Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 21 Décembre 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

Sortie de crise :
palabrer ou réformer,
le gouvernement doit choisir

Fiscalité, retraite, travail... Sur tous les sujets, le nouveau gouvernement veut prendre son temps alors que nos voisins ont d'ores et déjà engagés des réformes souvent douloureuses.

Urgence

Publié le

Il y a un véritable acharnement au sein de la nouvelle majorité à vouloir faire table rase des réformes engagées par la précédente équipe gouvernementale. On le voit en matière fiscale, de droit du travail avec même un retour partiel à la retraite à 60 ans, même si les réalités vont montrer bien vite les limites de l’épure. Sur la méthode aussi, on cherche à prendre le contrepied de ce qui a précédé. A Sarkozy le hussard, on oppose désormais Hollande, le petit père tranquille, qui  prend son temps, afin de ne pas brusquer une opinion traditionnellement rétive et l’amener à évoluer en douceur.

Avec la grande conférence sociale qui s’est tenue récemment au palais d’Iéna, le président a donné le signal de la palabre qui va durer plusieurs mois à la recherche d’un consensus sur les réformes à engager. L’étranger, médusé, regarde la France vivre une sorte d’entracte comme si la crise connaissait une pause pendant que notre pays réfléchissait sur son destin. Alors que nos voisins se sont engagés résolument dans des réformes souvent  douloureuses, la France va se livrer à un nouveau diagnostic, qui se terminera par un énième rapport dans les archives déjà pléthoriques de la République.

Sur les sujets essentiels, c’est toujours le black-out, comme si la compétitivité ou la flexibilité du travail représentaient des mots tabous qui n’avaient pas droit de cité. Car les socialistes en sont toujours à leur vieille idée que l’on crée des emplois par le partage du travail, comme si tous les salariés étaient interchangeables, en affirmant que la suppression des heures supplémentaires est le meilleur moyen d’obliger les employeurs à recruter.

Dans ce contexte, les discussions des prochaines semaines vont surtout faire apparaître les points de divergence entre les participants, chacun attendant des autres la réforme et s’arcboutant sur son pré carré pour défendre ses privilèges. Il n’y a rien de changé sur ce point depuis l’ancien Régime ! Très vite, on prendra conscience que le gouvernement ne peut se borner à un rôle d’arbitre, mais devra faire preuve d’autorité et surtout de clarté dans les objectifs qu’il se fixe. Car le temps ne travaille pas pour lui. La crise continue. L’Europe est de plus en plus coupée en deux. La conjoncture internationale n’est pas à l’optimisme et le ralentissement est à l’œuvre partout, ce qui va exacerber la concurrence. L’exécution budgétaire, malgré la cascade d’impôts nouveaux, se révélera plus ardue que jamais, en faisant apparaître de nouvelles sources de déficit, génératrices d’une rigueur accrue.

Au moment où il faudrait libérer les énergies, on risque de multiplier les lois et les règlements qui se préparent dans les officines ministérielles. Et l’on ne  pourra distraire l’opinion par de longs débats autour de l’euthanasie ou du mariage homosexuel qui sont au demeurant des facteurs de division  plutôt que de rassemblement.

François Hollande évoque souvent sa filiation avec François Mitterrand : ce dernier a mis deux ans avant  de faire volte-face après les errements de 1981. Une durée qui ne  sera pas accordée à son successeur dans un contexte international particulièrement dégradé.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par flogo - 20/07/2012 - 13:30 - Signaler un abus SI QUELQU'UN

    peut faire comprendre aux socialo-communistes au pouvoir que : - un salarié dont le poste de travail demande une demi-heure de plus par jour pour assurer le surcrois de travail, ne peut en aucun cas entraîner une embauche d'un autre salarié pour une demi-heure ! - qu'un salarié qui devrait être embauché selon les énarques pour faire cette demi-heure ne pourra pas faire la demi-heure du poste de travail du poste voisin, en même temps ! ***** Ils sont vraiment ignares ces énarques !

