron ait décidé de rompre avec cette politique. En ce sens, les fondamentaux de l’avenir ne sont pas assainis.

Ah si seulement les élites françaises étaient capables de gérer le pays comme les Allemands le font chez eux

Eric Verhaeghe : Il existe en France un fétichisme de l’ordre germanique qui repose largement sur une ignorance profonde de la réalité allemande. D’abord, l’Allemagne n’a pas d’élite centralisée comme en France et c’est probablement son secret principal. L’Allemagne fonctionne sur un principe décentralisé, et les territoires de l’ex-Allemagne de l’Est, qui correspondent peu ou prou à l’espace prussien ancien sont très distants de territoires traditionnels proches de la France comme la Bavière. Deuxièmement, l’Allemagne est en position de prospérité parce qu’elle a mis en pratique des choix que les Français refusent obstinément: mise en concurrence de leur système de santé, réformes brutales du système éducatif pour améliorer les performances des élèves, diminution substantielle des contraintes qui pesaient sur les employeurs. Troisièmement, le modèle allemande connaît ses problèmes: extrême faiblesse du système bancaire, inféodation aux États-Unis, montée de l’euroscepticisme…

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 24/12/2017 - 10:46 - Signaler un abus Plus simple

    On explique aux beaufs que ce soir on ne parlera que famille, hobby éventuellement travail mais pas trop !

  • Par assougoudrel - 24/12/2017 - 15:27 - Signaler un abus A table, il vaut mieux ne

    pas parler ni de politique, ni de religion. C'est un moment convivial et de cohésion à ne pas gâcher. La vie est assez triste comme ça à cause de nos gouvernants et autres nuisibles pour parler encore d'eux.

  • Par gerint - 25/12/2017 - 00:39 - Signaler un abus @assougoudrel

    Bien d’´accord. Parler des politiques à table me coupe l’appétit

  • Par Joly Maurice - 25/12/2017 - 16:55 - Signaler un abus Bon point de vue!

    Propos sensés, argumentaire bien nourri, mais il est difficile d'aller contre l'émotion irrationnelle des connards qui ne pensent que comme les médias leur disent de penser. Il n'y à pas plus sourd que celui qui ne veut rien entendre. Mais ok, ça vaut la peine d'essayer, quitte à ne plus se faire inviter....

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il fait partie de l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

Son prochain livre, 1968: Quand l'Amérique gronde, Privat (mai 2018).

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