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Sommet des consciences pour le climat : pourquoi le "Notre maison brûle" (de Jacques Chirac) est resté lettre morte

Paris accueille mardi un "Sommet des consciences pour le climat", un événement qui n'est pas sans rappeler les précédentes tentatives politiques en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Si le Protocole de Kyoto a été suivi d'effets, les émissions globales ont explosées.

Appel dans le vent

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Sommet des consciences pour le climat : pourquoi le "Notre maison brûle" (de Jacques Chirac) est resté lettre morte

Atlantico : Qu'est-ce qui a changé depuis la célèbre phrase de Jacques Chirac "Notre Maison Brule et nous regardons ailleurs" lors du Sommet de la Terre  à Johannesburg en 2002 ? Quelles mesures ont été prises depuis ?

Jean-Paul Maréchal : Incontestablement, le principal changement est l’entrée en application du Protocole de Kyoto en 2005 suite à la ratification russe.

Il oblige les pays dont la liste figure dans son "Annexe B" – une petite quarantaine de pays industrialisés – à réduire pour 2012 leurs émissions de  gaz à effet de serre d’un peu plus de 5 % par rapport à leurs niveaux d’émissions de 1990.

Or, quoi qu’en disent certains, les objectifs fixés ont été atteints. Selon les chiffres fournis par l’Agence internationale de l’énergie, les rejets de dioxyde de carbone des pays ayant pris des engagements de réduction d’émissions sont passés, entre 1990 et 2009, de 8,78 milliards à 7,49 milliards de tonnes, soit une diminution de 14,7%."

Malgré cet indéniable "succès", d’un strict point de vue environnemental nous sommes bien loin du compte. En effet, au cours des dernières décennies, les émissions de gaz à effet de serre ont littéralement explosé au niveau mondial. Ainsi, entre 1990 et 2012, les émissions de dioxyde de carbone engendrées par la combustion d’énergies fossiles sont passées de 21 à 32 milliards de tonnes, soit une augmentation de plus de 51%.

L’urgence est donc forte de concevoir et de mettre en œuvre un régime climatique post-Kyoto. C’est d’ailleurs tout le défi qui attend les organisateurs et les participants de Conférence qui va se tenir à Paris en décembre prochain.

Par ailleurs, le diagnostic de 2002 consistant à dire que les pays industrialisés sont principalement à la source des émissions de gaz à effet de serre est-il encore d'actualité aujourd'hui ? Quels sont les nouveaux tiers impliqués dans le réchauffement climatique ?

Ce diagnostic, qui était exact au moment de l’élaboration du Protocole de Kyoto (1997), doit désormais être profondément révisé, la croissance économique des grands pays émergents tels que la Chine ayant profondément bouleversé l’arithmétique de la question.

Ainsi, en l’espace de 25 ans, l’empire du Milieu est passé d’un niveau d’émission de dioxyde de carbone de 2,5 milliards à presque 10 milliards de tonnes, soit une augmentation de 293%. Désormais, les émissions chinoises représentent 29% des rejets mondiaux.

L’une des conséquences de ces évolutions est que les pays de l’Annexe B représentent une part décroissante des rejets mondiaux de GES : 25 % en 2010 contre 42 % en 1990. Depuis 2008 les émissions agrégées des pays en développement ont dépassé celles des pays développés.

L’élaboration de nouvelles règles du jeu mondial en matière de changement climatique ne va pas sans difficultés (comme on l’a vu notamment depuis la Conférence de Copenhague en 2009). La principale d’entre elle est liée à la nécessité de passer d’un dispositif qui pèse sur les pays qui ont créé le problème (les nations anciennement industrialisées) à un système incluant dans un dispositif contraignant de réduction également les pays qui vont l’aggraver (en particulier ceux que l’on nome les "grands émergents").

 
Commentaires

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  • Par MONEO98 - 21/07/2015 - 11:23 - Signaler un abus TAM TAM TAM

    Je lis "Les recherches climatologiques ont permis d’établir que nous sommes bien confrontés à une modification du climat et que la majeure partie (au moins) de celui-ci résulte de notre utilisation croissante d’énergies fossiles. On notera d’ailleurs que la publication il y a quelques mois du dernier rapport du GIEC n’a pas donné lieu aux habituelles polémiques dont sont si friands les "climato-sceptiques". HUM .... lire le contraire sur "pensée unique pour les scientifiques" article sur John Christy réfutant le plan climat US...... OK c'est juste américain... pour vous marrer pendant les vacances "petit traité d'anti écologie par H16"

  • Par gwirioné - 22/07/2015 - 02:43 - Signaler un abus Bla bla bla!

    Juste encourager le lecteur sceptique à potasser sur les milliers de pages du site www.pensee-unique.fr.

  • Par winnie - 22/07/2015 - 07:27 - Signaler un abus C'est marrant ca ,

    J'allais justement écrire, et blablabla et blalabla, blablabla.... Sommet des conciences ! Ouaf , ouaf , ouaf ...... de plus en plus drôle,a quand le sommet international contre les prouts ?

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Jean-Paul Maréchal

Jean-Paul Maréchal est Maître de conférences en Science économique à lUniversité Paris Sud. Il est l'auteur de l'ouvrage Chine/USA. Le climat en jeu, Paris, Choiseul, 2011, 116 p.

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