  • Par boblecler - 20/07/2012 - 14:12 - Signaler un abus Si quelqu'un avait pu faire

    Si quelqu'un avait pu faire comprendre qu'on réforme les retraites avec un système mixte de retraite par capitalisation répartition, qu'en France chercher du travail à 60 ans est absurde sauf à devenir artisan. Qu'on aurait pu faire baisser les cotisations patronales de 8 points avec les fonds de pension, que le recentrage des aides en abaissant le plafond de ressources et le plafonnement supérieure à 6000 euros des niches fiscales auraient permis de baisser le déficit primaire de l'Etat et donc la Dette. Avec la droite dix ans ont été perdus pour la génération X (no future) on comprend pourquoi, SARKO en prison!!!

  • Par nikkopol2012 - 20/07/2012 - 15:10 - Signaler un abus Penser le réel ?

    Monsieur, votre analyse est parfaitement juste mais cette situation étais, hélas, prévisible. Pour pouvoir réformer, même si c'est contre toutes sortes de résistances, il faut avoir une vision du monde, un point de vue, une direction. Faire payer les riches n'en est pas une !! Or notre bonhomme est absolument incapable de penser le monde ! Il a été à la tête du PS pendant 11 ans, quelle fut son legs à la pensée sociale démocrate européenne? Ainsi dépourvu de tout axe stratégique, il est condamné (et nous avec) à subir le monde et ses déréglements : il tape de sess petits poingt sur la table, fait des moulinets avec ses bras mais la vérité cruelle est là : il n'aura, fondamentalement, aucune emprise sur la situation... souvenez-vous du brillantissime :"il faut donner du sens à la rigueur"... Mais quel sens lui a t il donné ? Quelle sens donne-t-il à son action ? Même lui ne le sait pas. Et pour les esprits morphinés, je précise que la notion de "redressement dans la justice" ne tient pas lieu de vision du monde... Bon courage à tous !

  • Par Le Cors@ire - 20/07/2012 - 15:26 - Signaler un abus Pas mal pour un mec de France Inter;..

    Très intéressants vos propos; Lucides devrais-je dire. Comme disaient les pseudos-révolutionnaires "du passé faisons table rase" et c'est cela que je condamne chez les socialistes : Le manichéisme. La religion n'est pas que de droite toute comme l'athéisme n'est pas que de gauche. En cela Mimolette a tout faux !

  • Par ARES - 20/07/2012 - 15:38 - Signaler un abus INERTIE du PS ...

    Cette inertie aprés avoir tellement critiqué Nicolas Sarkosy d'etre trop dynamique et d'etre sur place à chaque fois ... C'est sur que nos ministres et ce Flamby bien au frais du contribuable pourquoi se casseraient ils la tete ?? Ils voulaient tous un poste avec un salaire et un titre qui va avec !! Ils ont eu cela grace a des français ... Aussi remercions ces français qui grace a leurs votes nous mettront dans la mouise mais d un coté pour qu ils comprennent qu ils subissent leurs votes PS et qu ils ne viennent pas chialer parce que leurs vies et leurs fins de mois seront et deviendront plus durent qu ils ne le croyaient !! Trés bonne leçon qu ils recevront et je dis merci au PS que de confirmer par leur inertie, report, en fait par leur manque de courage, de compétence et surtout du manque d engagement a respecter les paroles faites ... ce PS va donner des claques mais pas a ceux qui le méritent et qui n ont pas votés pour eux !!

  • Par Charles25 - 20/07/2012 - 19:00 - Signaler un abus Si on voulait avoir un

    Si on voulait avoir un président qui réforme, il fallait élire Mélenchon. Son programme est celui qui proposait le plus de réformes !

  • Par lorrain - 20/07/2012 - 20:43 - Signaler un abus sacré flanby

    la maison brule, et lui, il organise une réunion pour savoir si il serait judicieux de préparer un plan visant à faire un appel d' offre pour peut-être acheter des extincteurs, typique de nos énarques. rappelez vous Coluche, un énarque, tu lui donne le sahara, 5 ans après, il est obligé d' acheter du sable. je crois qu' il s' est planté, c' est pas 5 ans mais 5 jours

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€